Se moquer du Christ et parodier la Cène : comique de répétition, chez Quotidien ?

Louis Cattelat, nouveau prodige de l'humour politiquement correct et de la transgression conventionnelle.
Capture d'écran X
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Invité de Quotidien, le 24 avril dernier, pour présenter notamment son nouveau single Beaucoup, le chanteur Bilal Hassani s’est vu comparé à Jésus. Il est le prétexte d'une nouvelle occasion de tourner en dérision la foi chrétienne, sous couvert d'humour. Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment : l’émission de Yann Barthès a depuis longtemps défini ses boucs émissaires et ses vaches sacrées.

Boucs émissaires et vaches sacrées

Bilal Hassani en est une. Il faut dire que le chanteur est à la fois un représentant de la communauté LGBT, celui que la France a choisi pour la représenter à l’Eurovision en 2019, et un fervent défenseur de la diversité. Autrement dit, il est muni de tous les sacrements chers à l’audiovisuel et au show-biz. De là à le comparer à Jésus, il y a plus qu’un gouffre, mais chez Quotidien, on ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. « Racisé, queer et flamboyant », Louis Cattelat ne s’y trompe pas et rend au chanteur le culte qui lui est dû. « Arabe, fédérateur et pas le dernier pour sortir en robe, nous recevons Jésus, Bilal, pardon ! » Le plateau s’esclaffe : l’humoriste explique les « confond[re] souvent parce que tout le monde les connaît et qu’[il] se balade avec une bande de fidèles compagnons ». « Je me permets de commencer la chronique avec un blasphème : de toute façon, l’extrême droite va nous tomber dessus quoi qu’il arrive. Bilal, dès que vous bougez un ongle, les fachos montent au créneau », poursuit-il, en ajoutant que « l’extrême droite a ses fixettes ».

L'ode ne s'arrête pas là : « J’admire votre capacité à créer malgré les attaques de la fachosphère », complimente-t-il encore, puisque rien n’est trop élogieux pour encenser le chanteur, quitte à sombrer dans le ridicule. Évidemment, il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin et les plaisanteries douteuse s'enchaînent sur les scandales pédophiles dans l’Église, sur l'affaire Bétharram et sur l’extrême droite qui s’en accommoderait, pourvu que Bilal Hassani ne se produise pas dans une église désacralisée. On ne pourra pas lui faire ce reproche : Louis Cattelat montre une habileté certaine dans l’enchaînement des poncifs.

Du comique de répétition ?

En revanche, pour l’originalité, on repassera. Les « humoristes » de Quotidien n’ont rien à envier à ceux de France Inter : du pareil au même, bonnet blanc et blanc bonnet. Même humour convenu et même posture faussement transgressive tirant à boulets rouges sur des cibles définies au préalable par la bien-pensance et le politiquement correct. D’ailleurs, Louis Cattelat avait profité d’un éloge dithyrambique sur la radio du service public qui vantait « son écriture ciselée et son mordant » ou encore son « humour décalé [qui ferait] de lui, aujourd'hui, un représentant d'une nouvelle génération d'humoristes qui bouscule les conventions ». Manifestement, il demeure plus facile et moins risqué de bousculer les conventions du siècle dernier voire celles du précédent millénaire. La plaisanterie est éculée : moquer la Cène, cela a déjà été fait en mondovision, mais peut-être faut-il y voir un comique de répétition ?

Niveau 0 de la prise de risque

C'est qu'à gauche, la transgression se doit d'être conventionnelle et l'humoriste de Quotidien semble l'avoir bien compris, puisqu'« avec ses lunettes arrondies et sa tête de bébé, Louis Cattelat est le nouveau chouchou de l’humour français », explique Moka Mag. D’ailleurs, Libération fait aussi de la publicité pour son spectacle et admire la « fulgurance des sorties de Louis Cattelat ». Nouvelle coqueluche de la gauche, Louis Cattelat en applique tous les codes. L’Humanité non plus ne tarit pas d’éloges à son égard, voit en lui « une version queer et masculine de Blanche Gardin ». C'est d'ailleurs auprès de ce média qu'il confesse : « Je ne dirais pas que j’aime choquer. Mais il y a un truc délicieux dans le blasphème. »

Effectivement, mais s’il s’en délecte, c’est parce qu’il sait de qui il est politiquement correct de se moquer et qu'il ne risque pas grand-chose puisque, comme le dit l’humoriste vraiment transgressif Gaspard Proust, « un chrétien intégriste qui applique le Nouveau Testament à la lettre, c’est un mec qui se met à embrasser tout le monde dans la rue ».

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Louis Cattelat ne prend aucun risque : il est un sommet de l’idéologiquement correct. Il ne se risquera pas à faire de « l’humour » à propos de l’Islam ou des « Lumières »

  2. Heureux les simples d’esprit, le paradis leur est ouvert…que ces gens doivent être mal dans leur peau pour en arriver à ce niveau de stupidité.

  3. Quel courage! S’attaquer aux chrétiens quant on sait que le risque tend vers le zéro. Aucune chance de voir un nouveau Charlie. Ces comiques sans talent ne font plus rire que la caste gauchiste .

  4. Il me semble que le propos se voulait drôle et blasphématoire. Personnellement je ne le trouve ni l’un ni l’autre.
    Un chrétien peut s’offusquer de ce manque d’humour. En revanche il y avait un sentiment d’amour envers à Bilal et le comparer à Jésus était pour en dire du bien.

    • Se moquer ce peut être bien mais à condition que cela soit drôle. Je ne suis pas certain que les auditeurs de quotidien trouve vraiment ces moqueries drôles, sauf à imaginer la tête des fachos qui réagiront.
      Boulevard Voltaire perdrait moins de temps à réagir sur les propos tenus dans nos médias considérés comme blasphème par des musulmans.

  5. Heureusement que la  » fachosphère » existe, sinon de quoi parleraient ils, ces « humoristes « ?

  6. Les prochains sketches se moqueront peut être de l’islam.. Bilal, c’est bien un nom venu de cette religion. Quant à Barthès, c’est le mépris incarné, assis sur ses liasses de billets versés par les Français.

  7. « J’admire votre capacité à créer malgré les attaques de la fachosphère »
    Donc ces gens créent ? ! …
    3Ca » a échappé à beaucoup de français ! …
    Ceux qui prétendent « créer » le feraient VRAIMENT s’ils n’étaient sous perfusion de nos impôts car ils seraient obligés d’être efficaces et « productifs » pour de vrai ! …

  8. Ces pseudos comiques, savent pertinemment qu’ils ne perdront pas la tête en se payant celle des chrétiens….

  9. Tiens, je mets au défit toute cette clique qui se prennent pour des humoristes , de faire à l’encontre de la religion islamique, le quart de la moitié de ce qu’ils croient être transgressif contre la religion catholique. Mais peut-être, avec la lâcheté qui les caractérise, qu’ils ne craignent que leur tête ne tienne qu’à un fil?

  10. Ils se croient subversifs alors qu’ils ne sont que les serviteurs d’un système intolérant et totalitaire. Qu’est-ce qu’ils sont archaïques, couards. C’est tellement convenu et sans risque de dénigrer la religion chrétienne qu’ils en sont pathétiques de conformisme. Dénigrer un chrétien signifie aussi dénigrer tous les croyants du monde. Les musulmans sont également visés mais là, il n’y en aura pas un pour l’assumer. Respect à tous les croyants du monde et de toutes les religions.

  11. Avec si peu d’imagination, ils ne peuvent pas vraiment se renouveler…

    Il ne faut pas leur demander l’impossible.

  12. Cette coterie est totalement hors sol, son horizon s’arrête au périph s’en fréquenter toutefois les arrondissements où la diversité qu’elle encense prospère.
    Louis Cattelat travaille au Bureau des Auteurs de Canal+ donc au sein des « média Bolloré »…
    Barthès le chevalier blanc (si on peut encore dire ça) voit lui aussi des « fachos » partout (= opinion divergente ou critique) et reprend le discours de LFI.

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