Ces nouveaux archétypes qui valident leurs fantasmes !

Collaborateur parlementaire belge
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Ce sont les nouvelles figures médiatiques, les héros et les anti-héros de la guerre civile qui s’amorce, les « sans-grade » ayant le bon profil.

On les voit partout : à la télévision, dans les journaux, sur Internet, où leurs aventures et leurs déboires sont relayés, comme une traînée de poudre, sur les réseaux sociaux.
 
Ils sont le Noir américain, forcément innocent, tué par des policiers blancs, quant à eux forcément racistes, ou le « bon musulman » victime du terrorisme parce qu’il se trouvait « au mauvais endroit au mauvais moment », ou la femme en burkini chassée de la plage alors qu’elle s’y prélassait « pacifiquement », ou le militant du Front national « qui dérape », ou le « réfugié » qui a trouvé la mort en tentant de traverser la mer houleuse, ou encore la victime blanche du terrorisme qui, pensant que son statut lui octroie une supériorité morale, prétend que « non, ils n’auront pas ma haine ».
 
Parce que l’obsession à relayer leur vision du monde bute sur la réalité des faits, les médias remettent aujourd’hui à l’honneur une stratégie vieille comme l’histoire de la propagande : illustrer leur perception du réel par des figures archétypales issues du monde qu’ils fantasment et permettant de valider leur grille de lecture – à l’image d’Alekseï Stakhanov dans la Russie soviétique.
 
Peu importe que l’exemple choisi ne reflète en rien un fait sociétal, une croyance majoritairement répandue dans un groupe social déterminé ou une réalité de terrain : l’exercice accompagne désormais les grands discours moralisateurs que la réalité finit par tourner en ridicule.
 
Désormais, lorsqu’il sera question de démocratie, de vivre ensemble, de tolérance ou de « République » – autant de concepts tellement viciés que l’on sait encore à peine les définir -, les médias tenteront donc d’émouvoir leur public à coups de cas, certes malheureux, mais souvent peu représentatifs, voire anecdotiques.
 
Ne pouvant plus fermer les yeux sur la menace représentée par l’islamisme, ils chercheront des Fatima et oublieront les François parmi les victimes des attentats. Ne sachant plus trouver matière à polémiquer dans le discours lissé de Marine Le Pen, ils tourneront en boucle les images d’une croix gammée aperçue furtivement dans le dos d’un prétendu militant du FN. Ne trouvant pas de cas de racisme dans la police française, ils iront trouver aux États-Unis toujours plus de Philando Castile, cet homme noir tombé sous les balles de la police.
 
En absence de ces cas particuliers dont ils se nourrissent, les médias ne lésinent plus sur le recours à l’invention : en témoigne le récit inventé de toutes pièces, pour le bon vouloir d’une télévision océanique et relayé abondamment par les médias français, de l’agression d’une Australienne de 23 ans portant le burkini et chassée pour cette raison de Villeneuve-Loubet.

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