La tenue récente, au sein de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, d’un « concert » durant lequel l’appel à la prière islamique fut récité en chaire a suscité autant d’indignation que d’indifférence. Si des militaires, fiers gardiens de notre histoire nationale, ont exprimé, aux côtés de milliers de Français anonymes, leur indignation face à un outrage qui nous touche d’autant plus qu’il a eu pour cadre ce cœur spirituel de la France combattante, ni les responsables politiques, ni les représentants du culte catholique et encore moins les médias de masse n’ont jugé opportun de relever l’information, pour ne pas dire l’affront.

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Étrangement, nulle réprobation médiatique ne fit écho à la colère sourde des patriotes. Le silence indifférent de nos élites progressistes en dit plus long encore sur le gouffre qui les sépare de leur histoire autant que de leur peuple.

Pour nos consciences progressistes hors-sol dénuées de tout sens du divin et de la transcendance, désireuses de se dépouiller de leur passé jugé coupable, mais surtout mues par le secret désir de construire une société multiculturelle où la juxtaposition des communautés serait, seule, garante de tolérance, l’Adhan dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides résonne comme une formidable annonce de lendemains qui chantent. C’est à peine si l’on se souvient qu’il s’agit d’un lieu de culte catholique et non d’un musée que quelque autorité pourrait affecter à des usages variés et parfaitement déplacés, sans égard aucun à la sacralité du lieu.

À l’insouciance béate des uns s’opposent la lucidité et la colère des autres, car les symboles, qu’on le veuille ou non, ont leur importance. En effet, à l’heure où l’islam prosélyte accroît ostensiblement sa présence et alors que l’islamisme s’en prend directement aux chrétiens et impose sa violence à une société française désemparée, le chant du muezzin à Saint-Louis-des-Invalides prend une tout autre dimension et rappelle les reculs incessants dont se sont rendues coupables nos élites politiques, culturelles et même religieuses.

Il est déplorable de constater qu’à l’exception notable de Mgr Antoine de Romanet, l’évêque aux armées, aucune figure majeure de l’Église de France n’a pris la peine de dénoncer publiquement ce qu’il faut bien nommer une profanation.

Un sentiment d’humiliation nous saisit à la gorge à voir ainsi la fille aînée de l’Église abandonnée, laissée en pâture à qui veut la prendre. Si l’Église de France entend survivre à la redoutable concurrence que lui livre un islam jeune et conquérant, elle doit d’urgence percevoir les limites d’un certain œcuménisme qui a trop tendance à se résumer à une abdication pure et simple devant les autres religions, et devant l’islam en particulier.

En témoigne, outre ce déplorable incident, la déclaration cosignée par le pape François à Abou Dabi avec le grand imam d’Al Azhar le 4 février dernier, déclaration qui entérine une vision relativiste du dialogue interreligieux tout en érigeant l’islam en modèle de spiritualité à présenter aux fidèles. Si la Bonne Nouvelle est universelle, l’Église de notre temps aurait tort de la croire relative et d’oublier sa mission évangélisatrice au bénéfice d’une morale bien-pensante et parfois naïve.

Depuis Clovis, le destin de la France et celui de l’Église sont inextricables. Craignons que la lâcheté et les errances idéologiques de leurs dirigeants ne les mènent toutes deux à leur perte.

 

5 juin 2019

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