[POINT DE VUE] Les wokistes à la piscine : connaissez-vous le mansplashing ?
Les beaux jours sont durablement installés, désormais. La canicule est derrière nous, les jours sont encore assez longs pour d’interminables apéritifs, les après-midi se prêtent aux jeux de plein air… et puis, bien sûr, il y a la baignade, sous forme de piscine ou de bains de mer. Pour ceux qui n’ont pas l’heur d’habiter au bord de l’eau ou de disposer d’une piscine privée, les piscines municipales sont là. Et c’est justement à celles-ci qu’une sociologue, dont l’université de Genève relaient les travaux, a décidé de s’attaquer en compagnie d’un photographe.
Les hommes, espèce invasive et déplaisante
Cornelia Hummel – c’est le nom de cette dame - a publié un ouvrage accompagné d’images prises par un certain David Wagnières. Le titre dit assez bien à quoi s’attendre : La Piscine municipale. Ethnographie sensible d’un commun. On imagine assez bien Fabrice Luchini prononcer avec gourmandise chacune des syllabes de ce travail qui semble se vouloir très sérieux. Si des QR codes jalonnent le livre, pour permettre au lecteur de capter quelques extraits sonores de la vie dans ce « commun modeste », l’essentiel est dans les formules écrites.
Mme Hummel, qui s’est intéressée à la piscine de la Fontenette, à Carouge (en Suisse, donc), sépare les nageurs en deux catégories, avec la sûreté de jugement que donne seule l’expérience de la sociologie de terrain. D’abord, il y a les familles et les jeunes. Souvent encombrants et bruyants, mais finalement assez attachants, ces groupes, qui viennent le mercredi avec l’école ou le week-end avec les parents, obéissent à des règles très précises. Lisons : « Les jeunes testent leur audace et leur agilité au plongeoir ou traînent en groupes aux abords du grand bassin ; les plus petits barbotent dans la pataugeoire ou dans les bassins de moyenne profondeur. » Quelle surprise ! C’est important, de publier ce genre de travaux. Il faut que le public découvre ces vérités insoupçonnées.
Le second groupe se compose des habitués (ou plutôt, des habitué.es, pour le dire dans la novlangue graphique des sciences molles). Nageurs semi-professionnels et retraités ont leurs « spots » et se répartissent selon une hiérarchie tacite : « Les plus lent.es se tiennent à gauche, les plus véloces, tout à droite ». Ce microcosme, toutefois, ne serait pas complètement décrit si l’on n’abordait pas une espèce invasive et déplaisante : les hommes.
Ils frappent fort l’eau avec les mains...
Pour décrire le comportement de certains de ces messieurs, qui se croient tout permis, Mme Hummel invente, dans un néologisme féministe qui semble beaucoup amuser l’université de Genève, le « mansplashing ». Les « mansplashers » se caractérisent par « un crawl ample en frappant fort l’eau avec les mains, en milieu de couloir, tout droit et sûrs de leur bon droit, en dérangeant tout le monde sans y prêter la moindre attention ». Ce sont simplement des gens mal élevés, me direz-vous, mais il fallait absolument les désigner à la vindicte en tant que spécimens masculins : le mot « mansplashing » est calqué sur d’autres anglicismes, comme « manspreading » (pour qualifier ces hommes qui écartent largement les jambes quand ils sont assis dans les transports en commun), « mansplaining » (pour ceux qui prennent les femmes de haut dans les conversations en prétendant leur donner des leçons) ou encore « manterrupting » (pour désigner cette manière qu’ont certains hommes d’interrompre les femmes quand elles parlent).
Les hommes ont-ils le monopole de la mauvaise éducation ? Bien sûr. « All men », comme disent les féministes d’outre-Atlantique. Pas un mot sur les enfants qui courent et font du bruit, sur les vieilles dames qui bloquent les lignes d’eau ou sur les habitués qui ne libèrent jamais les transats. Décidément, on croit comprendre que les piscines, comme tous les espaces publics, seraient tellement mieux sans hommes. On en viendrait à une reproduction par parthénogénèse, loin de tous ces méchants mâles qui font du bruit, écartent leurs jambes ou nagent en faisant des gouttes. Le rêve.
On ne sait pas si cette étude est financée par le contribuable suisse. Chez nous, ce serait le cas, et on serait prié de s’extasier…
Bonnes vacances quand même !
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28 commentaires
Excellente remarque !
Et si en plus ces hommes sont blancs et pire blancs cathos, Français alors c’est pire…
Ces « personnes » (au sens « il n’y a personne »…) font partie de ces sectes ultra minoritaires, qui prennent de l’importance dès l’instant où on les évoque, où l’on parle d’eux.
Alors cessons de discuter de leurs divagations, et laissons les s’évaporer dans le vide sidéral auquel ils appartiennent. Parler d’eux, c’est leur donner l’importance qu’ils n’ont pas, mais dont ils s’empressent de s’approprier pour faire valoir leurs idéologies.
Oublions les !…
Le ridicules pourrait tuer, si l’on n’y prend gare ! Imaginons une dame, en train de se noyer, au milieu de la piscine ou à quelques dizaines de mètres du bord de mer. Cas de conscience ! vais je à son secours ? Cela ne sera t’il pas pris pour une forme insidieuse de patriarcat rétrograde ? Et si je plonge pour aller secourir la dame et que je l’enlace de façon réglementaire, façon secouriste bénévole et altruiste tout plein, de manière à la ramener au sec sans me prendre des coups provoqués par sa légitime panique ? Risquais je une plainte pour attouchements non consentis sur personne vulnérable ? Ou finalement, est ce que je passe mon tour, préférant me tourner sur ma serviette et ainsi tourner le dos aux possibles tracas judiciaires ? Après tout, l’homme étant l’égal de la femme (ou le contraire), il se trouvera bien une volontaire féminine pour aller secourir une semblable… Ou pas. Mais nous, les hommes de ma génération de « boomers », sommes d’incorrigibles rétrogrades qui n’hésiteront jamais à risquer l’hydrocution, pour une bonne action ;)
A ‘jean-luc06’ : Face à ce dilemme insupportable, le mieux est de s’éloigner à la nage, en catimini, en laissant derrière soi les dangers juridiques que soulèverait une telle intervention et en espérant un bouche à bouche salvateur d’une personne de même sexe. Là, il n’y aurait aucune ambiguïté. Enfin ! comme dirait Kipling, cela serait une autre histoire.
C’est notre Sandrine ROUSSEAU helvète, en sorte!
Il y a sciences très très très molles et des universitaires qui les ridiculisent….c’est le cas.
Au secours! Réveillez moi, je suis en plein cauchemar. Je rêve que je suis en France!…
Dring ! dring! dring ! Attention, la terminaison des mots en ‘ing’ passe. Encore une étude qui se noie dans la vélocité des phrases creuses en faisant croire à son sérieux et peu ou (Proust) toujours à la recherche du temps perdu.
Le man’s laugh, ils connaissent , ces précieux ridicules ?