Sans eux : le récit catastrophiste d’une France sans immigrés

Un nouveau livre cherche à convaincre les Français que les immigrés seraient nécessaires à leur survie.
SANS EUX

L’entreprise immigrationniste ne connaît pas la crise. Alors que les Français souffrent, au quotidien, d’une submersion dont ils n’ont jamais voulu, les avocats du vivre ensemble reviennent à la charge. Le 23 avril dernier, une brochette de hauts fonctionnaires de gauche a publié Sans eux (Les Petits Matins), anticipation délirante et alarmiste d’une France débarrassée de ses immigrés. Cette fiction se déroule en 2030 : l’union des droites a eu lieu, Philippe de Villiers est à l'Élysée et Bruno Retailleau à Matignon, entourés de François-Xavier Bellamy à l'Intérieur, Marion Maréchal, ministre de l'Instruction, de la « Régénération morale et de la Réussite des meilleurs », ou encore de Sébastien Chenu, ministre de la Guerre. Conformément au souhait du peuple, les étrangers ont été renvoyés chez eux et, bien entendu, les conséquences sont présentées comme catastrophiques. Hôpital exsangue, restaurants sans cuisiniers, EHPAD abandonnés, criminalité en hausse… Selon les auteurs de l’ouvrage, ce sont les dix plaies d’Égypte qui attendraient notre pays si « l’extrême droite » était autorisée à appliquer son programme. La France ne s'en sortira pas sans immigration, expliquent-ils en substance.

« On ne fait pas la promotion de l'immigration, on dit "voilà déjà la réalité aujourd'hui, et puis voilà ce qui va se passer demain" », jure l’un des trois romanciers, Thierry Pech, sur France Inter. Précisons que l’homme n’est pas vraiment neutre : il se trouve être le directeur général de Terra Nova, think tank qui avait suggéré à la gauche, en 2011, de se détourner du peuple français historique et d’aller plutôt draguer les électeurs issus de l’immigration. Un camp qui voit donc, dans la poursuite du « Grand Remplacement » vanté par Jean-Luc Mélenchon, le moyen rêvé de faire mécaniquement grossir son électorat.

Des prédictions absurdes

« On n'a pas inventé grand-chose », prétend Hakim El Karoui, essayiste proche du pouvoir et, par ailleurs, fondateur du « Comité d’action pour la Méditerranée ». À y regarder de plus près, pourtant, sa fiction anxiogène prend bien des libertés avec le réel. Les Français y sont présentés comme un peuple d’assistés et d’indécrottables fainéants : ils ne sont pas aptes à s’occuper de leurs aînés, ne savent pas construire de logements par eux-mêmes, ne veulent pas ramasser leurs ordures, « en tout cas pas avant 10 heures du matin… », etc. « On ne trouve plus à faire garder le peu d’enfants qu’on fait encore », est-il encore écrit.

Non seulement le raisonnement est insultant, mais en plus, il ne tient pas. Quiconque a fait un séjour à l’hôpital public s’est rendu compte que les immigrés constituent, certes, une certaine part des soignants… mais aussi, et surtout, une très grande proportion des patients ! Il n’y a donc aucune raison de penser que la remigration des premiers comme des seconds ferait s’écrouler notre système de santé. Au contraire.

De même, si les Français font si peu d’enfants, comme le notent les auteurs eux-mêmes, on en déduit que nos besoins en matière de prise en charge des seniors vont fortement décroître, d’ici une génération ou deux. Pourquoi cette prédiction évidente n’est-elle jamais prise en compte ?

Enfin, rappelons aux trois auteurs que, pendant des siècles, les Français ont été en mesure de ramasser les ordures, nourrir les leurs et construire des cathédrales sans l’aide des immigrés africains. Merci bien ! Arrêtons, avec cette fable des étrangers qui feraient tourner le pays et des Français qui se tourneraient les pouces. Selon l'INSEE, le taux de chômage des immigrés issus d’Afrique hors Maghreb s’élève à 12,1 %, contre seulement 6,4 % pour les autochtones, soit quasiment deux fois plus !

Le vrai bilan de l’immigration

Mais à mesure que le peuple européen se réveille et prend conscience de l’entreprise néo-coloniale qui le vise, ses ennemis font tout pour le convaincre qu’il est désormais trop tard pour inverser la tendance. Il est remplacé par d’autres populations et devrait presque les en remercier. En Allemagne, une vidéo virale avait été publiée en février 2025 sur les réseaux sociaux pour répondre au projet de remigration porté par l’AfD. On y voyait à quoi ressemblerait le personnel des hôpitaux ou des restaurants sans les immigrés. Étrangement, le même procédé n’a pas été tenté avec les bénéficiaires des logements sociaux, les patients de l’hôpital public, ni avec les détenus en prison. Dommage, c’eût été sans doute intéressant.

Le débat sur l’immigration mérite plus de sérieux et moins de manipulation militante. « L’immigration de travail est un facteur de croissance […] toutefois, la France ne bénéficie pas de ce dynamisme économique car son immigration, repliée sur les droits familiaux et humanitaires, est, comparativement à celle des autres pays de l’OCDE, peu qualifiée », expliquait, par exemple, le Conseil d’analyse économique (CAE), dans une note fracassante publiée en novembre 2021. Un mois plus tôt, un rapport de l’OCDE documentait également la contribution négative de l’immigration aux comptes de l’État : en prenant en compte les immigrés et leurs descendants directs, on arrive en effet à un coût estimé à 1,41 % du PIB, soit près de 35 milliards d’euros par an

Si l’on veut parler sérieusement du bilan de l’immigration, intégrons aussi les frais de santé et de logement, les dépenses induites par l’insécurité, la délinquance et le terrorisme. C’est ce que propose, d’ailleurs, Éric Ciotti. « Notre groupe va lancer une commission d'enquête sur le coût de l'immigration. Il faut qu'on ait la vérité des chiffres, parce qu'on nous ment depuis des années », a ainsi annoncé le patron de l’UDR. L’occasion de mesurer calmement dans quelle mesure les Français se porteraient mieux « sans eux ».

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

98 commentaires

  1. Quand j’étais enfant, il n’y avait quasi aucun immigré à Strasbourg et le monde fonctionnait très bien: pas d’insécurité (on ne fermait même pas à clef), les élèves apprenaient encore les tables de multiplications etc. et il n’y avait pas de saleté partout. Sans l’immigration, je parierais que l’Ecole s’en sortirait bien mieux.

  2. La police et la justice sont racistes car les prisons sont pleines à 80 %de gens qui mangent halal. Sans la police, tout irait certainement mieux en France. Preuve par l’absurde.

  3. Mais la main d’oeuvre est déja là et largement ! que vont faire les centaines de milliers de jeunes des cités ? bosser ou pas ? la question ne se posait pas à une époque

  4. Ce dont je suis convaincue , c’est que les français ne se sentent plus chez eux à tous les niveaux et tous les endroits : je discute avec des jeunes qui me disent que eux et leurs amis ne veulent plus faire d’enfants !  » avez vous vu comment nous vivons , c’est insupportable, on ne peut envisager de faire des enfants dans ces conditions  » ! ! voilà voilà , alors je je suis convaincue que, quand cette immigration sera nulle, nos jeunes auront envie de repeupler notre pays, de travailler avec enthousiasme , de vivre avec envie et par conséquent de faire des enfants ! je n’ai nul besoin de blabla pour le ressentir profondément !

    • Je pense aussi que le goût d’être parents reviendrait si la société était moins dégradée.

  5. J’ai vu Manon Aubry, essayer de nous faire croire que les migrants venaient en France avec des visas d’étudiants et qu’après leurs études, ils restaient en France, il m’a tout de même semblé que certains parlaient tellement mal le français que dans la plupart des reportages où l’on interrogeait des migrants, je ne comprenais pas la moitié de ce qu’ils racontaient, je sais que l’éducation nationale, n’est plus ce qu’elle était, mais si ce sont des étudiants, nous avons vraiment du soucis a nous faire .

  6. Mieux vaut se cogner la tête au mur que de lire cela. A quoi va ressembler la présidentielle lorsqu’il faudra impérativement prouver aux Français qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et que la seule solution implique de se serrer la ceinture. Se serrer la ceinture signifie supprimer toutes les dépenses inutiles afin de pouvoir conserver les nécessaires ! Dans ce cas de figure « toutes les folies gauchistes, écologistes, droits-de-l’Hommistes, européistes  » dispendieuses devront être effacées du Budget. Ce qui implique la réduction drastique de la présence des  » insupportables naturalisés et des indésirables non européens ». Bonne chance aux candidats !

  7. L’immigration, une chance pour…les immigrés : aide sociale, CAF, AME, RSA pour les algériens, c’est la fête. Une chance payée…par les impôts délirants des français.

  8. Avec 8% de chômeurs, l’enseignement, la santé , la restauration, le bâtiment, les services etc. sont autant de secteurs ‘en tension’, et on nous explique qu’il haut faire venir des migrants qui en plus feront les enfants que nous ne savons plus faire et qu’ils paieront nos retraites ! Une autre solution serait d’apaiser notre société, de lui redonner confiance, de la remettre au travail avec des salaires plus attractifs. Il est certain que les bobos qui veulent des sushis à 2 heures du matin seront moins heureux !

  9. Je dois dire que j’ai du mal a comprendre immigration chance pour la France, ne serait ce pas le contraire?

  10. Je me souviens du sinistre Démographe polytechnicien idéologue Hervé LE BRAS, invité pour mentir sur tous les plateaux de TV (dont C dans l’Air) pour promouvoir aveuglément l’immigration et dénoncer le 
    «fantasme» de ceux qui s’opposaient à cette invasion migratoire pourtant bien réelle!
    Ce personnage malfaisant avait ostracisé et bloqué la carrière de l’excellente Démographe Michelle TRIBALAT qui contredisait son discours dans une étude rigoureuse qui montrait les vrais chiffres annonciateurs d’un changement de population …
    Ces idéologues de Gauche ne tolèrent aucune opposition et sont prêts à tout pour la faire taire.
    Hervé LE BRAS devrait avoir honte des mensonges qu’il a proférés avec l’aide complice et complaisante des médias du service public …

  11. Par pitié rendez nous nos italiens, polonais, espagnols, portugais…on va vous montrer qu’on ne rejette pas l’immigration. Ces personnes étaient parfaitement compatibles avec nous et n’arrivaient pas avec la haine anti française et anti coloniale. Ils sont devenus Francais de coeur et nous les considérons avant tout comme des compatriotes. Hélas, et ce n’est pas de notre faute, une grande partie des africains du nord et des orientaux on une religion de plus en plus insupportable pour nous au sens propre du terme. Quel pays accepterait de changer de mœurs, de savoir vivre, de mode vestimentaire ou culinaire pour s’adapter à des gens intolérants venus d’ailleurs ? Surtout si c’est sous la contrainte de certains de ses politiciens.

  12. Comme tout est toujours une question d’argent, Les auteurs oublient de façon conveniente que les jobs refusés par les français seraient mieux payés si il y aurait pénurie de demandeurs. Tout le problème est là . Deuxièmement , les français n’ont rien à reprocher pour les immigrés ASSIMILÉS , complètement et qui sont reconnaissants envers le pays et leurs citoyens. Est ce le cas maintenant, après 40 ans d’invasion ? Nous sommes confrontés à une civilisation étrangère qui nous déteste ouvertement par sa minorité et approuvée par leur grande majorité, silencieusement. J’ai quitté ma France il y a 50 ans, quand déjà je prévoyais ce désastre. Comme je plains vos générations présente et prochaines.

    • C’est ce qu’il s’est passé en Australie.
      Le nombre de visa de séjour des étrangers a été réduit.
      Les patrons ont été obligés d’augmenter les salaires de 20 %

  13. Il faut arrêter de nous faire croire que l’immigration est bien pour la france alors que nous vivons un drame qui s’appelle l’immigration incontrôlé beaucoup de crimes et de viols des vols de la drogue tout cela à cause de cette immigrations il est urgent que Marine ou Bardella prennent le pouvoir .

  14. Ah vraiment quelle galéjade que ce récit! Il est essentiellement écrit par des bobos de centre-ville pour d’autres bobos esclavagistes qui refusent de payer leurs migrants à un niveau de rémunération qui leur permettrait de vivre décemment dans lesdits centre-villes
    À l’attention des auteurs petit conseil, sortez en ruralité et vous verrez les natifs aux fourneaux, à la plonge, ramasser les ordures, travailler sur les routes, s’occuper des personnes âgées, faire le ménage, et autres emplois pour lesquels vous préférez utiliser de la main d’œuvre étrangère que vous sous-payez.

    • Et comment, prophétique et le premier jus écrit en 1976 de mémoire. Tellement vrai. Ha oui, il était extrême droite, vous savez, toutes celles et ceux qui ne sont pas de gauche…..

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