Chasuble verte de rigueur – hasard du calendrier liturgique à l’heure de l’écologie –, tous les pères synodaux sont réunis autour du pape François pour la messe pontificale de clôture du synode pour l’Amazonie, le dimanche 27 octobre. Découvrir de « nouveaux chemins » pour l’Église et pour une écologie intégrale pendant un mois, telle était l’ambition de cette assemblée. Objectif rempli !

Le synode est une assemblée de cardinaux, d’évêques et d’observateurs qui propose : le pape dispose ensuite en rédigeant une exhortation apostolique. Deux propositions phares ressortent du document final de ce synode amazonien. D’abord, l’ordination d’hommes mariés diacres permanents (§111) et, ensuite, la poursuite de la réflexion théologique sur le diaconat féminin (§102). Dans la discipline traditionnelle de l’Église, le prêtre, configuré au Christ-tête (le prêtre tient le même rôle que Jésus) est célibataire (il se consacre uniquement à l’Église) : c’est un autre Christ de par son ordination. L’Église renoncera-t-elle à cette discipline ?

Ces deux propositions ont le vent en poupe : la seconde atténuerait la puissance masculine de la dernière « institution patriarcale » d’Occident, et la première réglerait à la fois les problèmes d’effectifs et d’agressions sexuelles.

L’occasion était belle, et cela n’a pas manqué ! En vitrine, l’écologie intégrale, la critique du capitalisme sauvage, la protection de la nature et des indigènes. En magasin, une réforme pour toute l’Église : le paragraphe 111, qui concerne l’ordination d’hommes mariés, parle d’une « approche universelle du sujet ». Le cardinal Michael Czerny, secrétaire spécial du synode, a expliqué qu’une consultation auprès des Églises nationales allait être lancée. L’Allemagne et la Suisse sont déjà prêtes à s’engager dans cette nouvelle aventure (qu’ils attendent depuis 60 ans…).

Dans Le Figaro du 28 octobre, le cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, avoue : « Le processus de consultation préparatoire […] reflète l’influence idéologique d’une certaine théologie “india” [locale, NDLR] qui a persisté jusqu’au document final, d’où l’inspiration globalement globale moins évangélique, et les orientations, certes positives pour l’écologie intégrale, mais peu capables de susciter un nouvel enthousiasme missionnaire. »

Traduction : on a sorti l’artillerie lourde (un synode) au prétexte d’évangéliser l’Amazonie, de contrer la progression des évangélistes et d’apporter la parole de Dieu aux indigènes. En fait, pour faire avancer deux propositions des franges les plus progressistes de l’Église, qui ne visent pas à répondre au cas particulier amazonien, mais à s’appliquer à toute l’Église.

En attendant l’exhortation pontificale du pape François avant la fin de l’année – qui, elle seule, aura une valeur en tant que document pontifical -, ce synode pour l’Amazonie s’est transformé en synode pour l’Église universelle : la forêt amazonienne a caché l’arbre de la réforme…

À lire aussi

Un « génocide vendéen » qui n’a pas eu lieu : si France Culture le dit…

L’article s’attribue la légitimité d’une enquête pour expliquer qu’une contre-histoire, in…