Au micro de Boulevard , Marc Fromager fait le point sur la situation de la chrétienne Asia Bibi, emprisonnée et condamnée à mort au , où la minorité chrétienne subit des persécutions récurrentes.

Sommes-nous fixés sur le sort d’Asia Bibi ?

Nous ne savons toujours pas quel sort sera réservé à Asia Bibi. Condamnée à mort, elle est enfermée dans une prison depuis neuf ans avec cette épée de Damoclès sur la tête.
Elle peut être exécutée à tout moment. Selon nos informations, un nouveau jugement aurait été rendu, mais tenu secret pour le moment.
On peut imaginer deux options. Soit elle sera libérée et on laissera quelques jours pour l’exfiltrer hors du pays. Soit la condamnation à mort a été confirmée et elle sera pendue rapidement. Parmi ces deux options, on privilégierait plutôt la première.
Si ce jugement n’a pas encore été annoncé, on peut imaginer une bonne nouvelle. Mais il est un peu trop tôt pour le dire.

Le gouvernement doit être tiraillé entre les islamistes qui ont fait de cette affaire un symbole et la communauté internationale qui réclame sa libération…

Tout à fait. Dans un premier temps, une grosse mobilisation s’est organisée autour d’Asia Bibi, ce qui l’a sans doute sauvée. Il faut savoir que, dans ce de cas, les victimes sont lynchées sur place avant même d’arriver au commissariat.
Dans un deuxième temps, elle est devenue une espèce d’icône, donc très difficile à libérer. Il semble que le gouvernement pakistanais cherche à se débarrasser de ce cas, et donc de la libérer. Pour autant, il doit tenir compte des fondamentalistes et de la frange la plus extrémiste de la population pakistanaise. Si elle est libérée, des émeutes assez importantes et violentes se déclareront dans le pays. Et les juges qui auraient décidé de sa libération seraient menacés de mort.

Le cas symbolique d’Asia Bibi met finalement en lumière le martyre des chrétiens au Pakistan…

Je ne sais pas s’ils sont martyrisés. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les chrétiens, qui représentent 2 à 3 % de la population, se trouvent au fin fond du bas de l’échelle sociale. Ils sont éboueurs ou ont des emplois que personne ne veut occuper. Ils font l’objet de traitements vraiment discriminatoires. Ils sont souvent victimes d’insultes et d’attaques de la part des gros propriétaires terriens.
La loi anti-blasphème peut, à tout moment, se retourner contre eux. Il faut savoir que cette loi concerne toutes les minorités religieuses, y compris les musulmans. C’est le règne de l’arbitraire. On peut accuser n’importe qui de blasphème. À partir de là, la chance de survie de la personne est assez faible. De fait, les minorités religieuses, en particulier les chrétiens, sont surreprésentées dans les cas d’accusations pour blasphème.

12 octobre 2018

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