Les ex-voto, témoignages populaires d’une France profondément chrétienne
Pays de mer et de montagne où les périls se sont cumulés, la Provence détient les plus grandes collections connues d’ex-voto. Très majoritairement dédiés à la Vierge, ils sont les témoignages populaires des dangers encourus au quotidien et des grâces exaucées. Le mois de mai – traditionnellement appelé « mois de Marie » – s’achevant sur la fête des Mères, c’est le moment d’aller à leur découverte, celle des véritables « racines chrétiennes de la France ».

La voix sincère des « petites gens »
Connu depuis l’antiquité, l’ex-voto répond à une définition simple : c’est un objet symbolique, « témoignage de la reconnaissance d'une action divine après l'accomplissement d'un vœu ».
Objets ou tableaux, jusqu’au XIXe siècle où ils deviennent de simples plaques de marbre, les ex-voto sont peints sur bois, sur papier, carton ou toile. Ils racontent un monde de catastrophes ordinaires, des accidents de la vie auxquels la foi du charbonnier a permis d’échapper. C’est la voix sincère des « petites gens », les sans-dents déjà moqués par les élites. Dans un ouvrage intitulé La Semaine des familles : revue universelle hebdomadaire, paru dans les années 1860, l’auteur Amédée Aufauvre écrivait ainsi cette phrase d’une brûlante actualité, tant on la croirait destinée à Mathilde Panot : il y a dans les ex-voto une « conviction qui s'affirme sans craindre les railleries d'une incrédulité froide et moqueuse qui veut imposer des limites à la puissance et à la bonté de Dieu ».
Découvrir les ex-voto qui tapissent les murs de nos chapelles provençales, ce n’est pas visiter une galerie de peinture à la recherche d’un art sophistiqué, c’est remonter le temps pour découvrir, mieux que dans les livres d’histoire, le quotidien périlleux de nos ancêtres. Réalisés par des peintres itinérants, tout y est représenté, souvent avec une touchante naïveté : accouchements difficiles, maladies, épidémies, incendies, éboulements, noyades, guerres, accidents de la route, charrettes et diligences renversées... On y voit la nature en furie, les tempêtes et les inondations, la sècheresse et les récoltes incendiées, les naufrages sur la mer démontée, les arbres et les hommes foudroyés. Mais, toujours, la vie qui échappe à la mort grâce à l'intercession divine.
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Le secours de Notre-Dame, à la terre comme à la mer
Tous ceux qui se rendent à Notre-Dame de la Garde, à Marseille, peuvent y admirer l’extraordinaire collection d’objets, notamment les nombreuses maquettes de bateaux suspendues aux voûtes de la basilique. Ce sont les ex-voto offerts par les marins, convaincus que « la Bonne Mère » qui protège la ville les a sauvés d’une mort certaine. Trop en hauteur pour qu’on puisse les détailler, on apprend qu’y voisinent « des voiliers d’hier et d’aujourd’hui, un porte-conteneurs de CMA CGM, le paquebot Ponant qui avait été attaqué par des pirates en 2008 au large de la Somalie et même un hydravion Canadair bombardier d'eau de la Sécurité civile portant le numéro 46 ».
Toutefois, la collection la plus impressionnante est sans doute celle de la collégiale Saint-Paul, à Hyères. Y sont accrochés, sur le mur du fond, les 400 ex-voto de la chapelle Notre-Dame de Consolation qui fut détruite dans les bombardements lors de la libération de la Provence, en 1944. Récupérés et restaurés, ils ont été installés dans la collégiale en 2019. On est frappé par la quantité de tableaux représentant des accidents agricoles et de charrettes, autant que par l’absence de scènes qui se rapportent à la mer. C’est parce que Hyères, à l’inverse de Marseille, était une ville de maraîchage et pas un port.

En revanche, les ex-voto de Notre-Dame du Mai, cette si jolie chapelle qui surplombe le cap Sicié, racontent la vie des marins. On y trouve aussi nombre de prières et de recommandations pour… les bagnards de Toulon, confiés à la protection de la Vierge.
Alors, si les vents vous poussent vers la Provence, faites une pause pour remonter le temps à la découverte de cette France chrétienne qu’on dénigre et nous dénie aujourd’hui. Allez voir la collégiale Saint-Paul de Hyères, Notre-Dame des Anges à Pignans, Notre-Dame de Miséricorde à Martigues, Notre Dame du Mai à Six-Fours-les-Plages, Notre-Dame du Beausset-Vieux, au Beausset, et puis, s'il vous reste du temps et du courage pour grimper encore, Notre-Dame de Pitié, à Sanary.
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11 commentaires
Pour déterminer l’intelligence d’une personne, regarde pour qui il vote. Plus c’est à gauche et plus on touche le fond. Une étude scientifique concernant le QI devrait être très intéressante en fonction des électeurs de chaque parti politique!
Il faudrait peut être indiquer à la marchande de poisson Panot…où elle peut voir ce qui n’existe pas pour elle.
EXCELLENTE REMARQUE MERCI !
On ne peut renier le passé qui n’a pas été aussi rose que certains l’imagine (mais on ne retient que le
positif et on s’empresse d’oublier le négatif ! ) mais on doit vivre avec son temps, qu’on le veuille ou non,
même si le présent n’est guère meilleur que le passé, sur d’autres plans !
Ne pas oublier la collection d’ex-voto du Sanctuaire de Laghet, dans le comté de Nice, qui rassemble, comme le mentionne le site, plus de 4 000 pièces et qui est une des plus riches d’Europe.
Demandez à Mme PANOT ,cette France n’a pas existé !!
Sans oublier Notre Dame de Laghet au dessus de Nice.
Désolée, je n’avais pas vu votre commentaire.
Ces Exvotos , dans des cimetières ou dans des petites chapelles particulièrement aux bords de mer comme Paimpol et sa région ne manquent pas nous montrent la France profonde éternel que nous devons défendre, celle qui nous a fait et feront nos descendants.
Le Pape Léon XIII en son temps a écrit : A qui veut régénérer une société en décadence on prescrit avec raison de la ramener à ses origines.
Même si elle a toujours été décadente ?