Editoriaux - Polémiques - Politique - Société - Tribune - 18 octobre 2019

Soutien total à Julien Odoul

Dans « l’affaire » du voile islamique de l’accompagnatrice scolaire dans l’enceinte de l’assemblée régionale de Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul a eu deux fois raison. Oui, le port du voile islamique lors d’accompagnements scolaires, signe d’un affichage communautariste religieux, n’est pas tolérable, et oui, il y a entorse à la laïcité de le porter ostensiblement (plutôt que de le retirer) dans une enceinte de la représentation républicaine.

La plupart des commentateurs médiatiques islamo-compatibles ont essayé d’en remettre une couche après l’épisode Éric Zemmour. Julien Odoul ne joue pas le jeu des islamistes, comme a pu l’affirmer Sébastien Le Fol dans Le Point.

Il n’a fait, au contraire, que réagir à une provocation islamiste de cette femme qui avait parfaitement conscience de ce qu’elle faisait, même si rien ne le lui interdisait.

Car c’est bien comme cela que l’on fera évoluer la loi sur le voile en milieu scolaire. De plus, la présidente de l’assemblée régionale aurait très bien pu demander à cette femme de retirer son voile, compte tenu du trouble à l’ordre public qui était manifestement engendré par l’intervention opportune de Julien Odoul, conformément au règlement intérieur de cette assemblée. Le problème de fond est bien connu, mais personne n’ose le prendre à bras-le-corps.

Les islamistes ont investi le créneau de l’accompagnement scolaire abandonné par les Françaises prises sans doute par leur obligation de devoir travailler, afin d’y imposer le voile islamique interdit par la loi dans le milieu scolaire. Sortis par la porte, ils essayent de rentrer par la fenêtre. C’est comme pour le burkini et les horaires de piscine, etc.

Ne soyons pas naïfs, il s’agit bien d’un nouveau coup de boutoir des fréristes et salafistes de tous bords, et la République montre encore qu’elle est un ventre mou dans lequel on peut s’enfoncer. La classe politique est tétanisée par l’ampleur de la réforme à effectuer. C’est d’autant moins compréhensible que 66 % des Français sont favorables à l’interdiction du voile lors des sorties scolaires (sondage Le Figaro paru le 14 octobre 2019).

Ce qui est encore moins compréhensible est la retenue ou les demi-soutiens ou demi-reproches qui sont apparus dans le camp même de Julien Odoul, distinguant de manière factice entre le fond et la forme de son intervention. Du coup, c’est la droite classique, pourtant en phase de mort clinique, qui reprend le flambeau par l’intermédiaire d’une proposition de loi imminente sur l’interdiction du port du voile en accompagnement scolaire. Le grand mérite de Julien Odoul aura été d’avoir le courage de le dire haut et fort et de bousculer, ainsi, la classe politique qui s’avère, d’ailleurs, très divisée sur le sujet.

Mais il faut aller plus loin encore. En 2017, l’université d’Al-Azhar a définitivement statué sur le fait que ce n’était pas une obligation islamique (le verset 31 de la sourate XXIV est seulement un appel à la pudeur). Porter le voile a donc une signification politique de sécession, caractérisée par un refus du vivre ensemble mais à côté, une façon de montrer que l’on n’appartient pas à la communauté nationale mais à l’islam. Il serait temps de l’interdire dans l’espace public et collectif (entreprises, écoles, universités, enceintes républicaines) car les Français n’en peuvent plus, et d’interdire aussi les partis politiques communautaristes ou les listes électorales prônant le droit des « minorités nationales ». Il faut continuer à creuser le sillon tracé par Julien Odoul, qui a tout mon soutien personnel.

Ne nous y trompons pas, l’élection présidentielle de 2022, déjà en ligne de mire, se jouera sur les questions identitaires, communautaristes, islamistes et, bien sûr, l’immigration et l’insécurité qu’elle engendre. Celui ou celle qui se positionnera de manière très claire sur ces sujets prendra une longueur d’avance.

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