Prénoms des casseurs : les tartuffes de Libé à l’œuvre…

Journaliste et essayiste
 

Normalement, il est très malaisé de changer d’état civil en France. Une procédure longue et complexe, pour aboutir, in fine, à la publication de la nouvelle identité voulue au Journal Officiel. Mais pour éviter ces tracas administratifs, il est possible de s’adresser à un autre journal qui n’a pas le label officiel mais qui en remplit parfaitement le rôle.

Libération vient de publier un compte-rendu édifiant, par ailleurs touchant, de la comparution en justice de quelques casseurs, baptisés ici supporters, du Trocadéro. De braves garçons qui n’ont rien, ou presque rien fait. Et qui se défendent en accusant les policiers de les avoir agressés.

Leurs prénoms sont donnés : Anthony, Nicolas, Alexandre et Tariq. À la fin de l’article, il est spécifié que les prénoms ont été changés. Seul Tariq qui est né, nous apprend-on, au Pakistan, ne bénéficie pas d’un prénom français. Il n’est donc pas de chez nous et on ne voit pas pourquoi Libération prendrait des gants avec un Pakistanais quelconque… Quant aux autres, ils sont de chez nous et c’est pourquoi ils s’appellent, ou plutôt on les appelle, Anthony, Nicolas et Alexandre.

C’est ainsi et ça ne trompe personne. Sauf les tartuffes à l’œuvre à Libération qui ne veulent pas « stigmatiser » nos cités et qui n’ont aucune difficulté à pointer du doigt Lahore ou Rawalpindi. Le Pakistan c’est loin, très loin, et Tariq, contrairement aux autres casseurs, n’a sans doute pas la nationalité française.

On peut en rire. Il est préférable d’en pleurer.

À côté de cet article, il y en a un autre qui est à lui seul ce que l’Everest est au Ballon d’Alsace et ce qu’un orchestre symphonique est à un quatuor de musique de chambre. Cette fois-ci, il s’agit d’un témoignage de quelqu’un qui a tout vu et tout entendu place du Trocadéro. Un vrai supporter du PSG. Il a relevé que tous les commerçants du quartier avaient, en prévision du sacre de l’équipe de foot, baissé leur rideau. Une attitude inamicale et inhospitalière qui a pu, selon lui, légitimement blesser certains des participants de la fête !

Non, il n’a pas vu de pillages, de voitures brûlées. Seulement des flics maladroits et incompétents. Et s’il y a eu quelques débordements, qu’il admet, ils ont été inspirés par ceux du GUD ou des Identitaires en marge des manifestations contre le mariage gay ! Ça c’est un témoin. Un vrai. Un bon. Pas, comme on pourrait le croire, un journaliste stagiaire de Libération

Car la cerise sur le gâteau de ce fabuleux texte est sous l’article. Là aussi, le nom a été changé, le « témoin » ayant demandé, selon le journal, à garder l’anonymat. Et là, pas d’Anthony, de Nicolas ou d’Alexandre. C’est signé Yoni Goldinski. Ça c’est bien trouvé ! Pas besoin d’être grand connaisseur pour savoir que ça fait juif, très juif. Et c’est sans conteste un certificat absolu d’objectivité pour cet intéressant témoignage. Avec un tel nom, c’est sûr qu’il ne s’agit pas d’un « ultra » : ces derniers sont réputés racistes et antisémites. Avec un tel nom, il ne peut pas être confondu avec les racailles de banlieue qui s’appellent tout à fait autrement. Un témoignage neutre donc et, bien sûr, casher à défaut d’être hallal.

C’est ainsi que se concocte l’information dans les cuisines de Libération. Il nous plaît d’imaginer que ce journal ne s’arrêtera pas en si bon chemin sur la voie royale qu’il vient de défricher. Quand surviendront de nouveaux et éventuels débordements du GUD – opportunément rappelés par le miraculeux « témoin » – soyons assurés que là aussi on changera les noms. Pas Anthony, Nicolas et Alexandre. Mais peut-être, afin de ne pas stigmatiser les Français de souche, Idriss, Sofiane et Mohammed.

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