Editoriaux - Société - Sport - 4 juin 2019

Transgenres et exploits sportifs : les femmes sont jalouses !

Paraphrasons humblement Bossuet : le réel se tord de rire des féministes progressistes qui déplorent les effets dont il.elle.s chérissent les causes. Et en tout état de cause car nous vivons une époque formidable où l’évidence est proscrite, une époque où la cantatrice d’Ionesco est non seulement chauve, mais également barbue, poilue et bigrement musclée pour une diva.

Chez l’Oncle Sam, on aime le sport sous toutes ses formes et de plus en plus sous tous ses genres. La période estivale des championnats universitaires est ouverte, l’occasion de découvrir les futures étoiles montantes du sport états-unien. Parmi celles-là, Cece Telfer, qui vient de remporter le 400 mètres haies dans les épreuves féminines. Les succès de Cece, qui empile les performances et bat de nombreux records de haut niveau, ne font paradoxalement pas que des heureuses, certaines concurrentes estimant que cette jeune demoiselle de 21 ans dispose d’un avantage injuste sur elles. Jalousie féminine ? Que nenni. La raison de cette ire : Cece est un type, un type avec un caryotype de type XY qui fait la compétition dans les catégories féminines, celles à caryotype XX, parce que Cece, sorti homme du ventre maternel, s’identifie, une fois majeur et vacciné, comme une femme. Après « mon corps mon choix », voici « mon corps », qui n’a plus rien à voir avec « mon choix ».

Le cas de Cece est certes inique, mais n’est pas unique, ce qui, en toute logique, engendre la polémique, toujours à sens unique. Après l’haltérophile, la cycliste, la handballeuse, la course, les sports de combat, des transgenres génétiquement masculins, souvent sportifs médiocres dans leurs catégories biologiques, sont autorisés à participer à des compétitions exclusivement féminines qu’ils réussissent haut la main.

Beaucoup de femmes sportives s’offusquent de cette nouvelle politique, y compris dans certaines disciplines olympiques, et dénoncent avec véhémence ces « décisions précipitées et insouciantes d’inclure des hommes biologiques nés et développés avec de la testostérone, avec leur taille, leur force et leur capacité musculaire d’homme ». Cette politique « réprime, embarrasse, humilie et exclut les femmes ». Certaines revues spécialisées osent même titrer que la théorie du genre sonnera bientôt le glas du sport féminin. La supposée fluidité du genre se fracasse à l’inéluctabilité du sexe biologique.

Alea jacta est, la théorie du genre, ersatz idéologique des ayatollahs de l’égalitarisme, aurait-elle du plomb dans l’aile, la cuisse, le quadriceps ou le deltoïde ? Le genre, « acquis social », nous ressasse-t-on, ne le serait plus une fois foulé le terrain d’athlétisme. Judith Butler nous aurait menti, la Beauvoir aussi ? On ne naît pas femme, ni haltérophile, ne les devient-on pas alors ? S’agit-il de domination patriarcale ou de chromosomophobie ; vite, un atelier en non-mixité chromosomique pour en débattre, une lettre en sus dans l’abécédaire LGBT s’impose d’urgence. Marlène Schiappa souhaite relever à 50 % les quotas de femmes « dans tous les domaines », rings de boxe inclus ?

Tant de questions qui attendent autant de réponses de la part des belles âmes progressistes. Pourtant, la réponse est là, qui crève les yeux. Dans tous les domaines où son intégrisme s’immisce, le féminisme se fracasse sur le béton armé du réel. De la défense suicidaire du multiculturalisme à celle des minorités « racisées », ethniques, sexuelles, religieuses, à la promotion d’un islamo-féminisme indigéniste. Une destruction méthodique des fondements anthropologiques, historiques et sociaux qui risque, un jour, de nous emporter avec lui.

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