Voile à l’hôpital : comment les soignantes s’organisent pour contourner l’interdit

Une interdiction qu'un reportage de Blast tente de faire passer pour un acharnement anti-musulman.
Pexels.
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« Un dévoiement de la laïcité qui nous pousse vers l’extrême droite. » Ce lundi, Blast publiait un reportage à charge contre les hôpitaux publics accusés d’un « ciblage des soignantes » musulmanes. Au cœur de cette affaire, le port du calot chirurgical en dehors des blocs opératoires, regardé par plusieurs directions hospitalières comme une manière de contourner l’interdiction des signes religieux ostensibles dans la fonction publique. Une pratique qui n’est pas sans rappeler l’usage du masque chirurgical par certaines femmes pour remplacer le port du niqab interdit dans l’espace public en France.

Devant la caméra, c’est anonymement que Madjouline B. revient sur ce que le média présente comme de « l’islamophobie d’État ». En 2025, cette infirmière de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP), exerçant à la Pitié-Salpêtrière, a été suspendue de ses fonctions après avoir refusé d’enlever son calot chirurgical malgré plusieurs convocations de sa hiérarchie.

Depuis novembre dernier, plusieurs dizaines de soignantes auraient ainsi été sanctionnées ou licenciées pour avoir refusé d’ôter leur calot « en dehors des situations dans lesquelles il est requis pour les besoins du service ». Utilisé au bloc opératoire afin d’éviter les risques d’infection, il est désormais identifié par le corps administratif comme un détournement de la tenue professionnelle permettant à certaines soignantes de se voiler malgré les obligations de neutralité imposées aux agents publics.

Une application des règles de neutralité

À l’origine de cette évolution, une charte rédigée en novembre 2025 par l’AP-HP afin de réaffirmer les règles de neutralité et de laïcité. Le texte faisait lui-même suite au rapport remis en 2022 par le docteur Patrick Pelloux au ministre des Solidarités et de la Santé pour prévenir et lutter contre « la radicalisation des agents exerçant au sein des établissements de santé ».

Dans son reportage intitulé « Islamophobie d’État : comment l’hôpital traque les soignantes », Blast donne la parole à Nicolas, aide-soignant à l'hôpital Tenon et représentant CGT, qui décrit la mise en place soudaine d’une véritable « chasse au calot ». « Ce qui hier ne posait aucun problème et était très répandu dans le milieu hospitalier est aujourd’hui un motif de licenciement et une atteinte grave à la laïcité », affirme-t-il devant la caméra, tandis qu’apparaissent au stand syndical plusieurs femmes portant le hijab. Selon le cégétiste qui tente de faire croire à une interdiction arbitraire prêtant des intentions religieuses à des femmes qui n’en auraient aucune, les convocations n’auraient visé que des « femmes racisées », dans une logique de stigmatisation des musulmanes.

Ce que le reportage omet cependant de dire, c’est que dans le rapport du Dr Pelloux, la question du « détournement d’équipement et de tenues de travail » par certains pour outrepasser l’interdiction du port du voile participent aux nombreux témoignages d’atteinte à la laïcité et la neutralité des agents publics. Une problématique qui apparaît de manière décomplexée sur les réseaux sociaux, où les échanges autour de ces pratiques se multiplient.

« Mille et une façons d’avancer masqué »

Sur un groupe Facebook privé, groupe d’entraide entre internes hospitaliers et que Boulevard Voltaire a intégré, la question du voile est l’une de celles qui reviennent parfois. « Pour les femmes voilées, avez-vous déjà rencontré des problèmes avec le port d’un calot chirurgical en stage ? », demandait ainsi une étudiante, en 2024. Si cette dernière insiste sur le fait qu’il ne s’agit « que du vêtement hospitalier », elle ne cache pas pour autant l’usage qu’elle entend en faire, estimant que l’interdiction du calot en dehors du bloc relève « d’une véritable atteinte à notre personnalité et nos convictions ».

Face à son commentaire, les conseils affluent. « Rapproche-toi du CCIE », lui suggère un internaute, en référence au Collectif contre l’islamophobie en Europe, installé en Belgique après la dissolution du CCIF en France. Un autre lui recommande de trouver des justifications alternatives auprès de sa hiérarchie. « Il y a mille et une façons d’avancer masqué dans cette situation : "Je souhaite protéger mes cheveux", "j’ai la phobie qu’on me tire les cheveux" », écrit-il.

Sur TikTok, les mêmes interrogations apparaissent dans les vidéos d’étudiantes musulmanes cherchant à savoir comment conserver les cheveux couverts durant leurs stages à l’hôpital. Plusieurs expliquent que la pratique souvent tolérée la plus répandue consiste à porter le calot chirurgical en continu afin de remplacer le voile sans enfreindre officiellement le règlement. Certaines partagent même les modèles qu’elles utilisent, commandés sur AliExpress, Temu ou Cdiscount.

La surreprésentation du fait religieux musulman

Une solution toutefois insuffisante pour certaines qui dénoncent « l’hypocrisie » vis-à-vis « d’Allah ». « Soit on suit la sunna, soit non », estime ainsi une utilisatrice, qui rappelle que seuls les voiles légiférés par l’islam répondent pleinement aux prescriptions religieuses.

Entre plusieurs vidéos consacrées à la prière à l’hôpital, certaines s’interrogent également sur la possibilité de porter des manches longues ou sur les accommodements possibles avec les règles vestimentaires hospitalières.

En 2024, l’Institut Montaigne révélait déjà la surreprésentation du fait religieux musulman dans les atteintes à la laïcité relevées dans le monde du travail. Selon le rapport, le voile constituait le principal signe ostentatoire contrevenant aux politiques de neutralité imposées par les règlements intérieurs. La fonction publique ne semble visiblement pas épargnée, comme en témoignait encore récemment la polémique alimentée par La France insoumise autour de l’interdiction du port du voile pour certaines salariées de GRDF.

Vos commentaires

68 commentaires

  1. On comprend bien mieux l’augmentation des maladies nosocomiales dans les hôpitaux avec ce genre de pratiques
    On voit surtout que le grand remplacement n’est pas un mythe, même melanchon le dit alors….
    Lors d’un séjour dont je me serai bien passée en SSR, que des soignants non français, et que d’erreur dans bien des domaines notamment délivrance des médicaments sans compter un certain racisme anti blanc bien latent et pas la seule à le ressentir ……
    Les services hospitaliers ou post ne doivent pas être le théâtre de ces signes ostentatoires visibles , moi cela me dérange c’est dit !
    Et comme pour le « reste » on laisse faire bien sur
    La direction des APHP est Wargon tristement connu, lui sa priorité c’est que tous soit vaxx contre le covid, il avait même osé dire qu’il ne voulait pas soigner ceux qui ne l’étaient pas on est loin du serment d’Hippocrate, bien sur cela ne concerne que les vilains français pour les migrants c’est pas pareil hein ils sont les bienvenus , même qu’ils passent avant nous pour les greffes

  2. Seules des femmes musulmanes ont été convoquées, ET ALORS? Si vraiment les musulmans, avançant masqués, ont utilisé le calot chirurgical de mise dans les blocs opératoires comme visibilité de leur religion hors les zones ou tout le monde doit le porter pour raison d’hygiène, il est logique qu’ils soient les seuls à en payer les conséquences. Il n’y aurait eu de non-musulmans convoqués que si des gauchistes dans le personnel avaient fait de même « par solidarité politique », mais la crainte du ;licenciement les en a gardés.
    C omme quoi « nous ne sommes pas tous musulmans! »

  3. Il ne faut pas venir après dire que « les Français » sont de plus en plus racistes ! Le principe de causalité s’énonce ainsi ;  » Tout phénomène a une cause  » Comme l’écrit Spinoza : « D’une cause déterminée résulte nécessairement un effet  » et inversement ; « si aucune cause déterminée n’est donnée ,il est impossible qu’un effet se produise » ……… Les gens ne naissent pas racistes ; ils le deviennent …..

  4. « d’une véritable atteinte à notre personnalité et nos convictions ». Une soignante voilée est une atteinte à ma personnalité et à mes convictions. La laïcité, c’est l’absence de revendication religieuse, culturelle ou politique. Pas le contraire.

  5. Que dire après l’excellent article de Aliénor de Pompignan. Tout est dit…et bien. Cette situation est navrante. Il faudra se ressaisir. Mais il y a tellement de domaines qui périclitent, que ça va être dur de redresser la barre.

  6. Ah la CGT, bras armé de l’extrême gauche et de leurs proxys islamistes. « chasse au calot ». « Ce qui hier ne posait aucun problème et était très répandu dans le milieu hospitalier est aujourd’hui un motif de licenciement et une atteinte grave à la laïcité » Eh bien oui, cela nous prouve une nouvelle fois que l’État et les syndicats ne faisaient pas respecter la laïcité et les droits de chacun. Bel aveu de lâcheté ou de trahison s’il en fallait.

  7. Chercher à contourner un interdit absurde et injuste constitue un signe majeur de bon sen … !

    • Absurde et injuste? Pourquoi?
      Les très bonnes musulmanes qu’étaient leurs mères et leurs grands-mères ne portaient pas du tout le voile. Actuellement le port du voile est destiné à humilier l’autorité de la loi qui, sachant que l’islam est systématiquement prosélyte dans les pays non musulmans, (alors qu’en pays musulman le prosélytisme de tte autre religion est puni de prison!) veut s’exhiber pour provoquer des conversions. Ceci est contraire à la laïcité! Un jour, ne pas porter le voile à l’hôpital sera perçu comme un signe d’impudeur, puis de mauvaise vie: celles qui ne le porterons pas seront considérées comme des p.t.s!
      Et ceci est très mauvais pour le service!
      Et de toutes façons, la loi, c’est la loi.

  8. Et l’hygiène dans tout ça ????? Si ces personnes ne respectent pas les règles d’hygiène d’un centre hospitalier à cause du port d’un voile religieux qui n’a pas sa place dans un hôpital ou de garder les sur-chaussures pour circuler à l’extérieur de l’Hôpital, il y aura tôt ou tard des conséquences dramatiques comme aux siècles passés où les précautions d’hygiène étaient encore méconnues jusqu’au début du 20e siècle et causaient de nombreux décès qui survenaient après les soins ou les interventions chirurgicales. Que la Direction de tous les Hôpitaux de France aie le courage de licencier ces personnes qui ne respectent pas les règles d’hygiène en milieu hospitalier avant que le pire n’arrive aux patients.

    • En quoi le port du calot chirurgical en dehors des blocs opératoires augmenterait les infections nosocomiales?
      Dans les blocs elle a pour but au contraire de les diminuer ( contaminations par les cheveux)

      • Cause de défaut d' »hygiène? Pensez-vous qu’un calot porté en extérieur et potentiellement gardé pour entrer à nouveau en zone controlée ne soit pas un risque de défaut d’hygiène? Pensez-vous que la porteuse de calot en permanence aura obligatoirement le professionnalisme d’en changer? Et pensez-vous que porter hors les blocs des calots potentiellement porteurs de ce qu’ils ont rencontré dans les blocs soit, là aussi, porteur d’hygiène? Pourquoi croyez-vous qu’il existe une telle différence entre les tenues de bloc et les tenues simples de service? Il faut être sérieux,, quand même!

    • Hausse des maladies nosocomiales alors que nos hôpitaux étaient réputés, ce n’est pas un « hasard » je pense

      Ejalladeau des fois je me demande si vous ne le faites pas EXPRES ???
      En bloc , après l’opération, tout l’équipement part dans des bacs prévus à cet effet donc détruits ensuite, alors que là, les soignantes, se baladent toute la journée, , sortent pour prendre l’air ou fumer ou boire un café
      NOUS avons tous compris, que tout cela n’est qu’une provocation de plus et une façon d’imposer leur religion, décidément bien incompatible avec la nôtre, n’en déplaise !

  9. Le laxisme de l’Etat face aux dérives constatées partout avec ces signes religieux devient ingérable: on laisse trop faire, à l’hôpital comme dans d’autres secteurs; il aurait fallu adopter des règles très strictes, faire respecter nos lois; car, ne l’oublions pas, c’est le statut de la femme qui est en jeu, et, que je sache, en France, on est libres, et les marques islamistes sont à bannir totalement…
    De la fermeté, une volonté politique forte, c’est ce qui nous manque en France! allez dans d’autres pays musulmans sans vous couvrir la tête , et vous verrez ce qui se produira!!!

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