Editoriaux - International - 1 mars 2019

Pat, au jeu d’échecs à Hanoï !

Après ses saillies assassines du passé, Trump s’est commis en une louange quasi obséquieuse lors de la nouvelle rencontre avec Kim Jong-un à Hanoï. “Je pense que votre pays a un potentiel économique énorme, incroyable, illimité. Je pense que vous aurez un avenir formidable avec votre pays, un grand dirigeant, et j’ai hâte de le voir se dérouler et d’aider à le faire.”

Rien de moins !

Ce coup de pommade à son partenaire – et nouvel ami ? -, spontané selon son habitude, révèle cependant un point capital. Pour le président des États-Unis, la Corée du Nord est bien une nation différente de celle du Sud. Dire deux fois « votre pays » au « grand dirigeant » qui est à sa tête confirme cette position aux yeux du monde.

Certes, l’issue de ce nouveau rendez-vous ne débouche sur aucun accord écrit. Selon Trump, les discussions auraient achoppé sur la question des sanctions que subit Pyongyang en raison de son programme militaire, et que Kim Jong-un voulait voir toutes levées.

La partie d’échecs se conclut donc sur un pat. Kim annonce qu’il dénucléarisera un petit peu, au prorata de la levée des boycotts commerciaux. Trump attendra encore pour aller se baigner dans les marinas sur la mer du Japon (mer de l’Est), qu’il aura aidé à construire…

Car, plus que jamais, le nucléaire est l’assurance-vie du régime de Pyonyang (voir notre article du 13 juin 2018). Réponse classique du faible au fort. Comme pour la France du général de Gaulle.

Entendre des commentateurs occidentaux agiter la menace d’une déflagration mondiale à cause du « fou » nord-coréen est proprement insensé. Tout acte belliqueux ou hostile de sa part vaudrait des ripostes cataclysmiques, voire la carbonisation de la Corée. Ce que promettait le même Trump, alors foudre de guerre, il y a moins de deux ans…

“America first!” Le président américain aux brusques retournements pragmatiques et économiques en a sûrement assez d’entretenir des forces si nombreuses en Asie, en particulier en Corée du Sud. Rien que dans la péninsule, 28.500 militaires y sont déployés depuis… la fin de la guerre en 1953. Mais deux fois moins encore qu’au Japon !

S’il est un risque de déflagration actuel, c’est bien entre le Pakistan et l’Inde, en conflit permanent sur le Cachemire. La confrontation aérienne, cette semaine, avec la destruction de deux Mirage indiens alarme moins les commentateurs et experts, semble-t-il, que les sataniques tribulations balistiques qu’ils prêtent à Kim Jong-un.

Rappelons : l’Inde et le Pakistan – clients des Occidentaux pour les armements, France et USA en particulier – sont deux puissances nucléaires.

Ce que la communauté internationale ne leur conteste pas.

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