Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 1 novembre 2019

Sébastien Meurant : « Dans le 93, ce n’est pas avec l’argent qu’on règle les problèmes, mais en faisant respecter l’ordre républicain »

A la suite du plan banlieue, spécifique au département de la Seine-Saint-Denis, Boulevard Voltaire a recueilli la réaction et les explications de Sébastien Meurant.

Par ailleurs, il évoque également l’affaire Moussa Ouarouss, député suppléant LREM des Yvelines mis en examen pour importation, transport et détention de stupéfiants.

Moussa Ouarouss, député suppléant dans les Yvelines, a été mis en examen pour trafic de stupéfiants entre la France et le Maroc. Quelle est votre réaction ?

Il faudrait, bien sûr, vérifier le fondement de cette information. Mais c’est évidemment un échec de la majorité en place. Je rappelle que l’ambition du Président était de moraliser la vie politique. On voit bien que c’est très difficile. Plus les mois passent, plus cette majorité est confrontée à des problèmes graves. Même si cette personne est encore présumée innocente, on parle ici d’une mise en examen pour un trafic de drogue international. Les charges paraissent très lourdes contre lui.
On l’a vu parader récemment avec le Premier ministre, le ministre de la Justice et même le président de la République. Il était virtuellement candidat en tête de liste à Reims. On peut quand même se dire que la situation est grave !
En plus, ce n’est pas le premier. Un autre a été mis en examen pour violence volontaire avec arme. Un autre a été poursuivi pour avoir mordu une personne. Certains ministres mis en examen ont démissionné, comme François Bayrou. Marielle de Sarnez ou encore Sylvie Goulard. Richard Ferrand, lui, est toujours à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas très cohérent et cela ne donne pas le bon exemple.
Tout cela est inquiétant, dans la mesure où la nouvelle génération politique fait bien pire que leurs prédécesseurs. Ce Président est donc mis en échec.

Édouard Philippe s’est rendu dans le 93 et a fait beaucoup de promesses et notamment beaucoup plus d’argent, alors que des milliards ont déjà été déversés dans ce département pour un résultat discutable. Comment avez-vous accueilli les propos d’Édouard Philippe ?

C’est un pur scandale. Un rapport parlementaire est sorti, l’année dernière, à ce sujet. J’aimerais savoir si le Premier ministre a lu ce rapport. Il souligne que le département du 93 est un département riche. C’est le 3e département en termes de collecte de TVA. Le problème n’est donc pas l’argent. Dans le cadre du Grand Paris, des dizaines de milliards d’investissements y sont déversés, avec des gares, des voies de chemin de fer et des métros. Le prix de l’immobilier explose.
Le problème est d’abord humain. Le 93 est la porte d’entrée d’un bon nombre de malheureux qui viennent du tiers-monde. La loi de la République ne s’applique évidemment pas dans certains quartiers. Certains quartiers sont des territoires oubliés, tout simplement parce que l’État n’y fait pas respecter la loi. Ce n’est donc pas un problème d’argent, mais de volonté d’y faire régner l’ordre et la justice. Tous ceux qui sont élus dans le 93 depuis plusieurs années savent où est le problème. Il suffit d’interroger des fonctionnaires qui se trouvent démunis face à des comportements délictuels ou d’incivilités répétées. Le problème est que la loi de la République ne s’applique pas partout. Pour améliorer la situation, il faut faire appliquer l’ordre républicain. Une fois de plus, on va essayer d’acheter la paix sociale. Or, ce n’est pas durable. Ce n’est pas avec l’argent qu’on règle les problèmes, mais avec la loi et la justice. Édouard Philippe se trompe.
De plus, d’autres départements subissent cette politique. C’est notamment le cas du Val-d’Oise. Ce département vient, par exemple, de perdre un stand de tir pour les Jeux olympiques. Où va-t-il, ce stand, à votre avis ? Évidemment, dans le 93 ! Le 93 capte beaucoup, et à mon avis beaucoup trop, de fonds de l’État. C’est au détriment d’autres territoires. Je parle du 95, mais cela concerne aussi les territoires ruraux ou éloignés de Paris ou des grandes métropoles, les territoires des gilets jaunes.

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