[SANTE ET POLITIQUE] Élections, attention dangereux pour la santé !

souffrance-depression-2912424_960_720

Depuis l’annonce de la dissolution, le 9 juin dernier, psychologues et psychiatres avaient déjà constaté une hausse des consultations et observé, chez certains patients, des signes de stress, d’anxiété, voire de dépression. Après le second tour et les résultats que l'on connaît, ça ne risque pas de s’arranger. Mais ça ne survient probablement pas sur n’importe quel terrain. Certains avaient dû d’abord se convaincre que ratonnades et ouvertures de camps de concentration suivraient la victoire d’un certain parti. D’autre qu’ils devraient fermer leurs entreprises si le SMIC passait à 1.600 euros, comme le propose un autre parti.

Des conséquences psychologiques

À partir de dosages de l’hormone du stress, le cortisol, divers travaux étrangers ont décrit les effets psychiques d’élections majeures. En résumé, le taux augmente chez les perdants, et surtout chez les jeunes. Rien d’étonnant, c’est l’âge où on croit encore un député capable de changer les choses ; alors qu’au soir d’une vie, on a été si souvent trahi par ses élus que peu de choses peuvent encore vous sidérer.

Au nombre de ces petits névrosés il faut ajouter celui des psychotiques qui, eux, ne consultent pas, car il ne sont pas conscients d’être malades. On peut penser à tous ces anciens soutiens de Sarkozy (ou de Fillon avant la chute) qui ont appelé à voter extrême gauche. À tous ceux qui ne finissent jamais les batailles dans le camp où ils les ont commencées, à moins d'avoir eu le temps de trahir deux fois. Ou à des footballeurs qui ne comprennent pas les électeurs qui veulent « essayer » le RN et qui devraient peut-être partager leurs vies quelques jours...

Et d'autres effets néfastes pour la santé

Mais il n’y a pas que la santé mentale qui peut être affectée par la politique. C’est ainsi qu’aux États-Unis, pendant le duel Trump/Biden de 2020, on a constaté que 77 % des porteurs de dispositifs intracardiaques connectés ont fait des troubles du rythme de plus, par rapport aux périodes de contrôles extra-électorales. Et en Caroline du Sud, les deux jours suivant l’élection de Trump en 2016, on a diagnostiqué 62 % d’infarctus du myocarde de plus que dans des périodes de deux jours consécutifs « normaux » !

Enfin, les problèmes de santé électoraux peuvent aussi se porter sur d’autres organes, comme l’appareil digestif, avec une épidémie de nausées et de vomissements chez LR : du plus obscur délégué départemental des Pyrénées-Atlantiques aux chapeaux à plumes comme Geoffroy Didier ou Aurélien Pradié, on s’est rué vers la cuvette à l’annonce du ralliement de Ciotti...

Ce qui n’est rien, à côté de Corinne Masiero, la célèbre actrice arbitre de l’élégance cannoise : « Depuis le résultat des élections [européennes], je vomis et j'ai la chiasse, tous les jours. Mais je prends des forces : je mange le midi, beaucoup beaucoup beaucoup de plats à base de sororité, de solidarité et de la lutte. » C’est quand même autre chose que le régime Dukan...

Même pour ceux qui prennent le pouvoir

Le mental des politiques au pouvoir n’est pas plus épargné, et Kant avait déjà remarqué que les individus chargés de prendre les décisions développaient rapidement une inaptitude à le faire lucidement. Plus près de nous, sir David Owen - ancien ministre des Affaires étrangères britannique mais aussi médecin - a listé quatorze symptômes de ce « syndrome d’Hubris » par lequel l’exercice du pouvoir transforme la personnalité du dirigeant politique*. On y trouve, notamment, baisse de l’empathie, obsession narcissique de sa propre image, confiance en soi hypertrophiée, identification totale entre son sort et celui de l’institution qu’il dirige, en passant par la croyance que seule l’Histoire pourra juger de ses décisions...

Heureusement, ces choses-là sont inconcevables chez nous !

 

* Dans son livre In Sickness and in Power (Dans La Maladie et le Pouvoir, 2008)

Richard Hanlet
Richard Hanlet
Médecin en retraite, expert honoraire près la Cour d'appel de Versailles

Vos commentaires

14 commentaires

  1. Rien d’étonnant étant donné le monde d’insécurité dans lequel on vit ! Déjà insécurité en raison des nombreux viols, égorgements, meurtres barbares et autres crimes gratuits, qui fleurissent chaque jour. Mais chut, la presse n’en parle pas, ou alors juste pour préciser que selon nos politicards, c’est un sentiment d’insécurtié. Pour preuve, il vont renoncer à leur pléthore de garde du corps et autres mesures de sécurité dont ils bénéficient. C’est tellement inutile et cela permettra de faire des économies. Insécurité financière aussi avec la dette qui continue d’exploser, les prélèvement qui augmentent sournoisement pour des services toujours moins présents et moins efficaces, tout particulièrement en milieu rural, etc.

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois