« J’ai raté une belle occasion de me taire » : c’est sans doute que se dit, aujourd’hui, un Jean- Blanquer qui s’était, de façon primesautière, paré des plumes du paon, après les belles victoires aux Jeux olympiques de la France en basket, handball et volley : « Saluons le travail des enseignants d’EPS et la bonne collaboration avec les fédérations », avait tweeté le ministre tenu par beaucoup pour le moins médiocre du troupeau. “And the winner is… l’Éducation nationale!”

Récupération devant laquelle plusieurs sportifs de haut niveau se sont sinon vissé la tempe du moins tapoté le menton avant de réagir… « Notre culture sportive à l’école est désastreuse », a ainsi taclé le basketteur Evan Fournier. « Si mes coéquipiers et moi-même sommes arrivés à l’élite de notre sport, c’est grâce aux associations sportives, aux clubs, aux bénévoles, mais en aucun cas grâce à l’école. » Confirmation par l’ancien rugbyman Maxime Mermoz : « Le sport à l’école ? On en fait au minimum à l’école ! Heureusement que des passionnés sont là en club… Des bénévoles qui donnent tout pour nos jeunes ! »

Il faut avoir à l’esprit que le sport, l’EPS scolaire et la pratique d’une activité physique régulière tout au long de la vie sont trois domaines à ne pas mettre dans le même sac.

Il est peut-être vrai qu’au mieux, et avec de la chance, l’EPS permet à certains de se découvrir une passion pour une discipline. Mais ensuite, ils n’atteindront un niveau d’excellence que grâce aux clubs, aux fédérations et à une myriade de bénévoles bien éloignés de la rue de Grenelle.

Au fait, le nombre d’heures consacrées à l’EPS est-il aussi déterminant qu’on le préjuge pour la d’une population ? Les USA, où quasiment la moitié de la présence scolaire est consacrée au sport, a un taux de surpoids et d’obésité des enfants et adolescents voisin de celui de France…

Et quand tant de nos bacheliers n’ont plus que des rudiments de culture générale, ont du mal à accorder un participe passé avec le verbe avoir ou à rendre la monnaie sans le secours d’une calculette, on peut aussi se demander si l’EPS, voire la musique ou le dessin, ne seraient pas avantageusement remplacés par l’enseignement du jeu d’échecs, optionnel ou même obligatoire comme c’est le cas dans plusieurs régions et pays du monde ?

Il est vrai qu’il faut aussi de la place pour l’écologisme, l’antiracisme, le vivrensemble et, bientôt, le wokisme, et que les journées n’ont que 24 heures…

10 août 2021

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