[SANTÉ] Où situer l’intelligence artificielle, en médecine ?
Aujourd’hui, l'intelligence artificielle (IA) est largement utilisée dans de nombreux domaines, souvent même à notre insu. En médecine, elle occupe une place de plus en plus importante, tout particulièrement en radiologie et en dermatologie, où elle permet l'analyse d'images de manière très précise en faisant appel à une infinité de références, ce qui permet parfois une détection précoce de maladies comme certains cancers - ce qui est indiscutablement une avancée thérapeutique. L'utilisation de l'intelligence artificielle peut aussi permettre des interventions chirurgicales plus précises que si elles étaient pratiquées par la main humaine, nous affirment ceux qui prônent son développement.
Déshumanisation ?
Mais la relation médecin-malade ne repose pas uniquement sur la lecture des symptômes que décrit ce dernier, car ils sont forcément subjectifs, et le patient peut avoir tendance à en valoriser certains au détriment d'autres, qui peuvent être importants pour le médecin mais qu'il omet de préciser. De même, le médecin devra connaître l'environnement du patient sur le plan familial, professionnel ou social afin de mieux cerner sa pathologie et pouvoir en tirer une proposition thérapeutique acceptable par le malade. La machine saura-t-elle en tenir compte ?
Pour l'instant, la machine ne pratique pas l'examen physique du patient, qui est un acte essentiel dans la relation médecin-malade en vue de l'établissement d'un diagnostic et d'une thérapeutique, car il ne suffit pas de savoir lire des chiffres ou une imagerie pour affirmer un diagnostic. En médecine, 2 + 2 font rarement 4 mais plutôt 3,99 ou 4,01 ; 4 n'est qu'une valeur statistique moyenne, car tous les organismes ne réagissent pas de la même manière en fonction de leur génétique et de leur environnement. Certes, l'intelligence artificielle peut sans doute assez facilement remplacer les téléconsultations qui ont été mises en place après le Covid-19 afin de pouvoir faire face à une demande que les médecins ne pouvaient assumer en consultation traditionnelle, mais on connaît maintenant les limites de cet acte médical qui ne peut se borner qu’à des conseils ou à des renouvellements d'ordonnance. L'intelligence artificielle ne peut pas faire mieux, car il lui manque cet élément essentiel qui est l'examen physique du malade. Sans cet examen, l'acte médical est incomplet.
On peut donc se poser la question de savoir s'il faut orienter les recherches faites sur l'intelligence artificielle vers ce type de prestation ou, au contraire, limiter l’IA à son rôle de fournisseur de données et conserver à l'être humain la relation physique entre un soignant et un soigné.
Des patients qui établissent eux-mêmes leur diagnostic
Il faut aussi noter les effets pervers de l'usage de l'intelligence artificielle en médecine. On commence à rencontrer des malades qui viennent consulter non pas pour des symptômes ou une pathologie mais pour faire valider par le médecin le diagnostic qu'ils ont eux-mêmes établi en s'appuyant sur les réponses d'un serveur d'intelligence artificielle, et se faire prescrire l’ordonnance suggérée.
Les médecins sauront-ils définir des domaines de compétences précis afin de cantonner l'intelligence artificielle dans son rôle d'outil et non de décideur ? Même si, pour certains d'entre eux, la tentation est forte de se reposer sur ce fabuleux outil pour ne pas avoir à endosser la responsabilité d'un diagnostic et d'un traitement. Mais en se reposant sur des arbres décisionnels préétablis, dans lesquels l'intelligence artificielle est supérieure à eux, ils perdront le contrôle de leur art et de leur pratique, alors qu’un des grands défis qui se pose aujourd'hui à l'intelligence humaine est celui de savoir comment faire pour qu'un outil, aussi formidable soit-il, ne reste qu’un outil et ne devienne pas un maître.
"Aujourd'hui, il faut expliquer aux patients pourquoi leur diagnostic Chat GPT est faux"
Il a commencé sa première vie en exerçant comme médecin puis il y a sa seconde vie où il est devenu le médecin de tous les Français : « Le magazine de la santé », « Allô Docteur », «… pic.twitter.com/h5qJfef8Wl
— Public Sénat (@publicsenat) April 25, 2026
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44 commentaires
L’examen physique par le médecin est en perte totale de vitesse. Les médecins ne savent plus le faire et ne font plus guère que prescrire des examens dit « complémentaires » mais en réalité tendant purement et simplement à remplacer cet examen.
Désormais un « bon médecin » sera celui capable de faire travailler au mieux l’IA. Des patients intelligents pourront avec l’IA aisément dépasser les compétences médicales de médecins ne maîtrisent pas la bonne utilisation de l’IA.
Il y a plusieurs IA. Certaines meilleures que d’autres. Certaines excellentes en médecine, bien meilleures que nos médecins ne le seront jamais. Elles sont disponibles, pas regardantes sur le temps passé à l’anamnèse, elles ont une mémoire infaillible, couvrent toutes les spécialités et donc peuvent pratiquer une médecine holistique. ET, elles peuvent être dotées d’une empathie rare, qui même forcément simulée (mais l’humaine est-elle tjs sincère ?) n’en reste pas moins une parenthèse agréable. Donc, s’en inquiéter ? Non, sauf si l’homme y pose une empreinte malveillante. C’est d’ailleurs tout le pb de l’humain. En fait, les deux gagneraient à travailler ensemble. Là, nous parlons des médecins de ville, mais le reste de la médecine en fait déjà un usage immodéré à tous les niveaux. L’IA ne prescrit pas, d’où ce besoin des patients de se tourner ensuite vers leur médecin. Si l’IA prenait en charge certaines tâches des médecins, ils auraient alors peut-être un peu plus de temps pour vraiment s’occuper de leurs patients. Bref, plutôt qu’une franche opposition, je préférerais une franche collaboration !
La prédiction était juste : demain ce seront les hommes qui obéiront aux macines .
Bien sûr que L’IA n’est pas infaillible, le sera-t-elle un jour ? Bien sûr qu’elle va bouleverser notre manière de vivre, surtout de travailler, bien sûr qu’elle en effraie certains, mais l’humain, et pas uniquement en médecine, l’est-il vraiment lui-même fiable ? Combien de traitements erronés, d’erreurs de diagnostic dans tous les domaines ? Cette technologie est balbutiante, elle ne repose que sur l’ensemble des savoirs. Dans le premier tiers du XIXᵉ siècle, lorsque les premières lignes de train furent mises en service, certaines personnes ne voulurent pas monter de peur que la vitesse ne leur permette pas de respirer, et que dire en ce jour anniversaire du premier vol d’une montgolfière le 4 juin 1783, voilà exactement 243 ans. Comme le chantait en son temps et dans un autre domaine cet anarchiste de salon que fut Léo Ferré, « les gens qui pensent en rond ont les idées courbes ». Et aujourd’hui au plus haut niveau on en a un certain nombre, de derviches tourneurs.
Je ne suis pas consommatrice de l’I.A., loin de là. Mais je dois reconnaître que, là où des médecins ou vétérinaires échouent à faire le bon diagnostic, l’I.A. s’en sort beaucoup mieux. J’en ai été témoin.
D’autant plus que la compétence clinique des médecins est en chute libre. Ils se reposent sur des examens complémentaires plus ou moins bien faits, souvent demander abusivement , et dont ils sont incapables de juger de la qualité.
L’homme est le seul animal sans prédateur qui s’en invente pour se détruire.
Les progrès techniques, très bien mais où est la relation humaine ? Je ne nie pas ce que peut nous apporter l’IA mais reste une machine froide, je constate surtout que nous avons de moins en moins de contact pour des RDV, des démarches à faire, obtenir des renseignements tout est devenu virtuel.
Mon médecin qui pratiquait à l’ancienne parti à la retraite, tout RDV se passe par « doctolib » impossible d’avoir le n° du cabinet médical, les banques idem, les sites c’est les fameuses « FAQ », insupportables, les caisses automatiques dans certains supermarchés etc ! Nous vivons dans une société qui se virtualise de plus en plus, ce n’est pas un monde qui me fait rêver ! je reconnais les bienfaits d’internet utilisé à bon escient qui devient le quatrième pouvoir d’où l’affolement de nos gauchistes et autres
Docteur, vous auriez dû vous indigner lorsque la télé consultation a été considérée comme un acte médical normal. L’utilisation de l’IA par les patients n’est que la suite logique à cette dérive déontologique.
J’ai la chance de pouvoir encore consulter un médecin généraliste qui travaille à l’ancienne mais ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.
Il faudrait se mettre d’accord sur la signification exacte du mot intelligence.
(Bien entendu, je ne je ne prends pas celle des élus LFI comme référence.
Comme notre IA française est une traduction de l’AI américaine, je m’interroge.
La CIA, Centrale Intelligence Agency, n’est pas l’Agence Centrale d’Intelligence mais bien l’Agence Centrale de Renseignement .
Cleaver or not cleaver, that is the question…
ce que ce médecin est méprisant pour les femmes! pontifiant et sûr de lui. J’ai l’expérience inverse: j’arrive avec mes symptômes, pas de question du médecin, il fouille son ordi et me tends une ordonnance. Quant aux effets indésirables des médocs, pour lui, ça n’existe pas, c’est son ordi qui a la vérité ‘construite sur des stats, comme son apprentissage à lui. Ne sortez pas de la moyenne!
L’examen, pourrait faire l’objet d’un vaste débat! J’apprécie beaucoup ma généraliste que je vois tous les 3 mois (cholestérol, hypertension…). Pour autant cet examen trimestriel me laisse rêveur: 10 minutes pour renouveler une ordonnance de 3 médicaments; on prend les mêmes et on recommence. Bien qu’elle soit très professionnelle, très agréable et très courtoise, je trouve que nos rendez-vous manquent d’humanité, au sens le plus noble du terme.
Renouveler une ordonnance tous les 3 mois est souvent abusif. Les consultations « systématiques » sont un fléau. Il n’ y a plus de temps pour les consultations vraiment utiles.
Les médecins craignent surtout d’être bientôt dépassés. Je me suis aidée du copilote de mon ordinateur qui a fait un diagnostic pour mon chien et, figurez-vous, le véto n’a rien dit de différent.
Donc l’IA n’a rien apporté?
Elle a apporté la preuve qu’elle pouvait faire aussi bien que le vétérinaire. Et pourra le remplacer. Ce dernier pourra réserver son temps aux cas plus complexes et pour les personnes incapables d’utiliser l’IA pour leur diagnostic.
La photo d’illustration de cette article fait « envie à QUI » ? …
Les « vieux » encadrés par des « R2-D2 » ? …
Le choix de quelle seringue sera prise selon que l’on soit capable de faire « la révision » des machins ? ! …
« Soleil vert » en marche ! ? … for sure ! …
Et ça continuera avec l’euthanasie
Une chance sur deux que l’auto-examen par IA puisse indiquer une affection, l’autre que ce soit farfelu; dans les deux cas ça indique le besoin de soigner l’hypocondrie.
« Il est comme un fils pour moi, mais, malheureusement, il n’est pas humain… il ne va ni vieillir, ni mourir ; cela étant, il ne peut jamais apprécier ces bienfaits à leur juste valeur ; pour cela, il lui faudrait avoir ce qui lui fera à jamais défaut : une âme »
(Extrait du film « Prometheus » de Ridley Scott)
Très bonne réponse !