C’était évident, la Maison-Blanche, désormais résidence officielle mondiale de la bienveillance, de l’inclusivité et de la diversité en tout genre, ne pouvait pas ne pas donner son avis sur l’interview du siècle. Celle du prince Harry et de Meghan Markle, of course. Donc, c’est fait. ne s’est pas exprimé lui-même, mais c’est tout comme, puisque la secrétaire de presse de la présidence, Jen Psaki, a fait la commission : « Pour quiconque se présente et parle de ses propres luttes avec la santé mentale et raconte sa propre histoire personnelle, cela demande du courage. »

C’est vrai qu’il en a fallu, du courage, pour déballer tout ça. Même les questions d’argent y sont passées. Nous sommes aux États-Unis. On sait donc que le prince de Galles a cessé de verser au duc de Sussex sa pension annuelle s’élevant à 670.000 euros et que Harry vit désormais sur la fortune héritée de sa mère. Un petit matelas estimé à 8 millions d’euros, selon le magazine Forbes. C’est beaucoup, si on fait un peu attention comme vous et moi. En revanche, si on dépense autant qu’on parle devant les médias, cela peut rapidement filer. À ce moment-là, dans les pavillons de la belle Amérique, à l’écoute de cette interview altruiste, on avait déjà passé trois paquets de Kleenex™ et dix de pop-corn.

Donc, du courage, il en a fallu. J’aurais dit du culot. Mais, mettons. Cela dit, on n’a rien sans rien. Certes, l’interview, que la chaîne CBS a payée 7 millions de dollars à la de production de l’impératrice du talk-show Oprah Winfrey n’a rien rapporté aux Sussex, mais quand on a signé un contrat de 100 millions de dollars sur cinq ans avec Netflix, on peut faire un petit geste commercial.

Mais, au fait, on s’éloigne de la Maison-Blanche. n’a pas parlé mais la secrétaire de presse, qui doit lire couramment dans les pensées du président, a ajouté : « C’est certainement quelque chose que le président croit » (le « courage » et tout ça : voir plus haut). Maladresse diplomatique que ce soutien par attaché de presse interposé ? On se demande. Mais il ne faut pas oublier que Biden est résolument favorable à tous les réfugiés de la Terre. Pas comme l’autre plouc pour qui il était hors de question de payer la sécurité des exilés royaux. Pauvres comme riches, tous les réfugiés sont les bienvenus au pays de Biden. Du reste, le magazineVanity Fair ne qualifie-t-il pas le couple princier de« monarchical refugees » ? Premier ou second degré ? I don’t know!

Bien sûr, on n’ira sans doute pas jusqu’à l’incident diplomatique, cela n’en vaut sans doute pas la peine, d’ailleurs. La secrétaire de presse ne le dit surtout pas comme ça, évidemment : « Et permettez-moi simplement de répéter que nous avons une relation solide et durable avec le peuple britannique et un partenariat spécial avec le gouvernement du [I beg your pardon : de Sa Majesté, please !] sur une série de questions. Et cela continuera. »

On est quand même étonné que l’Élysée n’ait encore fait passer aucun message sur ce sujet tellement important pour la Planète. D’habitude…

10 mars 2021

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