Indépendance des États-Unis : la revanche de la France contre l’Angleterre
Ce 4 juillet 2026, cela n’échappe à personne, les États-Unis célèbrent le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d'indépendance. Ce texte fondateur de la nation à la bannière étoilée proclame ainsi la naissance des États-Unis et affirme que « tous les hommes sont créés égaux », selon les mots de Thomas Jefferson. Pourtant, derrière cette victoire américaine se trouve le royaume de France et Louis XVI. Contrairement à une idée répandue, le roi n'a pas soutenu les insurgés par adhésion aux idéaux révolutionnaires, son intervention répondant avant tout à une stratégie diplomatique et militaire, héritée d'un profond traumatisme national. En effet, en aidant les colonies britanniques à conquérir leur indépendance, Louis XVI entendait avant tout prendre sa revanche sur l'Angleterre après la cuisante défaite de la guerre de Sept Ans et rendre à la France son rang de grande puissance maritime.
Une humiliation à effacer
La guerre de Sept Ans, de 1756 à 1763, constitue l'un des plus graves revers de l'histoire de la monarchie française. Par le traité de Paris du 10 février 1763, la France de Louis XV perd le Canada, une grande partie de ses comptoirs en Inde et une partie de son premier empire colonial au profit de la Grande-Bretagne. Cette défaite bouleverse ainsi l'équilibre des puissances et confirme la domination britannique sur les sept mers. Lorsque Louis XVI monte sur le trône en 1774, il hérite alors de cet héritage particulièrement lourd. Le jeune souverain sait que la France ne peut retrouver son prestige sans affaiblir son principal rival. L'insurrection des Treize Colonies offre ainsi une occasion exceptionnelle de porter un coup à Londres sans engager immédiatement une guerre directe.
Dans un premier temps, la France apporte un soutien discret. Grâce à l'action de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, des armes, de la poudre et des munitions sont envoyées secrètement aux insurgés dès 1776. Après la victoire américaine de Saratoga en octobre 1777, Louis XVI estime que la cause américaine est désormais crédible. Le 6 février 1778, deux traités sont ainsi signés entre la France et les États-Unis. La France reconnaît officiellement l'indépendance américaine et entre en guerre ouverte contre la Grande-Bretagne. Ce conflit devient rapidement mondial, des combats se déroulant en Europe, dans les Caraïbes, en Afrique et dans l'océan Indien.
L'engagement français se révèle déterminant. Plus de 12.000 soldats sont envoyés en Amérique sous le commandement du comte de Rochambeau. La flotte de l'amiral de Grasse remporte une victoire décisive lors de la bataille de la baie de Chesapeake, le 5 septembre 1781, bloquant la flotte britannique et empêchant tout secours aux troupes anglaises assiégées à Yorktown. Le 19 octobre 1781, le général Cornwallis capitule ainsi devant les forces américaines et françaises. George Washington reconnaîtra que l'appui naval français fut indispensable au succès de cette campagne.
Le grand renouveau de la Marine française
Cette victoire est aussi le résultat d'un vaste effort engagé sous Louis XVI pour reconstruire la Marine royale. Après les pertes de 1763, le royaume investit massivement dans ses arsenaux, modernise ses chantiers navals, lance la construction de nombreux vaisseaux de ligne et finance de nombreuses expéditions comme celle de La Pérouse. Sous l'impulsion du ministre de la Marine Antoine de Sartine, puis du marquis de Castries, la flotte française retrouve un niveau capable de rivaliser avec la Royal Navy. Le budget de la Royale passe ainsi de 17 millions de livres, en 1774, à 74 millions de livres, en 1778. Ce redressement constitue l'un des grands succès du règne de Louis XVI. En quelques années, la France redevient alors une puissance navale redoutée, et sans cela, la victoire de Chesapeake et le succès de Yorktown auraient été impossibles.
Le traité de Paris du 3 septembre 1783 met fin à la guerre et reconnaît officiellement l'indépendance des États-Unis. La France récupère plusieurs territoires et retrouve une partie de son influence internationale face à une Angleterre perdant une vaste partie de son territoire américain. Cette revanche diplomatique reste toutefois coûteuse, pour la France. En effet, l'effort de guerre aggrave une dette déjà importante et fragilise la monarchie. Quelques années plus tard, cette situation, conjuguée à de profondes crises politiques, économiques et sociales, contribuera au déclenchement de la Révolution française. L'Histoire offre alors un saisissant paradoxe. En soutenant l'émancipation des insurgés américains, Louis XVI n'entendait nullement encourager une révolution contre la monarchie, mais défendre les intérêts et la puissance de son royaume. Pourtant, quelques années plus tard, il est lui-même emporté par la Révolution française. Celle-ci désorganise profondément la Marine qu'il avait patiemment reconstruite en provoquant le départ ou l'exécution d'une grande partie de son corps d'officiers et en privant la flotte des moyens financiers nécessaires à l'entretien de la « Royale » et de ses centaines de bâtiments. La Royal Navy retrouve alors une incontestable suprématie sur les mers. Cet avantage stratégique pèsera lourdement durant les guerres de la Révolution puis de l'Empire. À l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte en 1799, la France ne dispose plus que d'une flotte réduite, comptant moins d'une centaine de vaisseaux et de frégates en état de servir, insuffisante pour rivaliser durablement avec la puissance maritime britannique.
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24 commentaires
Un commentaire évoqué l’Amiral d’Estaing Baron auvergnat de son état qui n’a rien à voir avec le défunt Président Giscard et en qualité d’Amiral de la flotte remporta de grandes victoires aux Indes contre les anglais entre autre puis en collaboration avec le Général de la Fayette qui sur terre remporta les différentes victoires contre les anglais pendant que l’Amiral d’Estaing combattait la flotte anglaise empêchant ainsi le ravitaillement de leurs troupes.
L’Amiral d ´estzinh était ami d’enfance du Roi Louis XVI.
Le coût de l’aide aux « insurgeants » s’est établi à un milliard de livres, sans aucun retour sur investissement et avec pour conséquence une inexorable crise budgétaire à l’origine de la Révolution, suivie de 23 ans de guerre couronnés par la suprématie Britannique. Beau résultat en vérité.
Vive Louis XVI ! pour qui j’ai une très grande admiration
Excellent article. Oui la France de Napoléon a manqué de marine et surtout de marins (merci les « révolutionnaires »). Sans la France pas d’Etats-Unis et à cause de l’investissement français, la crise financière qui empotera la Royauté. Je suis heureux de voir cité Rochambeau et non pas toujours ce La Fayette que les Américains rappellent sans cesse alors que son rôle fut presque anecdotique. Pour finir, notons que Washington et les jeunes Etats Unis n’ont en aucune manière manifesté une quelconque reconnaissance aux Français auxquels ils devaient tant.
Comme quoi, la Révolution aura flingué jusqu’à la puissance militaire du pays… puissance qu’elle utilisera pour agresser l’Europe entière. Les défaites de 1814-1815 s’expliquent…
Je trouve le commentaire d’Atikva assez simpliste. Vous dites « que nos pères fondateurs sont restés neutres lors de la Révolution de 1789 et de la terreur de 1793 ». « Neutre me parait peu sûr, car s’ils avaient été vraiment monarchistes ils auraient pu éviter peut-être la Révolution et la mort de Louis XVI sur l’échafaud. Cela n’a pas été le cas, c’esr donc QU’ILS N’ETAIENT PAS MONARCHISTES et que par conséquent c’est POUR CELA qu’ils n’ont pas aidé le Roi Louis XVI qui LUI venait de les aider. Il est évident que « les pères fondateurs » partagaient certains principes (peut-être pas tous) de la Révolution française. Est-ce que Louis XVI l’a regretté ? Il n’est plus là pour nous le dire et on ne le sera jamais vraiment. D’autre part vous mélangez tout en parlant de la première et de la seconde guerre mondiale. Vous parlez des morts américains, mais vous voulez qu’on parle des morts français pour l’indépendance des U.S.A ? On va compter les morts (c’est une comptabilité que je n’aime pas trop) ? Ce qui est sûr c’est que les deux guerres mondiales se sont déroulées sur le sol français et pas des U.S.A. et les américians qui sont morts en France lors de la seconde guerre mondiale étaient des soldats de métier pour qui c’était le « boulot » (même si c’est un boulot particulier). D’autre part quand vous dites que vous avez vu des us go home inscrits sur des murs, cela s’explique simplement parce qu’il y a des français et des résistants (FTP communistes) qui avaient des sympathies pour l’U.R.S.S, ceci explique cela. D’autre part vous dites aussi qu’il y a des noms dans les rues des U.S.A au nom de Rochambeau, Lafayette et etc… Très bien, mais il y a aussi des rues en France au nom de Kennedy et etc… D’autre part quand à la fin de la seconde guerre mondiale les U.S.A voulaient mettre la France sous administration américaine avec une monnais américaine, est-ce que cela respectait la souveraineté de la France ? Quand les U.S.A voulaient mettre au pouvoir en France l’amiral Darlan qui avait plus ou moins collaboré avec le régime de Vichy, est-ce que cela respectait la souveraineté française. Les choses ne sont donc pas aussi simples que vous le dites. Non, pou moi, les américains ne sont ni des ennemis, ni des amis, parce que en politique : IL N’Y A NI ENNEMIS, NI AMIS PERMANENTS, MAIS QUE DES INTERETS PERMANENTS. Croire le contraire serait être bien naïf. Si les interêts de la France et des U.S.A convergent, je dis vive l’aliance entre la France et les U.S.A, si c’est pas le cas tant pis pour l’aliance avec les U.S.A. Un patriote francais qui vous salue bien.
Regardez « La Guerre des Trônes ». Une formidable histoire. Ce sera mieux que les matchs de fooooot!…
Pauvre Louis XVI…. De toutes façons, avec ou sans les USA, La France aurait perdu, son ennemi n’étant ni l’Angleterre ni les USA, mais la finance anglo saxonne. Un universitaire américain a étudié de près la France depuis Louis XV jusqu »à la Révolution et établi que c’est bien l’Angleterre qui a fait pratiquer un travail de sape sur les esprits pour mener à la Révolution…..Enfin, l’Anglaterre, pas les Rois d’Angleterre, déjà émasculés, mais la finance anglo saxonne. CF Robert Darnton, « Le Diable Dans Un Bénitier »
Plus j’avance en âge (79 printemps), plus j’ai cette Révolution en travers du gosier…
J’ai 62 ans et je vomis sur cette révolution qui a juste remplacé des nobles par des bourges et qui a détruit un pays FORT !!! Tout comme après Pompidou. Il y a vraiment trop de traîtres dans ce pays !
Peut on comparer l’aide militaire que la France avait fournie aux indépendantistes américains à l’aide que la France accorde à l’ Ukraine en ce moment, avant d’être pris dans l’engrenage et d’envoyer un corps expéditionnaire ?
L’aide à l’Ukraine est une catastrophe monumentale comme cette UE dictatoriale !!!
Le premier traité passé avec les rebelles américains était essentiellement d’ordre. commercial. Louis 16 pensait que la nouvelle nation américaine deviendrait un partenaire commercial privilégié de la France, non seulement cela n’a pas été le cas, mais encore, les nouveaux Etats Unis n’ont pas remboursé les importants prêts financiers que le royaume de France leur avait accordés en sus de son aide militaire.
Et aujourd’hui ils continuent de nous ponctionner via l’UE !
merci de rendre hommage à notre grand Roi Louis XVI accompagnant la création de la monarchie constitutionnelle avec sang froid et modération avant que le Terreur d’Etat ne brise la destinée du pays . Il est occulté en France et aux USA par La Fayette simple commandant de compagnie de son ami franc maçon Washington, qui n’a en outre pas défendu le Roi avec la garde nationale dont il était le général contre les enragés . Et occulté surtout par l’usurpateur Napoléon aux défaites cuisantes de Russie et Waterloo après Trafalgar parce que la brillante marine de Louis XVI avait été saccagée par ses amis révolutionnaires . Quant à la dette de reconnaissance des USA envers la France , elle fut vite limitée voire trahie dans l’épisode bien connue de la quasi guerre maritime déclarée par les USA à la France empêchant les corsaires français de Guadeloupe d’arraisonner les navires anglais et les leurs ravitaillant l’Angleterre, ainsi qu’en sabordant les efforts diplomatiques de Talleyrand pour qu’ils ne rallient pas aussi ouvertement les Anglais qui sans Louis XVI ne leur auraient jamais accordé l’indépendance signée à Versailles ! Pourtant Napoléon leur avait même bradé l’immense Louisiane alors que les insurgents n’occupaient encore que les comptoirs côtiers de l’Atlantique. Des alliés fidèles de la France ils l’ont certes prouvé en 1917 et 1944 heureusement, encore qu’il eut fallu De Gaulle pour les empêcher d’imposer en France leur administration militaire comme en Allemagne.
Merci de remettre l’église au milieu du village !
Ça permettra de rafraîchir les mémoires dont la mienne
Observons que de Grasse, Suffren, Estaing, Lafayette, et auparavant Montcalm étaient tous des méridionaux.
Et regrettons que, après Chesapeake, la France n’ait pas repris le Canada. Avec la Louisiane (vendue peu après par Napoléon !) et le Canada, l’Amérique serait française. A Paris on a toujours manqué de bon sens et de vision. Et ça continue.
« l’Amérique (du nord) serait française » Exaltante et séduisante idée! Hélas, la France d’aujourd’hui a déjà du mal a demeurer… française!
Quelle victoire ? L’Anglais est devenu l’Esperanto contemporain.
Mais l’Amérique est toujours là.
La France a été trahie aussitot l’indépendance obtenue par les pères fondateurs et ça continue encore de nos jours , les américains soutiennent encore les allemands et nous ont trahis en Afrique a maintes reprises !!! etc etc
Ne dites donc pas de bêtises!
Nos pères fondateurs, quoique réprobateurs, sont restés neutres lors de la révolution de 1789 et la terreur de 1793, et ceux parmi les Français qui ont pu échapper à la guillotine ont été reçus à bras ouverts en Amérique.
Lorsque la France est tombée à deux reprises dans la même mélasse des deux Guerres Mondiales, quelque 25 000 jeunes soldats Américains venus pour la secourir sont morts en Argonne et en Normandie.
Résultat du côté français : l’envie, le mépris et la haine – je me souviens très bien d’avoir vu sur un mur, en grandes lettres noires: US GO HOME (j’avais 6 ans) et j’ai vu filmés certains Français se réjouir ouvertement de nos 3,000 mort pendant 9/11.
Résultat du côté américain : le respect et la reconnaissance envers les Français venus à leur aide pendant la Guerre d’Indépendance, et les noms de Rochambeau et La Fayette qui s’étalent dans nos rues et nos places sont connus et honorés partout.
Entre ces deux atittudes, j’ai fait mon choix il y a une cinquantaine d’années, et je ne l’ai jamais regretté.
Vous avez tout à fait raison, vous avez bien résumé l’état d’esprit français. Et vous avez fait le bon choix, je suis d’accord avec vous. Et je pense faire le même choix l’année prochaine (année de basculement definitif pour notre pauvre France, si ça ne passe pas cette fois). God bless you.
Ecoutez ce que dit un ami des Américains (travail en commun et voyages) = Ne mélangez pas tout SVP. Les participations US aux 2 guerre mondiales n’ont aucunement été décidées pour secourir les Français mais – c’est bien normal, parce que cela correspondait aux intérêts US. Sans être petit, n’oublions pas qu’en 1917, l’essentiel des réserves d’or anglaises et françaises étaient passées à Fort Knox et que c’est Hitler qui a déclaré la guerre aux USA. Enfin, Washington et les jeunes Etats-Unis se sont montré d’une rare ingratitude vis à vis de la France. Ils préféraient et cela se comprend culturellement nouer de nouveaux liens avec les Anglais. Arrêtons donc de mettre de l’affectif dans ce qui relève des relations internationales. Globalement les Français n’ont aucune haine vis à vis des Américains. Les US Go home étaient de la propagande communiste. S’il devait y avoir de la haine je pense que les préventions et l’attitude invraisemblable de Roosevelt pourrait se justifier et question haine je n’ai pas oublié les mauvaises relations US/De Gaulle et surtout le French bashing qui a suivi la non participation de la France à la 2° invasion de l’Irak. Me pardonnerez vous de vous demander qui avait raison en la matière de même qu’en ce qui concerne le discours de Pnom Pen ?