La concomitance de certains événements peut se révéler parfois malicieuse. Ainsi, ce mercredi 10 mars, Emmanuel Macron reçoit-il John Kerry, « envoyé spécial des États-Unis pour le climat ». La veille, le même a rendu visite à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Et l’Élysée de préciser : « La discussion portera sur les prochaines étapes de coordination internationale en matière climatique et sera l’occasion, pour le Président français, de partager avec son interlocuteur sa vision d’un multilatéralisme efficace. »

Au-delà du verbiage de circonstance, il est manifeste que, si Donald Trump envisageait de laisser l’ voler de ses propres ailes, son successeur Joe Biden entend, lui, réaffirmer, sous couvert de « coopération », son emprise sur le Vieux Continent. Le philosophe Hervé Juvin n’écrivait pas autre chose, lorsque dénonçant, dans son essai Le Renversement du monde, « la subordination absolue de ceux que les États-Unis nomment alliés, alors qu’ils les traitent comme des pions ».

Concomitance ? En effet, ce même mercredi, Marine Le Pen présente son programme écologique pour 2022, programme qui doit beaucoup au Hervé Juvin en question. Et là, ça décoiffe, puisque priorité y est donnée au nucléaire de quatrième génération, énergie d’autant plus propre qu’elle permettra bientôt de recycler ses propres déchets, et à la fin de ces éoliennes dont le seul résultat probant consiste à défigurer nos paysages. Un bonheur pouvant en dissimuler un autre, il n’y est plus question de sur ce diesel indispensable à cette France qui se lève tôt pour travailler et autres vexatoires limitations de vitesse sur les nationales.

Mieux, Marine Le Pen prend également en compte les dimensions humaines du problème : « Les effondrements sanitaires qui nous menacent proviennent aussi bien de la pression sur les écosystèmes que de la concentration forcée de la population dans les métropoles et d’une mobilité hors de contrôle entre les continents. » Si l’on comprend bien, l’être humain aurait donc aussi vocation à voir son écosystème préservé. Un peu comme ce cher scarabée pique-prune auquel on doit l’ajournement, de 1996 à 2002, de la construction de l’autoroute 28. Mais il est vrai que chez nos actuels écologistes, nous ne sommes jamais que les pires des animaux nuisibles…

Bref, cette candidate entend en finir avec « l’écologie radicale, ce fondamentalisme qui entend en finir avec les modes de vie, les traditions et les mœurs qui sont les nôtres et prendre le contrôle de chacun de nos gestes ». Et pour ceux qui seraient un peu lents à la comprenette, cette mise au point : « Celui qui est enraciné, il est écologiste, parce qu’il ne veut pas pourrir la terre sur laquelle il élève ses enfants. Celui qui est nomade, il s’en moque, de l’écologie, car il n’a pas de terre ! » Eh oui, n’en déplaise à certains Verts, l’écologie demeure « conservatrice » par essence, puisque consistant justement à « conserver » ce qui peut l’être encore, face au rouleau compresseur de la modernité mondialisée ; d’où cette promotion d’une relocalisée visant à protéger les paysans contre les géants de la grande distribution.

Sans surprise, ça tousse à Libération : « Rien de très vert là-dedans. Ou alors qui tire vers le brun. » Réduction ad hitlerum, quand tu nous tiens. On en connaît dont l’imagination ne risque pas d’abréger les jours… Ça tousse plus encore lorsque Marine Le Pen affirme : « Science de la vie, l’écologie est aussi une source de la joie de vivre, de la beauté des choses et du bonheur d’être français. »

Là, c’est Éric Dupond-Moretti qui se mêle de la partie : « Le localisme, c’est l’autarcie, le repli sur soi, la fermeture… La xénophobie n’est jamais très loin de tout ça. […] Ça commence par le localisme, ça finit par le . » Ça commence aussi à bien faire, pourrait-on rétorquer à ce garde des Sceaux ayant manifestement besoin de .

10 mars 2021

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