Malgré les efforts de Macron, Villers-Cotterêts reste un fief RN

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À Villers-Cotterêts, le Rassemblement national est aux commandes depuis dix ans. Le 8 juin dernier, la veille des élections européennes, la Cité internationale de la langue française accueillait le bal Joséphine B[re]aker (sic). Le morceau d’ouverture du bal était un titre d’Aya Nakamura, chanteuse pressentie pour interpréter Édith Piaf lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Pour Franck Briffaut, maire RN de la commune, c’est une provocation, une politisation de cet espace de culture. « La plus belle chose qui puisse arriver à la cité serait de s’affranchir de toute récupération politique. » Il confie à BV : « J’ai expliqué au Cotteréziens que le projet de la Cité internationale est une bonne chose pour la ville, mais qu’ils ne doivent pas tomber dans le panneau [de la récupération politique], ils m’ont reçu cinq sur cinq. » Et pour cause. Le 9 juin, la liste pour les élections européennes conduite par Jordan Bardella est arrivée en tête, comme dans 94 % des communes de France. À Villers-Cotterêts, le Rassemblement national a cumulé 1.379 voix, soit 46,9 %.

Une belle impolitesse du président de la République

Dans cette ville chargée d’Histoire, le président de la République a inauguré, en octobre 2023, la Cité internationale de la langue française, 484 ans après le très célèbre édit de Villers-Cotterêts de François Ier, établissant la langue française comme langue officielle dans le royaume de France. Ce projet, promis par Emmanuel Macron en 2017, consiste à mettre la langue française à l’honneur, dans une cité dynamique et moderne au sein du château de Villers-Cotterêts, entièrement restauré.

Dans son discours d’inauguration, le président de la République s’était félicité de l’aboutissement de son projet. Il avait insisté sur l’importance du ciment d’union que constitue la langue française, spécialement « à un moment où les divisions reviennent, où les haines ressurgissent, où on voudrait renvoyer les communautés dos à dos, les religions, les origines. » Difficile de croire que le Rassemblement national n’est pas visé par ces propos. D’autant que, lors des remerciements prononcés par Emmanuel Macron, tous les acteurs de la mise en place de la Cité internationale avaient été remerciés nommément... à l’exception du maire RN de la ville.

« Macron fait partie des principaux destructeurs de la langue française »

Emmanuel Macron peut multiplier les vexations... ici, le RN est en terrain conquis. En 2020, Franck Briffaut a été réélu maire dès le premier tour du scrutin, avec 1.441 voix, soit 53,46 % des suffrages. Il confie à BV : « Monsieur Macron n’a pas mené ce chantier seulement pour le salut de la langue française. Il y a un message politique derrière tout ça pour nous discréditer. Les habitants ne sont pas dupes, puisqu’ils ont voté à nouveau pour le RN en 2020, après le lancement du projet. » Pour le maire de la commune, l’ironie est immense : « Macron fait partie des principaux destructeurs de la langue française, il laisse se distiller des pratiques qui l’abîment profondément. »

Avec ce nouveau centre culturel, le Président annonçait vouloir lutter contre l’intolérance (comprendre, évidemment, le RN) en France. Le premier édile de Villers-Cotterêts y voit une volonté sous-jacente : « Macron croit qu’on peut acheter les gens avec vingt milliards d’euros. Cet argent vient du contribuable. La population n’est pas tombée dans le piège. » Malgré tout, loin du sectarisme dont on l’accuse souvent, le Rassemblement national a pris sa part dans l’organisation de cette cité qui apporte un renouveau dynamique certain à la ville : « Nous l’avons favorisé et nous y sommes associés au niveau municipal. Le défi d’urbanisme, de stationnement, etc., était immense. Nous avons été des partenaires fiables et compétents, Macron a fini par le reconnaître. » Malgré les tentatives de la Macronie pour discréditer le RN, il semble que les habitants de la commune soient bien déterminés à maintenir le parti de Jordan Bardella au pouvoir.

Raphaelle Claisse
Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

14 commentaires

  1. Macron défenseur de la langue française ! On aura tout entendu dans la bouche de celui qui multiplie les anglicismes de pacotille à chacune de ses -trop nombreuses – prises de parole *.

  2.  » le Président annonçait vouloir lutter contre l’intolérance » et dans sa (petite) tête cela veut dire l’intolérance contre lui-même. Avec tous les Français qui ne peuvent plus le sentir, vaste programme! Malgré le coup de pouce de Mac Kinsey : aucun sondage de popularité ne descendra en dessous de 25 %, juré promis.

  3. Micron défenseur de la langue française ? Ce grand distilleur de mensonges n’a même pas été capable de restaurer le français dans les instances européennes lors de son court passage en « responsablité », bien que le français est été désigné comme langue officielle depuis la naissance de la dite europe… alors, comme en toutes choses qu’il se taise puisque seul le mépris lui sert de moteur !

  4. Macron, ou comment passer de la statue de Jupiter, à celle de Machiavel, pour finir en statue du rejet qui n’ispire aux français que le déboulonnage.

  5. Un pays en pleine décadence et, pendant ce temps, le président, le 1er ministre, les ministres de l’économie, de la justice, le garde des sots, etc., n’ont rien d’autre à faire que de battre campagne … pour faire campagne pour les prochaines législatives. Et ils ne semblent pas beaucoup à leurs fonctions de gestion du pays. Dans ces conditions, on peut se demander si tous ces postes qui nous coûtent un pognon de dingue sont vraiment justifiés ? Il est vrai que nous sommes un des pays au monde qui a le plus de ministres, le plus d’élus (1 pour 119 habitants). De plus, je suppose que ces ministres en campagne à temps plein bénéficient des moyens (sécurité, voiture avec chauffeur, restauration, hébergement, etc.) de leurs ministères : ne serait-ce pas là un détournement flagrant d’argent public ? Et comment sont imputées ces dépenses dans les budgets de frais de campagne ?

    •  » Et comment sont imputées ces dépenses dans les budgets de frais de campagne ? » Par le gouvernement, c’est quand même plus simple, non?

  6. Mais que voulez-vous la réalité dépasse souvent la fiction. Et en cette pratique de notre belle langue, il me semble évident, n’en déplaise à ce président qui s’exprime en anglais à l’étranger, que ceux qui la parlent le mieux sont plutôt de droite, extrême ou non, que de cette gauche vociférante et irsute.

  7. Démonstration est faite depuis les émeutes de Juin dernier que des petites bourgades voire des villes moyennes sont victimes de délinquants en minorité agissante . Il n’y a que des élites pour ne pas le voir et s’enfoncer dans le mensonge.

  8. Avoir comme maire un élu RN n’empêche pas Villers-Cotterêts de se transformer d’année en année… Le 93, qui n’est qu’à une petite heure de voiture via la N2, a largement débordé sur Villers et ses alentours. Les abayas, hijabs et autres tenues musulmanes radicales ont envahi l’espace depuis quelques années.

  9. Et que tous les français ne soient plus dupes et votent comme la population de cette ville .

  10. Le RN ou Debout la France est la France
    On ne peut pas dire la même chose de LFI…ou des macronistes qui veulent imposer une immigration forcée

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