Accueil Editoriaux Lutter contre les thérapies de conversion : cette manie de la persécution !

Lutter contre les thérapies de conversion : cette manie de la persécution !

Créer une « infraction spécifique pour lutter contre les pratiques de thérapies de conversion en prévoyant des facteurs aggravants pour prendre en compte la situation des mineurs », voilà à quoi s’occupent certains de nos députés pendant cette période si particulière et si menacée.

Une préoccupation qui n’est pas tout à fait nouvelle : depuis des mois, , qui se définit comme « la deuxième députée ouvertement lesbienne à siéger à l’Assemblée nationale », et Bastien Lachaud, condamné aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, en septembre 2019, pour « actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation » lors de la perquisition au siège de La France insoumise, traquent ces fameuses « thérapies de conversion ». Des sessions « souvent adossées à des organisations religieuses organisées mais essentiellement évangélistes et catholiques visant à faire devenir hétérosexuelles des personnes homosexuelles ». À la clé, lavage de cerveau, pressions psychologiques et exorcismes, tout un panel de mesures propres à faire dresser les cheveux sur la tête.

Deux ans de travail, une soixantaine d’auditions et une enquête réalisée par Arte pour un bien maigre butin : une dizaine d’anciennes victimes, une association évangélique épinglée qui se défend d’être la cible d’associations malintentionnées et des autorités publiques interrogées qui affirment « n’avoir jamais vraiment identifié de thérapies de conversion comme cela peut se pratiquer en Amérique du Nord et n’avoir jamais été saisies de tels cas »… Seul le très médiatique Jean-Michel Dunand, prieur de la communauté de Béthanie et auteur d’un livre dans lequel il raconte, par le menu, l’épreuve subie parmi sa communauté en raison de son . Beaucoup de bruit pour rien, donc, mais une proposition de loi tout de même !

On peine à comprendre la nécessité d’inventer une infraction spécifique : la législation française prévoit déjà la « répression de violences volontaires » et l’« interdiction de tout abus de faiblesse » pour ceux qui mettraient en œuvre des pratiques pour changer l’orientation sexuelle d’une personne. Mais la stratégie de Laurence Vanceunebrock est ailleurs. Son parcours personnel parle de lui-même : mère biologique d’une fille qu’elle a eue par PMA en Belgique, séparée de son ex-compagne et n’ayant pas, elle-même, porté l’enfant, elle n’a pu l’adopter. L’ajournement du projet de PMA pour cause d’urgence sanitaire l’a donc contrariée. Mais elle n’abandonne pas. En déposant ce projet de loi pour lutter contre les thérapies de conversion, elle pense signer là le retour sur scène des communautés LGBT, ces grandes oubliées de la crise sanitaire et leur cortège de revendications.

Certains veulent même aller plus loin en éradiquant la racine du mal. Culpabiliser et réformer les religions, comme une certaine Marina Zuccon, présidente de Carrefour des chrétiens inclusifs, auditionnée pas la commission d’enquête au sujet ces « thérapies de conversion » présentes, selon elle, « dans tous les milieux religieux » car « ce terreau restera encore particulièrement fructueux pour ces groupes [tant que] le monde chrétien ne voudra pas revoir sa condamnation de l’homosexualité comme péché ».

Nous y voilà : des politiques imposant à l’Église la révision de sa doctrine avec une pénalisation des discours des responsables religieux… le stade suprême du totalitarisme ?

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