Immigration & Diversité

La politique européenne d’immigration a désormais un visage

Ecrivain

Fondateur du NON

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Je dois confesser un petit faible pour Le Gorafi – vous savez, c’est ce magazine en ligne qui parodie Le Figaro et l’ensemble de la presse dite sérieuse, et publie des nouvelles hallucinantes de son invention dans un sabir journalistique affreusement convaincant (et souvent hilarant). L’ennui, c’est que la situation de notre malheureux pays et celle de notre infortuné continent sont telles qu’on n’arrive plus du tout à faire le départ entre les invraisemblables fictions du Gorafi et la non moins invraisemblable réalité. On a parfois l’impression, tant les véritables nouvelles sont à ne pas croire, qu’il est devenu le seul journal autorisé. C’est ce que j’appelle la gorafication du monde.

Ainsi, cette information-là : « Le Parlement européen confie la politique d’immigration à Kyenge Kashetu. » Bon, lorsqu’on creuse un peu l’affaire, c’est un peu moins énorme que cela, mais à peine : Mme Kashetu vient d’être désignée comme l’un des deux rapporteurs chargés d’élaborer le « rapport d’initiative stratégique sur la situation en Méditerranée et la nécessité d’une approche globale de l’Union européenne vis-à-vis des migrations ». Or, ce rapport doit être le fondement de la résolution qui arrêtera la position officielle du Parlement européen en matière d’immigration. Il y a certes un autre rapporteur, mais la nomination de Mme Kashetu est tellement spectaculaire qu’il y a gros à parier que son associé ne marquera pas si fort les esprits, symboliquement. Or, tout ici est affaire de symbole, d’emblème, de signe donné et de signe reçu.

Vous pensez sans doute que Mme Kashetu a été choisie à cause de son nom, très indiqué en effet pour une politique qui a consisté, depuis quarante ans, à changer radicalement la population du continent sans qu’il soit jamais question de cela ouvertement, sans que les indigènes soient mis au courant de ce qui se tramait contre eux et sans qu’une seule fois on leur ait demandé leur avis. Le pouvoir où qu’il soit leur a toujours tout caché, dans ce domaine. Il continue, et leur cache tout.

Cependant notre amie Kyenge n’est pas du tout cachottière, elle, et ses positions sont bien connues : les seules deux vraies questions que pose le flux gigantesque des migrants à travers la Méditerranée, selon elle, ce sont le sauvetage des vies humaines, d’une part, l’intégration d’autre part – autrement dit, il faut aider les clandestins à franchir les mers dans de meilleures conditions, et ensuite il faut les accueillir mieux, pour qu’ils se sentent plus vite chez eux.

Mais les idées de Mme Kyenge (elle a plus ou moins changé de nom, entre-temps, et s’appellerait plutôt Cécile Kyenge, désormais…) ne sont pas le plus étonnant, dans cette affaire. Le plus étonnant, c’est elle.

Cécile Kyenge Kashetu est cette femme d’origine congolaise, ancienne clandestine elle-même, qui fut la première Africaine à devenir ministre en Italie. On aurait pu penser qu’accédant à ces hautes fonctions au sein d’une des nations les plus prestigieuses de la terre, et qui lui a donné certains de ses plus beaux moments de civilisation, elle se serait sentie très honorée et aurait voulu faire tout pour sauvegarder, de cette haute culture, tout ce qui pouvait l’être. Pas du tout : elle se signala aussitôt en déclarant que l’Italie allait devoir se transformer au plus vite, et se mettre bien dans la tête qu’elle était une nation métissée et pluriethnique, à laquelle il fallait d’avantage d’Africains.

Nul doute que l’Europe ne soit pour cette dame une grande Italie, c’est-à-dire une précieuse extension de l’Afrique. Je me suis beaucoup défendu d’être un complotiste, récemment. Je me demande si je n’ai pas eu tort. Ce que nous dit le Parlement européen en choisissant Mme Kashetu, c’est qu’il nous hait, nous, les indigènes de ce continent, et qu’il veut notre mort ou notre asservissement. Au reste du monde, il déclare :

« Venez tous ! Voyez ce que nous pouvons faire de vous ! »

Fondateur du NON

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