Boulevard Voltaire s'est fait l'écho de la séance de questions-réponses entre et les journalistes amateurs du Papotin, un rendez-vous médiatique qui confronte une personnalité politique à des adultes atteints de troubles du spectre autistique. C'était la première fois qu'une telle rencontre était médiatisée. On aurait dû s'y attendre : présence d' égale présence de caméras. Le Président n'a pas résisté au plaisir de saisir au bond une question écrite sur le couple atypique qu'il forme avec Brigitte. « Quand on est amoureux, on choisit pas », qu'il a dit, le Président, citation probablement tirée d'un biscuit
chinois. D'autres questions suivent, dans des domaines divers. Le Président sourit, il rigole, il touche, il tutoie : on connaît la chanson.

Parmi les affirmations péremptoires qu' compte sans doute faire passer comme une lettre à la poste, il y a celle dans laquelle il déclare incidemment qu'il a trois enfants et sept petits-enfants. On comprend, bien sûr, qu'il parle des enfants et des petits-enfants de Brigitte, puisque lui-même n'en a pas eu. Pour autant, cette incise n'est pas anodine.

D'abord, il s'agit d'une nouvelle preuve que, dans le macronisme, tout est en toc. Ce n'est plus un village, c'est un pays Potemkine. Des Numéros Verts par centaines pour des faits qui ne trouvent pas de solution ; de l'argent qui n'existe pas pour sauver des commerces qui n'auraient eu nul besoin de l'être si on ne les avait autoritairement fermés ; des tarifs prohibitifs pour payer une électricité que la France produit à bas coût mais rachète à l'Union européenne ; du matériel militaire déclassé, présenté comme décisif, pour équiper un gouvernement ukrainien présenté comme l'archange du salut ; des soignants suspendus pour ne pas avoir accepté un vaccin qui n'aurait de toute façon pas protégé leur malade. On pourrait continuer la liste pendant des heures. Désormais, donc, Macron, quadragénaire patriarche, père de trois enfants qui ne sont pas les siens, grand-père de sept enfants qui ne sont pas les siens. Un raccourci, dira-t-on. Oui, un raccourci, donc un mensonge. Un de plus. Et sur un sujet qui, par excellence, supporte mal l'approximation : la transmission, la .

Justement, plus profondément, cette phrase, qui se voulait banale, montre à quel point le modèle familial ne signifie plus rien en France, en 2022. Dans beaucoup d'autres pays d'Europe et d'ailleurs, une famille, c'est le mariage indissoluble d'un homme et d'une femme qui essaient d'avoir des enfants, n'ont pas peur d'en avoir beaucoup et leur donnent à tous le même nom de famille (historiquement, en Occident, celui du père). Aucun de ces prédicats n'est plus valable aujourd'hui.

Pas de mariage, pas d'indissolubilité, donc pas de stabilité et pas de certitudes. Pas d'union strictement hétérosexuelle, donc pas de corrélation entre mariage et fécondité : au contraire, promotion des childfree d'un côté, de l'achat d'enfants à l'étranger de l'autre, avec, surplombant cela, la haine de la nombreuse, systématiquement moquée ou décriée au nom du climat (sauf quand elle est d'origine extra-européenne, puisqu'à ce moment-là, « c'est beau »). Pas d'unicité du nom de famille depuis la loi Dupond-Moretti, donc pas de transmission patrilinéaire du nom, au mépris de deux millénaires de cohérence, donc pas de fierté de sa lignée et de son propre nom, donc pas de profondeur historique. Dans ces conditions, oui, évidemment, vous pouvez avoir, à la quarantaine, trois enfants qui ne sont pas les vôtres, ont votre âge et ne portent pas votre nom, sept petits-enfants qui ne sont pas les vôtres non plus. Vous pouvez considérer que vous êtes père dans de telles conditions (Macron n'a cependant pas prononcé ce mot sacré), et cela ne vous dérange pas davantage que vos interlocuteurs, puisque ces mots n'ont plus de sens. « Un père, une mère », ça fait rigoler dans les médias, c'est bon pour la Marche pour la vie, ces vieilles lubies.

Et pourtant. À rebours des affirmations lunaires d'un Président qui, une nouvelle fois, s'attribue tout sans avoir rien fait lui-même, prenons ici un instant pour rendre hommage aux pères et aux mères qui se comprennent, se respectent, se soutiennent et continuent de s'aimer ; aux familles dont les membres continuent de porter tous le même nom et de respecter (voire de vénérer, dans la tradition romaine !) les mêmes ancêtres ; aux enfants qui savent d'où ils viennent, géographiquement, culturellement, historiquement, et, qui, descendants des croisés ou fils de paysans (ou les deux « en même temps » !), en sont légitimement fiers. Prenons un instant, en un mot, pour penser aux vraies familles, celles qui sauveront - peut-être - le monde occidental trop occupé à se faire hara-kiri. Aux familles qui s'aiment - et qui sèment. Et laissons délirer les faux pères qui se prétendent chargés de ou jouent aux chargés de nation...

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10 janvier 2023

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65 commentaires

  1. Psychologiquement, affectivement, Macron est un grand malade. Cela se confirme chaque jour et lui même a déclaré à un journaliste au cours d’une interview en marge de son voyage aux US qu’il avait souffert d’une « dépression grave ». Regarder absolument sur youtube l’exposé d’Asselineau sur le sujet. On ne compte plus les occasions où son comportement, ses expressions, son élocution sont des plus « bizarres ».

  2. L’un de mes fils a reconstruit mon arbre généalogique et celui de mon épouse. Il est remonté aux années 1.500 !!
    Quel Bonheur de le montrer à nos 7 petits enfants, sur de grands tableaux !
    Un Hameau modeste de l’Allier porte mon nom ! Dans le coin, combien portent encore ce nom !! Nombreux !
    Français de Souche, connaitre ses origines est essentiel ! Pour combien de temps encore ?

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