[MÉDIAS] La critique de l’islam interdite dans Libération ?

Jean Quatremer révèle les coulisses du quotidien de gauche, l'accusant de ménager l’islam.
Capture d'écran YT Mosaïque
Capture d'écran YT Mosaïque

Les polémiques s’enchaînent, à Libération. Déjà accusé de diffuser de fausses informations sur Gaza ou le Rassemblement national, le quotidien de gauche est désormais mis en cause par l’un de ses journalistes historiques. Dans une interview publiée le 1er septembre sur la chaîne YouTube Mosaïque, Jean Quatremer dévoile les coulisses de la rédaction parisienne et affirme qu’une règle implicite s’y serait installée : l’islam ne pourrait pas être critiqué. « Vous pouvez dire tout ce que vous voulez sur le pape. Vous pouvez le traiter de pédophile, vous pouvez y aller à fond la caisse. Les chrétiens, vous pouvez les traîner dans la boue, vraiment, affirme-t-il. Il y a "no limit" sur les chrétiens, les bouddhistes, les hindouistes… vous pouvez y aller, c’est gratuit ! Mais alors, dès que vous commencez à critiquer l’islam, c’est impossible ! »

Jean Quatremer en fournit un exemple concret. « Je n’ai jamais été censuré à Libération, les papiers que j’ai écrits sont toujours passés. Il y a un papier qui n’est pas passé : c’est le portrait qui m’a été commandé, par le journal, de Ferghane Azihari, qui est un musulman qui a renoncé à sa religion et qui a écrit un livre qui s’appelle L’Islam contre la modernité (La Cité). » Le journaliste évoque un papier « plutôt plat », mais mal vu car consacré à un jeune homme sorti de « la victimologie », sorti de l’islam et qui ose critiquer « ce qui est devenu la nouvelle vache sacrée de cette gauche radicale ».

Un témoignage de l’intérieur

Le contexte donne du poids à cette prise de parole. Entré à Libération en 1984, Jean Quatremer a officiellement quitté le quotidien le 29 juillet 2026, après plusieurs mois de tensions avec une partie de la rédaction. Le journaliste estimait que « l’islamo-gauchisme et le wokisme ont gagné » et que les tensions s’étaient particulièrement accentuées après le 7 octobre. Dans sa lettre de départ, il expliquait appartenir à une gauche sociale-démocrate combattant « l’obscurantisme religieux quel qu’il soit » et dénonçait une gauche mélenchonisée craignant plus que tout « d’être accusée "d’islamophobie" ». Jean Quatremer lui reprochait de tolérer certains « discours homophobe, misogyne, transphobe, anti-laïcité, anti-liberté d’expression ».

Ferghane Azihari [qui se fait appeler Stéphane, désormais, NDLR], lui, se situe à l’opposé de cette mouvance islamophile. En février 2026, BV l’avait reçu pour évoquer son ouvrage, dans lequel il interroge frontalement les rapports entre islam, liberté, démocratie ou encore condition féminine. Ce dimanche 6 septembre, le jeune essayiste a d’ailleurs tenu à remercier l’ex-plume de Libération, sur X. « Je suis très reconnaissant à Jean Quatremer d'avoir essayé de rendre compte de mon travail dans les colonnes de son ancien journal. Je reste persuadé que la presse dite progressiste finira un jour par s'apercevoir que la superstition mahométane est la première menace qui pèse sur ses idéaux. »

Un traitement partisan ?

Le témoignage de Jean Quatremer pose la question de la ligne éditoriale qui règne à Libération et la manière dont sont traités les sujets liés à l'islam. Même lors d’attentats djihadistes sanglants, la religion se voit souvent reléguée au second plan, alors que l’idéologie islamiste constitue précisément la raison première de ces passages à l’acte. Dans un article consacré à l’attentat d’Apt, début 2025, BV relevait ainsi que Libération avait, comme plusieurs autres médias, choisi de mettre en avant les « antécédents psychiatriques » de Mehdi B., occultant ainsi les motivations religieuses que le terroriste avait lui-même pourtant revendiquées à plein poumon.

Comme l’affirme Jean Quatremer, le traitement journalistique n’est pas le même concernant les autres religions. Ainsi, le seul État juif du monde est régulièrement conspué par le quotidien parisien, tandis qu'il peut se montrer parfois plus mesuré à l'égard du régime islamiste iranien. Ce traitement à géométrie variable se retrouve également dans la manière dont le journal aborde les croyants en France. Il avait culminé sous la plume de Laurent Joffrin en 2014, dans un éditorial qui sermonnait la « communauté juive » tout en épargnant la communauté musulmane qui, disait le journaliste, « n’en est pas vraiment une ».

Le regard du journal sur les chrétiens de France et d’ailleurs s’avère tout aussi critique. Libération n’a pas son pareil pour dénoncer les « catholiques réactionnaires » et le « nationalisme chrétien ». Il ne s’épargne aucun effort pour enquêter sur les mouvements évangéliques américains, le « catholicisme identitaire » ou encore les violences sexuelles dans l’Église. Comme on aimerait qu’il en soit de même pour le suprémacisme musulman, l’islam identitaire ou encore la violence sexiste du hijab ! Mais ce serait s’en prendre à la « nouvelle vache sacrée » de cette gauche occidentale, toujours prête à cracher sur ses racines judéo-chrétiennes et à épargner la figure de l’étranger…

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Vous pouvez vous émouvoir sur le sort du gauchiste Quatremer. Pas moi. Pas des millions d’électeurs du RN qui subissent quotidiennement les insultes de ce  » pseudo journaliste ‘ bien installé au parlement Européen. Quant au  » torchon de propagande  » Libération, il est lu par les gauchistes bien-sûr mais aussi par les droitards mous, genre Retailleau et ses affidés…qui lisent le Figaro…

  2. Libération fait tout pour se couler tout seul. La fin est proche, on peut préparer les cierges et les gerbes de fleurs. Pas besoin de prêtre pour la cérémonie d’inhumation….cela les ferait mourir une seconde fois.

  3. Lorsque ce torchon de propagande n’aura plus de subventions public ( mon fric, notre fric ) il coulera tout seul au fin fond de ce que vous voulez, à vous de choisir le ou les fonds !

  4. Ne pas lire libération, c’est tout. Ils font ce qu’ils veulent avec leur torchon, je n’y adhère pas, je boycotte…

    • Moi aussi mais hélas ce torchon est payé par nos impôts, il faut donc fermer le robinet comme pour tout média papier, qu’ils se débrouillent

  5. C’est oublier bien vite le fameux (fumeux ?) Pacte de Marrakech « pour des
    migrations sûres, ordonnées et régulières » (ONU 2018) qui impose désormais aux médias d’Etat de ne pratiquer « aucune forme de discrimination envers les migrants », et donc envers l’islam, sous peine, notamment, de se voir couper toutes subventions ! (Objectif 17. c) du Pacte de Marrakech)

    • Je n’ai pas signé pour ce pacte donc pas concernée, j’avais dit non au référendum de 2005 je ne retiens que ça

  6. Dans le même esprit, il faut souligner les réticences – c’est le moins qu’on puisse dire – de certains éditeurs à fournir des livres qu’ils ont pourtant publiés mais qu’ils jugent politiquement incorrects. Cela fait ainsi plusieurs mois que j’attends toujours de tels ouvrages, dont j’ai oublié le titre tellement il y a longtemps que je les ai commandés ! Ils parlent d’islam et de (fausse) écologie pour l’essentiel.

  7. Inadmissible de financer la presse !!Qu’elle se débrouille comme toute entreprise !! Je ne vois pas pourquoi je participerais indirectement au financement d’un journal politisé et sectaire !!

  8. Ce n’est pas une nouveauté, couper le robinet des subventions serait un bon moyen de se débarrasser de ce média, comme tant d’autres de cette idéologie, car vu le nombre de leur lecteurs qui fait pitié, ils feraient faillite vite fait

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