[CINEMA] Les Caprices de l’enfant roi, une pantalonnade dans l’air du temps
De nombreux scenarii reposent sur de bonnes idées mal exploitées. En atteste le dernier long-métrage en date de Michel Leclerc, Les Caprices de l’enfant roi, sorti en salles le 24 juin.
Depuis longtemps, semble-t-il, le réalisateur bien-pensant de Télé Gaucho, de La Lutte des classes et du Mélange des genres rêvait de tourner un film de cape et d’épée dans l’esprit de Philippe de Broca, de Gérard Oury ou de Jean-Paul Rappeneau. Du cinéma populaire selon son acception d’autrefois, avant que ce terme n’en vint à désigner exclusivement, à partir des années 90, les films marqués par l’américanisation culturelle (typiquement, ceux de Luc Besson) ou imprégnés de « l’humour Canal ».
Les Caprices de l’enfant roi avait surtout pour intérêt d’aborder une période peu exploitée au cinéma, celle de la Fronde, et de faire côtoyer le jeune Louis XIV, d’Artagnan, Cyrano de Bergerac et Molière.
Une histoire revisitée
Le récit s’inspire librement d’un épisode connu : après l’arrestation de Condé, en 1650, Mazarin ramena la Cour à Paris pour raffermir son autorité, mais le Parlement de la capitale exigeant son bannissement, le ministre se réfugia préventivement auprès de l’électeur de Cologne.
La reine de France, Anne d’Autriche, souhaita à son tour quitter la ville mais fut empêchée par les frondeurs au Palais-Royal. Et pour taire les rumeurs d’une fuite de Louis XIV, elle leur montra le jeune dauphin endormi, ou feignant de l’être… Une scène humiliante que le Roi-Soleil n’oublia jamais.
Là où le cinéaste prend des libertés avec l’Histoire, c’est qu’il imagine un sosie à la place de l’enfant royal, le véritable dauphin ayant été exfiltré en toute hâte par le célèbre Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan (!), incarné à l’écran par Franck Dubosc. Dans ce récit fictif, le plus vaillant des mousquetaires a confié le dauphin à son ami Savinien de Cyrano de Bergerac (Artus), qui le cache à présent au sein de la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et de Molière. Une manière originale, pour le cinéaste, d’imaginer l’éveil artistique du futur Roi-Soleil.
Dans l’ombre, cependant, s’active Marie-Louise d’Orléans, cousine de Louis, pour s’emparer du pouvoir et renverser l’ordre établi par Anne d’Autriche et Mazarin…
Que de dérision…
Calibré comme une pièce de boulevard, avec son humour de situation et ses quiproquos à n’en plus finir, Les Caprices de l’enfant roi a bien du mal, hélas, à renouveler le genre. Ses répliques, pour l’essentiel, ne font que jouer de l’anachronisme, du parler jeune et des allusions plus ou moins heureuses à la vie politique d’aujourd’hui – l’humour Canal dans toute sa splendeur.
Plus agaçant, encore, Michel Leclerc ne peut s’empêcher de tourner en dérision le moindre protagoniste, selon une lecture archi-convenue. Ainsi, le dauphin est forcément puant et capricieux, quand d’Artagnan, descendu bien bas, se révèle baratineur et prétentieux. Cyrano de Bergerac et Molière, quant à eux, entretiennent une relation plus qu’ambiguë, conforme aux attentes modernes de notre bourgeoisie haussmannienne…
Un film bien dispensable.
2 étoiles sur 5
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7 commentaires
Quel intérêt de voir un tel film si se dernier est caviardé et dévoyé par des préceptes bobos gauchisants.
Beh ils auraient pu ajouter de gaulle….
Un navet que j’éviterai.
À boycotter
Plaignez-vous !… La photo accompagnant l’article semble montrer qu’au moins le responsable du casting n’est pas allé ratisser dans la diversité, c’est déja une prouesse par les temps qui courent pour un film historique !
C est au moins ça !
L’enfant roi d’aujourd’hui c’est Hamza la douane!