Médias : Lecornu créera fin juillet une « Commission d’information du public » !
La manière dont vous êtes informé intéresse la macronie. Beaucoup. Bien plus apparemment que les OQTF qui courent librement dans nos frontières, bien davantage que la crise de la justice, la faillite financière, la désindustrialisation, le désastre migratoire ou la misère de l’agriculture hexagonale. Cette obsession partagée avec l’UE va déboucher sur un nouveau serrage de vis à la fin de ce mois de juillet.
Ce 8 juillet, le sénateur Horizons Claude Malhuret a posé une question au premier ministre Sébastien Lecornu. Question d’autant plus pertinente que les deux hommes ont discuté du sujet quelques jours auparavant, glissera Lecornu dans sa réponse ! Malhuret considère que face « aux relais de Poutine ou de MAGA, nous sommes désarmés ». Le sénateur de l’Allier s’inquiète pour la campagne présidentielle à venir. Mais Lecornu est prêt : il va mener la guerre informationnelle. Dans le viseur du Premier ministre, les fameuses « ingérences étrangères » : il n’y en a pas eu lors du vote en Nouvelle Calédonie où elles étaient redoutées assure Lecornu, mais on les a détectées lors de la campagne des municipales, sous forme de faux blogs et de calomnies sur la vie privée de certains candidats.
On le sait, le sujet est prioritaire pour le chef de l’État, marqué par les rumeurs sur son épouse. Il a transmis cette préoccupation à l’UE et donc aussi à son Premier ministre. La France se targue dans ce domaine d’une efficacité rare : au Sénat, Lecornu a vanté « la première démocratie européenne à mettre autant d’argent, de moyens et de jus de cerveau pour faire bouger les lignes ».
Une « Commission d’information du public » parallèle à l'Arcom
L’état macroniste va à nouveau serrer la vis. Lecornu évoque le triplement des peines encourues, un « délit de photomontage », un « référé anti-manipulation », des « lois européennes » et, last but not least, la mise sur pied d’une « Commission d’information du public », parallèle à l'Arcom, donc. Il a écrit en ce sens, dit-il, à toutes les formations politiques.
La liberté de l’information est à la base de la démocratie. On a coutume de dire qu’il ne faut toucher à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, si chèrement acquise, qu’en tremblant. Le pouvoir macroniste, lui, ne tremble pas.
Emmanuel Macron avait lui-même abordé le sujet en novembre 2025. Il allait « tout faire pour que soit mis en place un label » géré par des professionnels afin de séparer les organes d’information sérieux et dignes de confiance et les autres. « On va créer des mécanismes qui détectent et dénoncent les ingérences informationnelles », expliquait le président de la République.
En octobre 2025, Macron avait déjà expliqué sa position : « Nous avons eu l’immense naïveté de confier notre espace démocratique à des réseaux sociaux qui sont à la main soit de grands entrepreneurs américains, soit de grandes sociétés chinoises dont les intérêts ne sont pas du tout la survie ou le bon fonctionnement de notre démocratie », disait-il devant des dirigeants européens. « Si nous ne nous réveillons pas, nous serons un continent de complotistes », lançait-il.
César, déjà, luttait contre les fausses rumeurs
On pourrait plaisanter sur ce ministre de la Vérité, façon 1984 de Georges Orwell. Mais le sujet est sérieux… Bien sûr que les médias (comme les responsables politiques) peuvent tromper ou se tromper ! Il y a tant d’exemples. Bien sûr que les réseaux sociaux sont pleins de biais, de semi-vérités, de manipulations et d’erreurs. Bien sûr que cela peut avoir une influence sur l’opinion. On n’a du reste pas attendu les réseaux sociaux pour cela. Les adversaires de César à Rome répandaient de nombreux mensonges destinés à affaiblir son image : défaites, massacres, reculs… C’est ce qui incitera César lui-même, désireux de donner sa propre version des faits, à rédiger La Guerre des Gaules.
Mais une démocratie dont le pouvoir considère que l’électeur est manipulé et doit être mieux informé par des médias qu'elle désigne reste-t-elle une démocratie ? Quels principes directeurs dans ce jeu dangereux ? Quels garde-fous ? Quelle légitimité, quel casting et quelles règles pour la future « Commission d’information du public » ? Cette obsession du pouvoir à mettre les mains et les pieds dans le mélange si sensible de l’information devrait soulever les journalistes et les Français. Il n’en est rien.
C’est pourtant une constante : un état en faillite dans les domaines régaliens est tenté de consolider son pouvoir fragilisé sur le terrain de l’information. C’était bien la peine de faire la morale aux régimes « illibéraux ».
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40 commentaires
Quel sera le nom de cette commission ? Le « ministère de la Vérité » ?
Moi je verrais plutôt une confession qu’une commission..que la porte parole du gouvernement vienne nous échouer pourquoi nous sommes 99 ème pays au monde en matière de sécurité que nous sommes passés de 5eme pays les plus riches a ,au mieux 7eme, que nous ayons une ecole qui apprend le c.. aux gosses plutot que la lecture, qu’on autorise en encourage kes émeutes d’extteme gauche,et que mme macron publie une prise de sang » pour faire taire ceux qui auraient un doute,..Apres on verra s’il y a lieu de réunir des parasites et des feignants pour nous dire ce qu’on doit lire sur internet.et et surtout ce qu’on doit en penser…
Qu’il nous donne d’abord les tests anti-drogue faits à l’endroit des députés, des sénateurs et du personnel ayant accès au Parlement et à l’Elysée. Nous cacher les quelques premiers résultats c’est déjà supposément mentir