En Belgique, le logisticien des attentats du 13 novembre pourrait être bientôt libéré
La décision de justice ne devait « pas manquer de faire réagir, en particulier la France », selon La Capitale. Pourtant, c’est presque silence radio, depuis le mercredi 20 mai, date à laquelle le média belge révélait que le « logisticien en chef » des attentats du Thalys et de Paris en 2015, Mohamed Bakkali, détenu depuis cette année-là, bénéficie depuis le 6 mai 2026 de six « congés pénitentiaires » accordés par le tribunal d’application des peines (TAP) de Bruxelles. Une mesure qui anticipe sa sortie de prison, alors que la France l’avait condamné à purger 30 années de réclusion, assorties d’une période de sûreté des deux tiers, pour sa contribution à l’attentat déjoué du 21 août 2015 ainsi qu’à celui du 13 novembre 2015.
Un rôle clef de « logisticien »
Le terroriste avait en effet joué un rôle crucial dans l’organisation de ces derniers, puisqu’il avait véhiculé le kamikaze Abdelhamid Abaaoud entre la Hongrie et la Belgique dans le cadre de l’attentat déjoué et qu’il avait assuré la logistique des planques des commandos du 13 novembre.
Un rôle majeur qui lui avait valu le surnom de « surintendant de la terreur » de la part de l’accusation, lors du procès qui s’était tenu pendant près de dix mois. Et malgré les engagements de la Belgique, qui avait remis le détenu belgo-marocain à la France en 2016 à la condition « qu'après avoir été jugé, il soit renvoyé [dans son pays] pour y subir la peine ou la mesure de sûreté qui serait prononcée à son encontre », il apparaît aujourd’hui que ces promesses tombent à l’eau. Dans une décision rendue par le TAP de Bruxelles, celui-ci a en effet déclaré que la période de sûreté des deux tiers, relevant désormais de la législation belge depuis son transfert, n’était « pas applicable ».
Un régime d’exécution des peines plus souple
C’est ainsi que l’on apprend que l’associé des terroristes est admissible à la surveillance électronique depuis le 8 août 2023 et à la libération conditionnelle depuis le 4 février 2024. D’ailleurs, Mohamed Bakkali a déjà bénéficié de cinq permissions de sortie depuis le 7 juillet 2025, révèle La Capitale ; permissions un temps suspendues à la suite d’une relation intime entretenue, lors d’une permission de sortie, avec une agente pénitentiaire de la prison d’Ittre, où il est actuellement détenu.
Quant aux « congés pénitentiaires », ils devraient lui « permettre de renouer des liens familiaux, de se rendre à des consultations psychologiques, d’accomplir des démarches administratives [...] ou de participer aux activités du groupe "Retissons le lien" ». Autant d’activités destinées à l’engager dans la préparation de sa « réinsertion professionnelle » et sociale, comme le prévoit cette mesure judiciaire qui « ne peut être refusée » à un condamné « si les conditions prescrites sont remplies », selon une circulaire ministérielle du 7 février 2007.
Le TAP évoque désormais un homme engagé dans un « important travail de remise en question », soucieux de « restaurer le lien avec la société », dont « la présence est décrite comme très positive pour ses enfants » et dont le risque de soustraction à l’exécution de la peine serait « proche de zéro ». Un détenu qui se serait également « [éloigné] des idéologies radicales et violentes ».
Que fait la France ?
Et pendant que la Justice belge use d’une sémantique bienveillante, rien, dans ces grâces accordées, ne semble pousser la France et ses médias à dénoncer, face à Bruxelles, cette décision.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR


































37 commentaires
Qu’en pensent les familles des victimes,que disent nos magistrats et leur ministre omniprésent par ailleurs ? Ce silence est éloquent : peur ,lassitude incompétence ,lâcheté ?