« Procès politique » : les soutiens d’Anasse Kazib transforment le tribunal en tribune
Tee-shirt noir imprimé d'une sucette verte et d'une autre rouge : ce n'est pas la tête basse qu'Anasse Kazib est apparu au tribunal correctionnel de Paris, jeudi 25 juin, pour son procès pour apologie du terrorisme. C'est même tout sourire que le militant et porte-parole du collectif d'extrême gauche Révolution permanente déambulait dans les couloirs de l'instance judiciaire, appuyé par un rassemblement militant qui s'est rapidement transformé en tribune politique.
Le tribunal transformé en tribune politique
Peu de journalistes présents mais une foule de militants et certaines personnalités politiques de La France insoumise se sont rassemblées sur le parvis du tribunal avant que ne commence l’audience. Sur une scène qui ressemblait à celle d’un meeting, avec en fond un grand drapeau palestinien, Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé sur la « répression méthodique, internationale » que représenteraient les procès visant des prises de position de militants pro-palestiniens. Des « procès politiques », ont martelé militants et avocats, tout au long de l’après-midi qui a vu défiler Assa Traoré et Raphaël Arnault.
Présent aux côtés d’Anasse Kazib, devant le tribunal de Paris, j’ai plaidé sa cause. L’apologie du terrorisme est le prétexte à plus de 600 mises en examen de militants politiques qui luttent pour les droits de la Palestine, dont une dizaine à la France insoumise. Les 11 heures… pic.twitter.com/yIUoFKoR3Q
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) June 25, 2026
Le 7 octobre 2023, le cheminot de 39 ans avait republié, sur X, plusieurs messages et textes en lien avec les attaques du Hamas (« Vive la résistance palestinienne », « Offensive surprise contre l'État colonialiste d'Israël. Soutien à la résistance palestinienne ! »). Après la condamnation des attentats par Ursula von der Leyen, il avait également écrit : « Ils se tiennent au côté du boucher. »
Une bataille procédurale avant le procès
Après un premier renvoi de l'audience en juin 2025, le procès d'Anasse Kazib, qui s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle de 2027, et de son confrère de Révolution permanente, Felix C., a une nouvelle fois été reporté. En cause, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense concernant les conditions dans lesquelles certaines associations se sont constituées parties civiles.
La présidente du tribunal correctionnel a estimé cette question suffisamment « sérieuse » pour la transmettre à la Cour de cassation. Celle-ci dispose désormais de trois mois pour décider soit de la rejeter, soit de la transmettre au Conseil constitutionnel.
Est particulièrement visée l'association Jeunesse française juive (JFJ), à l'origine du signalement effectué en janvier 2024 contre Anasse Kazib et Felix C. La défense fait valoir que ses statuts, datant de moins de cinq ans, ne lui permettraient pas de se constituer partie civile. Les associations concernées – la JFJ, la LICRA et l'Organisation juive européenne – soutiennent au contraire que le délit d'apologie du terrorisme relève d'un régime dérogatoire leur permettant d'intervenir dans la procédure.
Cette bataille procédurale pourrait considérablement retarder le jugement sur le fond. Les avocats et représentants des parties civiles, qui n'ont pas souhaité faire de commentaires, évoquent même, auprès de Boulevard Voltaire, un délai pouvant aller « jusqu'à douze ans ».
De quoi faire soupirer de satisfaction les nombreux soutiens venus assister au procès : « C’est bon, ça », sourit-on dans la salle. Entre selfies, photos de groupe et embrassades, les militants ont vécu cette journée, qui s'est soldée par une démonstration de force pour les militants pro-palestiniens, comme une « victoire ».
Si aucune nouvelle date de procès n'a été fixée, le réexamen de l'affaire a été renvoyé au 13 novembre, dans l'attente de la décision de la Cour de cassation sur cette QPC. Les deux militants encourent jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende.
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24 commentaires
Gageons que ces deux braves militants de la cause palestinienne seront, à terme, relaxés.
Justice partisane .
Je suis sûr et certain que si LFI venait à arriver aux pouvoir, nous comprendrons très vite le sens des mots : « procès politique », « état répressif », etc … Pourquoi ? Parce que ça s’est toujours passé comme cela partout et en tous temps quand les communistes ont pris le pouvoir (URSS, Cuba, Chine!, Cambodge, etc …)
Il faut bien commencer un jour. Seulement une observation pour Mr Mélanchon = Ce ne sont pas des procès politiques mais du respect des fondements de notre République.
C’est qui ce Polichinelle ? Quand je pense que les mêmes juges s retrouvent sur les marches des palais pour manifester contre des sanctions. vous dites ? ah, la caste des intouchables