Singapour et les États-Unis misent sur la politique nataliste

Confrontés à l'hiver démographique, ces gouvernements prennent de vraies mesures financières pour soutenir les familles.
Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons
Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons

Ce n’est pas un scoop, la courbe de la natalité s’effondre, mettant en péril non seulement le renouvellement de la population, mais aussi les modèles socio-économiques. Et pendant qu’en France, on colmate tant bien que mal, à Singapour, où le taux de fécondité est tombé à un niveau extrêmement bas - à 0,87 enfant par femme - et aux États-Unis - où il est de 1,57 enfant par femme -, les politiques prennent le sujet à bras-le-corps.

À Singapour, un soutien financier dès la naissance

En août, le Premier ministre Lawrence Wong a profité de la fête nationale à Singapour pour annoncer le lancement d’un plan d’ampleur pour relancer la natalité dans la cité-État : « Nous voulons que chaque famille sache : si vous choisissez d’avoir des enfants, le gouvernement sera à vos côtés [...] Chaque enfant singapourien recevra près de 70.000 dollars singapouriens d'aide financière directe au cours de sa croissance », ce qui équivaut à 47.230 euros.

En plus d’un accès facilité pour les familles à un logement social, « dès sa naissance, chaque bébé recevra jusqu'à 25.000 dollars (16.870 euros), puis 2.000 dollars chaque année jusqu'à ses 16 ans. Enfin, 10.000 dollars (6.750 euros) lui seront versés à ses 17 ans pour financer ses études. Parallèlement, des congés supplémentaires seront accordés aux parents et les frais de garde seront réduits de 75 %. » On est loin du saupoudrage qu’envisage la France ! Il faut dire que, selon Courrier international, « Singapour, [...] devrait entrer officiellement cette année dans le cercle peu envié des sociétés "superâgées" – soit, selon l’ONU, les pays où plus de 20 % de la population est âgée de 65 ans et plus. Sans enfants, la proportion d’actifs disponibles pour subvenir aux besoins d’une population vieillissante croissante va diminuer drastiquement » et que ces mesures, bien que volontairement encourageantes, ne semblent pas avoir convaincu les Singapouriens susceptibles de fonder une famille. « L’avenir de Singapour ne sera solide que si les familles qui le bâtissent sont fortes », a pourtant assené le Premier ministre. Difficile de lui donner tort.

Aux États-Unis, une aide financière pour les parents au foyer

Le gouvernement de Donald Trump doit aussi faire face à un taux de fécondité n’atteignant pas du tout le seuil de renouvellement de la population (2,1 enfants par femme). Pour y remédier, « l'administration Trump, dirigée par J.D. Vance, prévoit de mettre en œuvre un programme d'aide à l'enfance pour les couples mariés, soutenant les familles à revenu unique avec des parents au foyer ». L’objectif est clair : soutenir financièrement les familles dont l’un des parents choisirait de rester à la maison pour s’occuper des enfants, plutôt que de payer une personne étrangère à la famille pour le faire.

Ainsi, explique le New York Times, « l'administration Trump élabore un plan pour verser des aides aux parents au foyer en puisant dans les fonds destinés aux parents qui travaillent ». Selon le média américain, « cette mesure envisagée, qui constitue une priorité politique majeure pour le vice-président J.D. Vance, ne concernerait que les couples mariés et s'appuierait sur un fonds destiné à fournir des subventions fédérales pour la garde d'enfants aux parents actifs ». Le vice-président américain n’a jamais caché ses ambitions concernant la politique familiale américaine et, venant d’accueillir son quatrième enfant, il a l’avantage de prêcher par l’exemple.

L'ombre rose et menaçante d'une politique nataliste ...

Ainsi, poursuit le New York Times, « les responsables envisagent d'utiliser un fonds du ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS) créé dans les années 1990 afin d'aider les parents à faibles revenus et issus de la classe ouvrière à financer la garde de leurs enfants, leur permettant ainsi de travailler ou de suivre une formation ». Grâce à ce programme, les parents pourraient recevoir environ 9.000 dollars par enfant et par an. « Il s'agirait de l'une des initiatives les plus marquantes, à ce jour, de l'administration Trump visant à mobiliser des fonds fédéraux pour promouvoir une conception traditionnelle de la famille », précise tout de même le journal américain : l’ombre rose et fleurie et néanmoins menaçante de la tradwife américaine n’est jamais loin !

On imagine sans mal les cris d’orfraie poussés par certaines féministes en France à l’annonce d’une telle mesure… C’était d’ailleurs, justement, à un média américain que Simone de Beauvoir expliquait qu’« aucune femme ne devrait être autorisée à rester chez elle pour élever ses enfants », expliquant, en effet, que « les femmes ne devraient pas avoir ce choix, précisément parce que si ce choix existe, trop de femmes vont le faire ». Alors, en attendant, en France, on réfléchit à comment mettre les hommes au turbin, et au nom d’une prétendue égalité homme-femme, on fait des calculs d’apothicaire pour réduire la retraite des parents de famille nombreuse.

Vos commentaires

12 commentaires

  1. Et bien oui, il n’y a pas 50 moyens ! La Chine après une politique anti filles l’applique, Poutine fait de même. Il n’y a que l’uerss pour faire le contraire et favoriser l’immigration.
    Décidément manu premier aura tout, tout détruit !

  2. « aucune femme ne devrait être autorisée à rester chez elle pour élever ses enfants », « les femmes ne devraient pas avoir ce choix, précisément parce que si ce choix existe, trop de femmes vont le faire ». C’est pourtant la position naturelle ! deBeauvoir était aussi idiote que les Rousseau/Tondelier de maintenant. Ma compagne et moi avons fait ce choix (anti-Beauvoir) avec 3 enfants et 5 petits-enfants(pour l’instant), et si c’était à refaire, nous referions la même chose.

  3. Et il y a 20 ans, des personnes manifestaient pour « donner » un salaire à la femme au foyer…Aujourd’hui, il faut mettre son (ses) enfant à la garderie, dans le périscolaire (payé par nos impôts) pour qu’ils soient agressés. Je ne suis pas du tout sur qu’on y ait gagné quelque chose, d’autant plus qu’après il faut retrouver l’agresseur, le présenter devant un juge et s’il est coupable l’enfermer…alors qu’il n’y a pas assez de places…Pour quelques « affranchies » combien de malheureux? le souci du bien commun…

  4. A tout ceux qui pensent qu’on ne fait pas d’enfants par manque de moyens, peuvent-ils m’expliquer pourquoi l’Afrique est le continent avec la croissance démographique la plus élevée à contrario des pays les plus riches ?
    Si c’est à cause de la guerre ou de l’incertitude en l’avenir, expliquez-moi la courbe démographique de l’Iran et de l’Irak pendant que ces 2 pays se battaient à coup de gaz neurotoxique.
    Egocentrisme, nihilisme, hédonisme, matérialisme, les voilà les raisons endogènes. Pour les exogènes, la baisse de la fertilité peut aussi s’expliquer par les perturbateurs endocriniens dont certains sont injectables.

  5. Singapour, ville propre ( donc très différente de Paris…) , ville où on se promène en sécurité
    ( donc…) , est une ville plus que chère pour un français moyen .
    Mais il ne faut pas penser qu’il n’y a que les quartiers que nous , les touristes fréquentons…
    Singapour est une île assez vaste , ce qui fait qu’en s’éloignant des beaux quartiers, vous trouvez des logements à des prix presque abordables pour nous …avec un métro super moderne , nickel et une population bien élevée…

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