Editoriaux - Médias - Politique - Presse - 18 octobre 2018

Mélenchon a passé le mur du son (avec un “c” aussi)

Cette fois, il a passé le mur du son, l’ineffable Mélenchon !

Après la mise en scène de sa perquisition et le « T’vas voir ta gueule sur le palier », combat de poitrails avec le procureur, « J’t’en colle une si tu m’touches », « La République, c’est moi ! » et autres éructations, voilà que ses délicates oreilles ne supportent plus les accents qui chantent.

Comme le disait ce matin Louis Aliot sur RTL, pour un élu de Marseille, c’est pousser loin le bouchon !

À propos : il y a longtemps que j’ai envie d’écrire un mot à cette station pour qu’on rappelle à la déontologie madame Martichoux. En sa qualité de « chef du service politique de la rédaction de RTL », comme écrit dans sa présentation, c’est à elle que revient l’interview du matin. Laquelle n’est, la plupart du temps, qu’un monologue car cette dame est incapable de laisser parler son interlocuteur, quel qu’il soit. Non seulement elle le bombarde de questions, mais s’il s’aventure à vouloir répondre, elle nous assène son opinion en même temps qu’il parle. Et pour un Bruno Le Maire qui, l’autre jour, a passé l’entretien à lui dire « si vous permettez que je réponde à votre question », la plupart restent cois devant ce moulin à paroles. C’est grossier et tout franchement insupportable pour les auditeurs, qui s’en vont voir ailleurs si l’on est plus poli.

Donc, Mélenchon l’atrabilaire. Le problème est qu’à force de camper l’ogre tonitruant, il finit par en adopter les réflexes. C’est le drame des cabotins : ils surjouent en permanence. Et Mélenchon est LE cabotin de la politique française.

C’est ainsi que, mercredi, en sortie de l’Hémicycle, à l’Assemblée nationale, il s’est mis à railler l’accent d’une journaliste toulousaine qui l’interrogeait sur le cirque de la veille. Mélenchon a feint de ne pas comprendre ce qu’elle lui demandait, l’a fait répéter pour finalement lancer à la cantonade, “avé l’assent” : « Qu’esseuh-que ça veut direuh ? », puis de demander : y aurait-il « une autre question, formulée en français, compréhensible, parce que moi, votre niveau me dépasse ».

Voilà la question : « Est-ce que vous disiez, il y a quelques mois, quand vous pointiez les déboires de Fillon et Le Pen, que c’était une décadence de la République ? » Il a raison, Mélenchon, une question pareille, c’est pour la sortie de l’ENA !

Le Syndicat national des journalistes n’a pas aimé du tout, s’est fendu d’une lettre ouverte au patron de La France insoumise. Son titre : « Monsieur Mélenchon, agresser les journalistes, ça suffit ! » Non, mais. « Notre consœur, pourtant très aguerrie, a été choquée par cette violence verbale et cette humiliation gratuite, tout comme ses collègues présents à l’Assemblée », poursuit le SNJ. Et de rappeler que le même Mélenchon affirmait, en février dernier, que « la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine ».

Voilà pour les passes d’armes d’opérette. Plus intéressante est la réaction du public à ladite lettre :

« Il passe son temps à vous insulter, et vous, vous lui courez derrière. À un moment, faudrait peut-être arrêter de lui tendre un micro, ou alors arrêtez de vous plaindre. » Pas faux.

Dans le même genre :

« Il veut choisir qui a le droit d’enquêter sur lui, qui a le droit de faire des perquisitions, qui a le droit de lui poser des questions et lesquelles. On savait que son modèle, c’était Maduro, mais pas à ce point-là. Peut-on rappeler à cet être “sacré” que nous sommes en démocratie ? »

Et, pour résumer :

« Mesdames et messieurs, une bonne fois pour toutes, si vous souhaitez lutter contre ce genre de comportement, enlevez-leur vos micros ! Un bon boycott et tout sera clair, vous êtes manipulés, utilisés dans des psychodrames écrits à l’avance ! »

Enfin, et c’est peut-être l’explication de ce psychodrame : « Se rappeler que JLM est sourd, d’où son agacement peut-être », écrit une certaine Fustinette.

Eh oui, Jean-Luc, c’est l’âge, va falloir t’y faire !

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