Chaque jour apporte son lot de révélations. Nos gouvernants ont beau tenter de cacher la vérité, elle revient à la surface. Et ce que l’on apprend en dit long sur l’incompétence des prétendues élites qui tiennent les rênes du pouvoir. Une étude publiée dans le JDD, sous le titre « Pénurie de masques : enquête sur une faillite d’État », explique comment les choix budgétaires effectués sous le mandat de François Hollande ont entraîné cette pénurie et souligne notamment la responsabilité de , ministre de la Santé de l’époque.

En 2006, Xavier Bertrand avait placé les masques au cœur du dispositif de prévention. Au même moment, le gouvernement avait suscité la création d’une filière nationale de fabrication pour ne pas dépendre des usines asiatiques. Quand Marisol Touraine, en mai 2012, devient ministre, les stocks stratégiques d’État sont pleins : 1,4 milliard de masques au total. Mais on change alors de cap : le masque cesse d’être une priorité politique.

Un ancien conseiller explique : « L’idée, ce n’était plus d’avoir des stocks gigantesques mais de pouvoir rapidement en faire fabriquer en Asie en cas de besoin. » Désormais, chaque employeur est censé constituer son propre stock, chaque hôpital acquérir des masques en fonction de ses besoins. Le JDD rappelle qu’entre 2013 et 2015, , l’actuel directeur général de la Santé, occupait, auprès de Marisol Touraine, le poste de conseiller chargé de la sécurité sanitaire. Dans ces conditions, on comprend l’embarras de l’intéressé quand on l’interroge sur le virage effectué en 2013.

Le résultat est là : en février 2020, plus de réserves ! Apparemment, Jérôme Salomon, malgré ses avertissements, pendant la campagne présidentielle, sur l’impréparation de notre système de santé face à une épidémie d’ampleur, n’a pas été entendu. Quant à Agnès Buzyn, elle ne semble pas avoir pris ce dossier au sérieux. Mais le pire, c’est que les autorités, depuis l’alerte lancée par l’OMS en janvier, sont restées inactives pendant deux mois. Jeudi dernier, Olivier Véran a courageusement rejeté la responsabilité de la situation sur « une autre mandature », tandis que, vendredi, Jérôme Salomon convenait, devant l’évidence, que le masque était devenu une « denrée rare ».

On pourrait, si la situation n’était pas si grave, s’amuser de trouver aujourd’hui aux manettes des socialistes passés au macronisme, qui ont trempé dans ce changement de stratégie. Olivier Véran a oublié de rappeler qu’il était déjà aux affaires en 2016, chargé du pilotage du comité de réforme du financement des établissements de santé. Quand on pense que ces proches de Macron ont pour mission d’informer l’opinion sur l’évolution de l’épidémie… Si l’on osait cette comparaison, c’est comme si on demandait à des pyromanes par imprévoyance d’expliquer comment maîtriser l’incendie. Ils ne sont guère les plus crédibles !

Autre leçon de cette histoire, c’est la confirmation qu’, l’homme du « nouveau monde », a recyclé le « vieux monde » des cabinets ministériels socialistes. Faut-il s’étonner qu’un sondage IFOP révèle que les Français sont de plus en plus sévères sur la gestion de cette crise ? Selon cette enquête, « quel que soient leur bord politique, leur profession ou leur âge, et y compris les plus jeunes, ils sont inquiets à 84 % […]. La défiance s’installe. » Pour 64 % d’entre eux, « le gouvernement a caché ­certaines informations ».

Macron et ses proches voudraient apparaître sous les habits de sauveurs de la nation. Mais la vérité est implacable et les montre tels qu’ils sont, dans leur pitoyable nudité.

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