À Oxbridge, l’égalitarisme idéologique forcené tue l’égalité

La classe ouvrière blanche, grande sacrifiée de la discrimination positive et de l'Equality Act au Royaume-Uni
L'université de Cambridge. Photo de Ernie Marquez: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/architecture-historique-du-cambridge-college-30450314/
L'université de Cambridge. Photo de Ernie Marquez: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/architecture-historique-du-cambridge-college-30450314/

Le média britannique The Telegraph révélait, le 30 juin dernier, « que les étudiants issus de la classe ouvrière blanche sont exclus de la quasi-totalité des bourses de diversité proposées par Oxford et Cambridge ». Autrement dit, en prônant un égalitarisme idéologique forcené, ces universités n’auraient fait que creuser de nouvelles inégalités.

Oxbridge, « championnes de la diversité »

En 2020, Le Monde se réjouissait de constater que « les universités d’Oxford et de Cambridge [étaient] championnes de la diversité ». Louant la politique des deux « prestigieux établissements », de ces « temples du savoir », le quotidien français saluait leurs « dynamiques politiques d’intégration des étudiants noirs, métis et asiatiques ». C’est que le symbole était fort, selon le quotidien, « à Cambridge, au cœur de la campagne anglaise, […] ce haut lieu de la transmission du savoir [qui] respire encore l’immuable et les privilèges », et qui, « tout comme sa rivale Oxford [...] fut l’apanage, pendant huit siècles, d’une élite blanche et masculine ». Ainsi, sous « l’impulsion des directions des universités » et avec des initiatives venant d’élèves issus de ces communautés, « en quatre ans, la proportion des étudiants BME (black and minority ethnic) admis sur le campus [avait] bondi de 14,5 % à 22,1 % ». Une progression qui ne s’est manifestement pas démentie puisqu’en 2023, trois ans plus tard, « les étudiants issus de minorités ethniques (BME) représentent une proportion record des admis, atteignant 27,8 %, contre seulement 18,3 % il y a cinq ans à peine », rapportait le Cherwell, le journal d'Oxford.

Les élèves de la classe ouvrière blanche trahis par le système

Une évolution formidable si celle-ci se fonde uniquement sur le mérite. Or, d’après le Telegraph, ce n’est pas vraiment le cas… « Plus d'une douzaine de bourses et de dispositifs d'aide financière sont accessibles aux étudiants de ces universités en privilégiant leur origine ethnique plutôt que leur milieu socio-économique », explique ainsi le journal britannique qui, dans une série d’articles, s’est penché sur la situation d’une minorité oubliée : la classe ouvrière blanche, celle qui n’a ni les moyens financiers ni le bon profil pour prétendre à des aides orientées. « Si tous ces dispositifs sont ouverts aux étudiants issus de minorités ethniques (catégorie dite « BAME » : Noirs, Asiatiques et autres minorités ethniques), ils excluent presque totalement les étudiants issus de la classe ouvrière blanche, qui constituent pourtant l'un des groupes les plus sous-représentés dans l'enseignement supérieur », explique le Telegraph. L’investigation du média part d’une commission d’enquête menée par un groupement d'établissements scolaires avec le soutien du ministère de l'Éducation britannique, dont les résultats sont parus lundi dernier et portant sur les résultats scolaires des élèves issus de la classe ouvrière blanche. Une commission qui « avait été mise en place l'été dernier pour comprendre pourquoi ces enfants constituent le groupe démographique important affichant les moins bons résultats au sein du système scolaire anglais », explique la BBC.

« Les plus défavorisés et les moins performants »

Alors, raconte le Telegraph, avec les conclusions de ce rapport et le constat que « les enfants issus de la classe ouvrière blanche figurent parmi les élèves les plus défavorisés et les moins performants du système scolaire anglais », voilà Oxford et Cambridge « accusées d'entretenir un "système éducatif à deux vitesses" », notamment par Suella Braverman, porte-parole éducation du parti Reform UK qui a mis en cause l’Equality Act, selon le journal britannique, puisque, argue-t-elle, « les familles de la classe ouvrière blanche ont été trahies par un système conçu pour agir à leur encontre ». Pour elle, il faut voir en effet, à Oxbridge, « un nouvel exemple de ce système éducatif à deux vitesses qui pénalise les garçons et les filles de la classe ouvrière blanche en raison de ce qu'ils sont ». D'ailleurs, sur X, Suella Braverman appelle à l'abrogation de l'Equality Act, cette loi du Parlement britannique votée en 2006 et revue en 2010 qui rassemble toutes les mesures dites pour l'égalité, contre les discriminations mais surtout très idéologique, et qui, selon elle, « a conduit à l'inégalité, à l'injustice et à la discrimination ».

Des citoyens de seconde zone ?

En effet, si l’on en croit le Telegraph, Oxbridge n’est qu’un exemple parmi d’autres des mesures favorisant une partie de la population britannique en raison de sa couleur de peau, puisque le journal donne des exemples de cette « série d'initiatives prises par des entreprises et des organismes publics en faveur de la diversité, mais excluant les personnes blanches » comme « des programmes de stages proposés par les services de renseignement britanniques et la Banque d'Angleterre, ainsi que des dispositifs d'emploi financés par les contribuables », expliquant qu’« en vertu de l'Equality Act 2010, les entreprises et les organismes publics sont autorisés à prendre des "mesures positives" » pour « remédier à une situation de désavantage ou de sous-représentation ». Sauf que le problème de la discrimination positive institutionalisée - puisqu’il faut l’appeler par son nom - est bien qu’elle discrimine, donc que certains sont laissés pour compte. Au Telegraph, un étudiant de 20 ans disait ainsi qu'en tant qu'« homme blanc issu de la classe ouvrière avec d'excellents résultats scolaires, en Grande-Bretagne [il est] un citoyen de seconde zone ».

Finalement, pour rétablir la balance de la justice et de l’égalité, rien ne vaut la méritocratie : peut-être qu’Oxford et Cambridge devraient, dans les bourses qu’ils proposent, ne garder que celles dues au mérite…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 05/07/2026 à 21:46.

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Le wokisme qui partait d’un bon sentiment est devenu la pire des discriminations et un vecteur de haines portées par toutes les formes de communautarismes.

  2. Il faut comprendre qu’inclusion=exclusion, si on reste sur le même effectif, en incluant des personnes issues de minorité, on exclue des personnes compétentes pour se faire…
    Tout ceux qui jouent la carte DEI se tirent une balle dans le pied

  3. Je ne crois qu’au mérite. « Tu travailles, tu réussis ; tu ouvres le bec en attendant que ça tombe, tu échoues ». La société devrait être basée sur ce simple axiome, sans préjudice de race, de couleur, de sexe, de croyances.
    L’escalade sociale n’est pas un escenseur dans lequel il suffit d’appuyer sur un bouton ( ie : race, sexe, couleur….) pour arriver au sommet. C’est un escalier qui réclame du talent et du travail.

  4. Sauf erreur de ma part, égalitarisme signifie égalité poussée à l’extrême. Or le système décrit est profondément discriminatoire puisqu’il privilégie ouvertement les uns au détriment des autres. Il y a donc une rupture totale et complète d’égalité. Pourquoi alors accepter d’utiliser des mots qui n’ont strictement à voir avec la pratique ? Il me semblerait plus juste de parler de discrimination (que certains la qualifieront de positive – voilà qui fera plaisir certainement à ce qui n’ont pas été retenus alors qu’ils étaient meilleurs que certains qui ont bénéficié de cette discrimination …) que d’utiliser des termes qui ont de près ou de loin à voir avec l’égalité.

  5. Les anglais feraient bien de ne pas s’inspirer de la politique française.
    C’est par cette volonté de vouloir toujours bien faire d’intégrer d’assimiler de protéger et d’assister, que l’éducation nationale française s’est nivelée par le bas.
    Grâce à cette politique depuis 40 ans nous avons formé des générations d’analphabètes, d’incompétents et d’idiots utiles.
    Que ne feraient pas les politiques pour contrôler un pays !

  6. Ces deux universités sont sous influence islamiste , des pays du Golfe ne reconnaissent plus leurs diplômes .

  7. C’est comme si les parents devaient favoriser à outrance les enfants de leurs voisins étant entrés dans leur domicile jusqu’à en faire partir de leur chambre les enfants légitimes en les privant en plus de cadeaux d’anniversaire et de noël ainsi que des fournitures scolaires pour les refiler à des étrangers. Bravo, pour ma part, j’aurais renié sans remords des parents comme cela et si l’élite britannique veut augmenter le racisme, elle s’y est pris de façon magistrale pour réussir. C’est écoeurant de servilité.

    • Ne vous inquietez pas pour les anglais : eux, ils constituent encore un vrai peuple qui a gardé ses dents ! Je vous predis que le roi actuel finira sur le billot du bourreau , lui et toute son engeance qui annoblit a tour de bras des musulmans qui n’ont de cesse de créer un califat en Angleterre .

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