L’extrême gauche : mieux la connaître pour essayer de la comprendre

 

En cette fin d’année, toutes les plates-formes participatives envoient des mails en masse pour demander quelques participations financières afin de pouvoir continuer leur action. La fin de l’année fiscale est un moment important pour elles, quel que soit leur courant idéologique. Parce qu’on a occasionnellement signé une pétition sur une plate-forme d’un autre bord – car on peut être d’accord sur certains points, tout en étant adversaires sur d’autres -, leurs communications nous sont régulièrement transmises.

Parmi les plates-formes ancrées bien à gauche, Avaaz ou SumOfUs demandent de les aider pour continuer leur combat « contre les traités de libre-échange tels que le TAFTA, le CETA et le TPP », contre les multinationales comme Bayer-Monsanto, pour sauver les abeilles ou encore « faire face à Trump ». Parmi les messages envoyés cette année, il y a eu leur déception lors du vote du Brexit : « Nous vivons aujourd’hui un jour tragique pour la Grande-Bretagne, pour l’Europe et pour le monde. » Pourquoi déplorer les effets de ce dont vous chérissez les causes ? Pourquoi continuer à promouvoir des organisations qui mettent en place ce que nous cherchons tous à éviter ?

J’aimerais leur dire : réjouissez-vous, l’élection de Donald Trump sonne le glas du TAFTA ! Réjouissez-vous, l’écroulement de l’Union européenne initié par le Brexit va affaiblir les multinationales et les lobbies qui la contrôlent, et c’est une bonne nouvelle pour les abeilles et la biodiversité ! Réjouissez-vous, la défaite de Hillary Clinton marquera la fin du soutien inconditionnel des USA à Israël contre Gaza !

Les militants d’extrême gauche ont ceci de commun avec ceux de droite : ils se font entuber par les politiques, pour soutenir des personnes et des projets qui ne respectent pas leurs convictions profondes. Ne leur en tenons pas rigueur, puisque c’est à l’image de Sens commun ou des catholiques de France récupérés par François Fillon lors de la campagne de la primaire de la droite et du centre, ou encore des partisans de Marion Maréchal-Le Pen, marginalisés par Florian Philippot.

Si l’on regarde maintenant l’enquête du mouvement « L’extrême droite : mieux la connaître pour mieux la combattre », on apprend que La Manif Pour Tous est un mouvement qui rêve du retour de la monarchie absolue, avec entre un et deux millions de royalistes en force ! On comprend mieux les intimidations des préfets contre les maires qui parraineraient Robert de Prévoisin, candidat à l’élection présidentielle pour l’Alliance royale. Les royalistes qui, d’après l’organigramme, ont d’ailleurs infiltré Les Républicains, via le mouvement Sens commun !

Dans cette « cartographie » de l’extrême droite, il y a les institutionnels, qui seraient invités dans les médias, comme Jean-Frédéric Poisson, qui a eu droit à 3 minutes à 22 heures sur France 3, ou encore l’UNI ! On pourra espérer, pour la prochaine version, l’arrivée de la FAPEC fondée par la « pétainiste » Farida Belghoul avec le soutien d’un prêtre « antisémite », le père Horovitz !

Plus sérieusement, cet organigramme mentionne des « confusionnistes » comme le « Mouvement du 14 juillet – Démosophie », c’est-à-dire le Conseil national de transition ou CNT d’État Fiorile, qui souhaite donner les églises vides au culte musulman. Le CNT s’est également fait remarquer dans les manifestations anti-loi Travail, aux côtés des groupes antifascistes qui ont mis, il y a quelques mois, Rennes et Nantes dans un état déplorable. Dans un élan de confusion, l’extrême gauche qualifie d’extrême droite un mouvement d’extrême gauche !

L’extrême gauche ? Des groupes désunis qui ne savent que condamner l’autre sans le connaître et organiser des actes de vandalisme tout en pensant travailler pour la bonne cause.

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