Sans doute les réactions d’associations tels SOS ou le MRAP, après un mois de fonctionnement de la plate-forme anti-discrimination voulue par Emmanuel Macron, auraient-elles été plus dithyrambiques si le nouveau centre d’appel gouvernemental avait pu ramener quelques policiers ou quelques gendarmes dans ses filets. Mais il n’en a rien été !

En décembre dernier, à l’occasion de son interview sur le média en ligne Brut, le président de la se distinguait une nouvelle fois en accusant implicitement la police de racisme. Se laissant sous doute emporter par l’affaire Zecler – ce producteur de musique rap ayant fait l’objet d’une interpellation musclée de la part des forces de l’ordre, et dont on sait aujourd’hui qu’elle fut vraisemblablement montée en épingle par certains -, le chef de l’État décidait du lancement d’une plate-forme nationale anti-discrimination.

Ce projet a donc vu le jour et a été lancé le 12 février dernier. Placée sous l’autorité et le contrôle du Défenseur des droits, cette personnalité qui souhaitait, il y a quelques semaines seulement, que l’on instaure dans le pays des zones sans contrôles d’identité, la plate-forme, accessible par le 3928 et via Internet, aurait d’ores et déjà reçu 3.000 appels téléphoniques en un mois, ainsi que 800 signalements sur son site Web. Élisabeth Moreno, le ministre délégué en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, ayant, de son côté, annoncé 9.000 appels en 15 jours.

Quoi qu’il en soit, après analyse de ces appels, il apparaît que les discriminations rapportées toucheraient pour l’essentiel à l’emploi, au et au . Mais à aucun moment au racisme. Bien plus : sur les milliers de signalements enregistrés, aucun ne concerne des actes racistes de la part des forces de l’ordre. Selon Jean-François Amadieu, sociologue et directeur de l’Observatoire des discriminations, cette situation paradoxale serait étonnante dans la mesure où cette plate-forme a clairement été initiée pour faire la à des policiers forcément racistes !

Cette contre-vérité manifeste, mise en évidence par les dizaines de milliers d’interventions réalisées dans le même temps par les forces de l’ordre, et n’ayant donné lieu à aucun signalement, est évidemment déjà contestée par certaines associations. Et si aucun policier et aucun gendarme n’a pu être pris en flagrant délit de racisme ou d’attitude discriminatoire, ce n’est pas parce que le phénomène serait finalement très marginal, mais plutôt parce que la plate-forme mise en place fonctionnerait mal.

Mais que les détracteurs de la police et autres « bouffeurs de flics » patentés se rassurent. Le nouveau joujou mis à leur disposition finira bien, un jour ou l’autre, par confondre un policier ou un gendarme qui, à l’occasion d’une intervention, et sans doute après avoir eu son compte de provocations et d’insultes, tombera dans le piège qui lui aura été tendu avec la complaisance de ceux-là mêmes qui devraient le défendre. Et tout ce monde de la bien-pensance, alors que nos quartiers sont à feu et à sang et que nos concitoyens sont chaque jour davantage volés, molestés et violentés, se réjouira de pouvoir clouer au pilori un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie qui, pour un salaire dérisoire, risque sa vie tous les jours.

Pourtant, qu’on ne s’y méprenne pas. Il ne s’agit pas de nier en bloc que certains membres de l’institution policière puissent être racistes, voire violents. Mais seulement de dénoncer cette généralisation abusive et stigmatisante qui vire désormais à la chasse aux sorcières et n’a d’autre dessein que la destruction de notre société et de ses valeurs via celle de la police et de la gendarmerie. Pour preuve, le nombre d’enquêtes pour faits de racisme menées par l’Inspection générale de la police nationale, qui s’est élevé à 46 en 2018 et 30 en 2019, soit une moyenne de 0,026 fait, rapporté à l’ensemble des effectifs de la police nationale. À n’en pas douter, cela valait bien la création d’une plate-forme anti-discrimination !

10 mars 2021

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