Voile à l’hôpital : comment les soignantes s’organisent pour contourner l’interdit
« Un dévoiement de la laïcité qui nous pousse vers l’extrême droite. » Ce lundi, Blast publiait un reportage à charge contre les hôpitaux publics accusés d’un « ciblage des soignantes » musulmanes. Au cœur de cette affaire, le port du calot chirurgical en dehors des blocs opératoires, regardé par plusieurs directions hospitalières comme une manière de contourner l’interdiction des signes religieux ostensibles dans la fonction publique. Une pratique qui n’est pas sans rappeler l’usage du masque chirurgical par certaines femmes pour remplacer le port du niqab interdit dans l’espace public en France.
Devant la caméra, c’est anonymement que Madjouline B. revient sur ce que le média présente comme de « l’islamophobie d’État ». En 2025, cette infirmière de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP), exerçant à la Pitié-Salpêtrière, a été suspendue de ses fonctions après avoir refusé d’enlever son calot chirurgical malgré plusieurs convocations de sa hiérarchie.
Islamophobie d'État : comment l'hôpital traque les soignantes
Majdouline était infirmière à la Pitié-Salpêtrière depuis plus de sept ans lorsqu'elle a été révoquée de la fonction publique en novembre 2025. Son tort : avoir refusé d'ôter son calot… pic.twitter.com/qC2YW3rNER
— BLAST, Le souffle de l'info (@blast_france) May 11, 2026
Depuis novembre dernier, plusieurs dizaines de soignantes auraient ainsi été sanctionnées ou licenciées pour avoir refusé d’ôter leur calot « en dehors des situations dans lesquelles il est requis pour les besoins du service ». Utilisé au bloc opératoire afin d’éviter les risques d’infection, il est désormais identifié par le corps administratif comme un détournement de la tenue professionnelle permettant à certaines soignantes de se voiler malgré les obligations de neutralité imposées aux agents publics.
Une application des règles de neutralité
À l’origine de cette évolution, une charte rédigée en novembre 2025 par l’AP-HP afin de réaffirmer les règles de neutralité et de laïcité. Le texte faisait lui-même suite au rapport remis en 2022 par le docteur Patrick Pelloux au ministre des Solidarités et de la Santé pour prévenir et lutter contre « la radicalisation des agents exerçant au sein des établissements de santé ».
Dans son reportage intitulé « Islamophobie d’État : comment l’hôpital traque les soignantes », Blast donne la parole à Nicolas, aide-soignant à l'hôpital Tenon et représentant CGT, qui décrit la mise en place soudaine d’une véritable « chasse au calot ». « Ce qui hier ne posait aucun problème et était très répandu dans le milieu hospitalier est aujourd’hui un motif de licenciement et une atteinte grave à la laïcité », affirme-t-il devant la caméra, tandis qu’apparaissent au stand syndical plusieurs femmes portant le hijab. Selon le cégétiste qui tente de faire croire à une interdiction arbitraire prêtant des intentions religieuses à des femmes qui n’en auraient aucune, les convocations n’auraient visé que des « femmes racisées », dans une logique de stigmatisation des musulmanes.
Ce que le reportage omet cependant de dire, c’est que dans le rapport du Dr Pelloux, la question du « détournement d’équipement et de tenues de travail » par certains pour outrepasser l’interdiction du port du voile participent aux nombreux témoignages d’atteinte à la laïcité et la neutralité des agents publics. Une problématique qui apparaît de manière décomplexée sur les réseaux sociaux, où les échanges autour de ces pratiques se multiplient.
« Mille et une façons d’avancer masqué »
Sur un groupe Facebook privé, groupe d’entraide entre internes hospitaliers et que Boulevard Voltaire a intégré, la question du voile est l’une de celles qui reviennent parfois. « Pour les femmes voilées, avez-vous déjà rencontré des problèmes avec le port d’un calot chirurgical en stage ? », demandait ainsi une étudiante, en 2024. Si cette dernière insiste sur le fait qu’il ne s’agit « que du vêtement hospitalier », elle ne cache pas pour autant l’usage qu’elle entend en faire, estimant que l’interdiction du calot en dehors du bloc relève « d’une véritable atteinte à notre personnalité et nos convictions ».
Face à son commentaire, les conseils affluent. « Rapproche-toi du CCIE », lui suggère un internaute, en référence au Collectif contre l’islamophobie en Europe, installé en Belgique après la dissolution du CCIF en France. Un autre lui recommande de trouver des justifications alternatives auprès de sa hiérarchie. « Il y a mille et une façons d’avancer masqué dans cette situation : "Je souhaite protéger mes cheveux", "j’ai la phobie qu’on me tire les cheveux" », écrit-il.
Sur TikTok, les mêmes interrogations apparaissent dans les vidéos d’étudiantes musulmanes cherchant à savoir comment conserver les cheveux couverts durant leurs stages à l’hôpital. Plusieurs expliquent que la pratique souvent tolérée la plus répandue consiste à porter le calot chirurgical en continu afin de remplacer le voile sans enfreindre officiellement le règlement. Certaines partagent même les modèles qu’elles utilisent, commandés sur AliExpress, Temu ou Cdiscount.
La surreprésentation du fait religieux musulman
Une solution toutefois insuffisante pour certaines qui dénoncent « l’hypocrisie » vis-à-vis « d’Allah ». « Soit on suit la sunna, soit non », estime ainsi une utilisatrice, qui rappelle que seuls les voiles légiférés par l’islam répondent pleinement aux prescriptions religieuses.
Entre plusieurs vidéos consacrées à la prière à l’hôpital, certaines s’interrogent également sur la possibilité de porter des manches longues ou sur les accommodements possibles avec les règles vestimentaires hospitalières.
En 2024, l’Institut Montaigne révélait déjà la surreprésentation du fait religieux musulman dans les atteintes à la laïcité relevées dans le monde du travail. Selon le rapport, le voile constituait le principal signe ostentatoire contrevenant aux politiques de neutralité imposées par les règlements intérieurs. La fonction publique ne semble visiblement pas épargnée, comme en témoignait encore récemment la polémique alimentée par La France insoumise autour de l’interdiction du port du voile pour certaines salariées de GRDF.
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68 commentaires
Tout cela relève de l’hypocrisie et de la provocation. Tout le monde se sépare bien légitimement, et souvent avec soulagement, de sa tenue de travail dès la fin du service; j’enlevais ma blouse, mes chaussures de sécurité et mon casque avec empressement avant de partir de mon bureau.
Nous faire croire que c’est pour des raisons personnelles – et non religieuses – est une fois de plus de la foutaise!
Rien de nouveau depuis un bon moment et ce qui prouve l’invasion de cette culture musulmane.
Dans les Ehpad, c’est la même chose ; je le vois en faisant parfois quelques remplacements.
Le nombre, le nombre, le nombre. Pour les contraindre à respecter notre mode de vie, et plus encore, nos lois et règlements, c’est forcément plus compliqué. Je serai curieuse de savoir, parmi les personnes qui se plaignent de cette tactique des femmes à l’hopital, combien, il n’y a pas si longtemps, voyaient d’un très bon oeil, l’arrivée de toutes ces personnes pour suppléer « les métiers que (soi-disant) les français ne voulaient plus accomplir » ; que chacun assume…..
Les musulmans veulent imposer leurs coutumes partout et je pense que les gens en ont assez de cette dictature.
Ce voile ! Je me souviens d’avoir été à Ankara au début des années 90. On était au printemps, les jeunes filles que je croisais dans les rues étaient habillées à la mode des jupes courtes. Quand je suis rentré à Paris, les toilettes étaient occupées tout le temps par des jeunes femmes qui se changeaient pour sortir en costume de Belphégor avant l’arrivée en France.
A mon humble avis, tous les moyens permettant de contourner l’interdiction du port du voile, à l’hopital ou ailleurs, sont légitimes, valables et répondent à une décision scandaleuse, source de rejet, d’exclusion et d’injustice. Chaque être humain mérite d’être regardé dans sa liberté inconditionnelle de se vêtir comme bon lui semble. Tout autant que l’intégrisme re…ligieux, l’intégrisme laïc est inacceptable et doit être dénoncé. A bon entendeur …
Le commentaire signé VAUG 31, ci dessous ce jour à 8h58,.me parait très pertinent
Bonne journée
De la bouche même de femmes musulmanes il m’a été dit qu’en cas de nécessité des aménagements lors du ramadan étaient possibles. Je suppose qu’il en est de même pour les calots. Donc se conformer aux lois et règlements doit être possible.
Expliquons à ces femmes que ce ne sont QUE des mesures d’HYGIENE !!! Ce genre d’aménagement n’a rien à faire dans un établissement de soins.
On m’aurait dit que c’est une action des frères musulmans que je l’aurai cru. C’est typiquement leur signature, c’est typiquement leur façon d’agir. Je rappelle que les frères musulmans sont considérés comme organisation terroriste dans quasi tous les pays musulmans.
Il est devenu banal de voir des femmes musulmanes (ou leur mari parlant pour elles) refuser d’être examinées ou soignées par un homme, au nom de leur religion. Que se passerait-il si les patients, au nom des règles d’hygiène les plus élémentaires, refusaient des infirmières ou des aides soignantes porteuses d’un calot ?
Un sentiment de ras-le-bol voire d’indigestion sur ce phénomène se répand partout en Europe !
L’Islam ne pardonne pas. On doit obéir. Curieusement, ce sont les femmes qui maintiennent ce carcan : j’en ai bavé ; tu en baveras, point final.
De mon temps, dans les services hospitaliers, le personnel soignant ou non, devait porter un « cache -cheveux », même les hommes …chauves… pas de cheveux à traîner partout.
Je n’ai jamais compris cette règle sur la tenue vestimentaire des musulmanes. Que je sache, un dieu ne s’intéresse pas à l’aspect matériel de ses croyants, c’est sur le côté spirituel qu’il les juge. Au moment de la mort, c’est l’âme du défunt qui rejoint le royaume de dieu et c’est sur son parcours de croyant lors de l’épisode terrestre qu’il juge si l’âme du défunt est digne d’être à ses côtés au royaume éternel. Alors, on peut très bien une personne respectueuse de sa croyance sans porter un voile et se couvrir de la tête au pied.
Sauf dans l’islam, mon cher Jacques62, car ce n’est pas seulement une foi -comme le christianisme ou le bouddhisme-, c’est l’obligation de suivre des règles très précises dans chaque acte de la vie courante : habillement, alimentation, sexualité, etc.
Merci pour cette précision. Du coup, l’islam est donc incompatible avec la République Française et sa constitution et bien sûr avec le mode de vie en France.
Ne nous voilons pas la face, l’islamisation de la France avance à grands pas… Et encore plus vite dans les secteurs économiques en tension, tels l’hôpital et la restauration, là où l’employeur a moins le choix. Un « grand remplacement » orchestré depuis très longtemps. Et dire que j’ai voté à gauche en 1981 ! Si j’avais sû !
j’aime l’introduction: « ne nous voilons pas la face » !
J’apprécie votre Mea culpa, moi-même j’ai toujours voté à droite, le résultat est identique au vôtre, d’ailleurs quoi attendre de ….l’UMPS !!
Notre démocratie est un leurre.
Exact ! Tous des voleurs-menteurs ! RN ou Reconquête sinon notre pays sera mort après 2027.
Un choc d’autorité ou un grd remplacement déjà bien en place ! Voilà ce qui nous attend après 2027. Le jour ou les ténèbres !