Caricature d’Emmanuel Macron : en pleurer ou hurler ?

 

Ainsi faut-il que les fruits de l’inculture soient condamnés. Une caricature représentant Emmanuel Macron fut retirée à la demande de la LICRA, laquelle exprimait par son président sa consternation : « C’est absolument terrifiant. Je ne sais pas si j’ai envie de hurler, de pleurer ou de tout laisser tomber. »

À vrai dire, on est un peu tenté de lui conseiller sa dernière proposition. Ou de consulter !

Car voir en cette affiche colorée une réminiscence des caricatures en noir et blanc des journaux antidreyfusards du XIXe… Des nez busqués et doigts crochus… Faut quand même avoir la vue basse. Le dessin tweeté par LR n’était peut-être pas le meilleur qui soit, mais point n’est busqué le nez qu’on fit à Macron ; il était même plutôt pointu comme ceux de d’Artagnan ou Depardieu. Quant au reste du croquis : deviendrait-il interdit de représenter des banquiers en haut-de-forme ? Et point sommes-nous responsables de ce que cet ectoplasme là travailla chez Rothschild ; ce choix est bien le sien. Qu’il l’assume !

À moins que ce ne soit la faucille qui choquait ? On y perçoit, bien sûr, l’indécent soutien de Robert Hue dont on peut parier à coup sûr qu’il vaudra plus à celui-ci de perdre ses partisans qu’au candidat millionnaire de piquer des voix à Mélenchon.

Ou bien doit-on interdire au Figaro de publier une photo des soutiens milliardaires du candidat En Marche ! en citant : Pierre Bergé, Patrick Drahi, Bernard-Henri Lévy, Alain Minc, Jacques Attali, Daniel Cohn-Bendit, Bernard Kouchner… Ces messieurs n’avaient qu’à se faire plus discrets…

Après tout, c’est la vérité qu’on veut assassiner. La vérité et la caricature… Le rire !

Témoin l’AARP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité), qui « n’autorise pas l’affichage public de la campagne du diocèse de Gap car celle-ci risque de tourner en dérision les hommes politiques ». Le plus sérieusement du monde, les médias nous annoncent cette nouvelle. Comme si les « Hollande et Leonarda » ou les vestes retournables de Bayrou ou de l’UDI n’atteignaient pas déjà, en la matière, un résultat indépassable !

Vraiment, cette administration est impayable. À ce régime-là, il faudra vite fermer les cabarets des Deux Ânes et de Dix Heures… Interdire Canteloup et Gerra d’antenne, mettre Tanguy Pastureau au trou, etc. On se réjouit, déjà, des chroniques qu’ils feront de tout cela.

Quand le politiquement correct, comme une vierge effarouchée, prétend jouer les pères la pudeur, encore faudrait-il qu’il laisse la vérité se montrer. Car chez ces gens-là, non seulement le rire et la caricature sont à proscrire, mais la vérité l’est tout autant, comme en témoignent les querelles et procès cherchés à Marine Le Pen pour avoir montré brièvement la réalité d’une infime partie des atrocités commises par Daech.

Pitoyables sociétés orwelliennes où nous devrons cacher à autrui le rire qu’elles inspirent et qui défoule un peu, il est vrai. En Afghanistan, on interdit de chanter et siffler, les oiseaux furent chassés, leur commerce interdit. Nous y sommes presque.

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