Invité, jeudi 3 mars, sur Sud Radio, l'élu RN bourguignon Julien Odoul a été interrogé sur la vague de migrations venue d'Ukraine. Vous connaissez par cœur, amis lecteurs, cette phrase de Charles Péguy : « Il faut toujours dire ce que l'on voit, mais surtout, ce qui est plus difficile, il faut toujours voir ce que l'on voit. » Nous avons tous vu les vagues d'hommes seuls, « smartphone à la main », comme dit Stéphane Ravier, qui débarquent en Zodiac™ sur les côtes méditerranéennes surchargées. Nous avons tous lu les faits divers concernant des migrants mineurs isolés, qui ne sont ni mineurs, ni isolés. Nous avons vu les vidéos ou écouté les récits des victimes d'agressions sexuelles, à ou en Italie. Nous avons lu le coût de leur accueil inconditionnel : CMU, logement, carte de crédit, etc. Nous connaissons tout cela. Pour les Européens crédules, fatigués, suppliant l'Afrique de venir les remplacer, c'était ça, l'immigration.

Or, donc, voici que des colonnes de réfugiés ukrainiens arrivent dans les pays de l'Est. La Pologne, la Hongrie, ces pays de fascistes, si l'on en croit certains à l'Union européenne, les accueillent à bras ouverts : normal, ce sont des Européens. Ces colonnes pacifiques, par ailleurs, sont majoritairement composées de femmes et d'enfants. Les hommes les déposent à la frontière et, après un dernier baiser, repartent pour défendre leur patrie. Cette émotion primale touche dans notre peuple hébété une fibre lointaine, endormie par la postmodernité narcotique : nous nous souvenons vaguement que les femmes et les enfants doivent être protégés, et que les hommes doivent repartir se battre pour leur offrir un avenir. Cela nous « interpelle », comme on dit.

Mais revenons au sujet : qu'a dit Julien Odoul ? Au fond, pas grand-chose. L'évidence, même. « J'ai vu des immigrés ukrainiens en France vouloir repartir courageusement en Ukraine pour se battre, j'aurais aimé voir des immigrés maliens repartir se battre au Mali, à la place de nos fils. » On n'est pas loin de penser la même chose. Tout le monde sait - on le dit beaucoup ici, sur Boulevard Voltaire, moi le premier - que Paris est la deuxième ville malienne après Bamako, en population ; tout le monde voit que les Maliens ne se précipitent pas pour retourner défendre leur pays. C'est le moins que l'on puisse dire. En revanche, pour traiter la France de colonialiste, pour salir la mémoire des soldats qui y sont morts, pour exiger le départ des Français, il y a du monde. L'Ukraine ne nous supplie pas d'intervenir comme le Mali le fit en 2013 ; elle nous demande notre assistance mais elle fait également distribuer des armes à sa population.

Julien Odoul ne pousse pas son raisonnement jusqu'au bout. Il faut que nous donnions à cette pleine de promesses l'occasion de vivre une aventure à sa mesure, et de faire du Mali, comme elle l'a fait de la Seine Saint-Denis, selon la merveilleuse formule d'Emmanuel Macron, une nouvelle Californie. Ne les laissons pas se morfondre dans un pays qu'ils détestent. Permettons-leur d'être les héros de la reconquête de leur patrie, puisque nous la quittons précipitamment, à coups de pied au c...

Encore une fois, l'Ukraine n'est pas la de l'Iliade. C'est notamment, entre autres titres d'une discutable gloire, un supermarché de la GPA. Il n'empêche. Ses citoyens, eux, se battent pour leur terre. On attend encore que les Maliens en âge de se battre y retournent, en effet. On risque d'attendre longtemps. Au fait, pour la millième fois, quel conflit fuient les autres arrivants africains que nous sommes forcés d'accueillir ? Et où sont leurs familles ? On risque d'attendre très longtemps.

Merci à Julien Odoul d'avoir remis les choses dans leur contexte.

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5 mars 2022

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37 commentaires

  1. Analyse impeccable et implacable. J’ ajouterai que les Ukrainiens (nes) accueillies seront humbles, volontiers « intégrées » et reconnaissant pour des décennies. Hors mis (peut -être?) ceux (celles) qui naîtront entre temps sur notre sol (bcp de femmes enceintes) et auront « goûtés » au savoir vivre français; l’ immense majorité souhaitera retourner dans un pays dévasté, à reconstruire mais pacifié. Sans aucun doute, leur culture est proche de la nôtre. C’ est un fait. Je les plains vraiment.

  2. Très bon article. Si les Ukrainiens remplaçaient le Malien, ça éclaircirait le paysage, mais l’addition poserait sans doute problème

  3. Leurs familles au Mali, ils s’en foutent bien ! Elles sont confiées aux « bons soins » des Wagners, nervis de Poutine et aussi des Kadyrovitch, des experts pour la protection des populations civiles en Tchetchénie !

  4. La mobilisation générale a été promulguée en Ukraine, les Hommes en âge de combattre n’ont pas la possibilité de quitter l’Ukraine. De nombreux points de contrôle ukrainiens empêchent les hommes de passer. espérons qu’ils ne soient pas considérés par les autorités ukrainiennes comme des déserteurs ou des traites et qu’ils soient exécutés sans autre forme de procès.

  5. Je ne comprends pas pourquoi la smala des Traoré ne s’est précipitée au Mali, afin d’y « re-prendre* » le pouvoir perdu quelques années après l’indépendance obtenue en 1961 ?
    Tout ça pour y établir alors, une fois « l’occupant » parti, aussi bien en 1961 qu’en 2022, une nouvelle forme de dictature sanguinaire.
    * voir en ligne qui fut premier « dirigeant » du Mali en 1961.

  6. Voilà, le patriotisme Ukrainien c’est bien, le patriotisme Russe c’est mal, le patriotisme Français c’est facho, voilà, voilà !! La classe politique LR/LREM et consorts donne des leçons de patriotisme selon les circonstances, les nationalités, les frontières, ah, les frontières finalement çà existe et elles ont une fonction !!

  7. L’Afrique soufre de frontières arbitrairement définies après la colonisation qui ne respectent pas la géographie des ethnies dont les membres sont solidaires. En Afrique, difficile de se battre pour un état déliquescent, on se serre les coudes en famille et ethnie. Et puis on ne mange pas 3 repas par jour… donc le premier objectif qui est la base vitale est de trouver de l’argent pour se nourrir. La comparaison est difficile.

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