Royaume-Uni : les réfugiés devront rembourser 10.000 livres pour leur accueil

Cette réforme intervient alors que le parti nationaliste UK Reform est en tête des sondages.
photo BV
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Le gouvernement britannique souhaite que les réfugiés disposant de revenus suffisants remboursent désormais une partie des frais liés à leur accueil. Ce projet de loi s’applique aux personnes ayant obtenu le statut de réfugié au Royaume-Uni. Ils devront ainsi rembourser l’équivalent de 11.600 euros afin de participer au coût de leur hébergement et de l’allocation versée pendant la procédure d’asile. Ce prélèvement ne s’appliquera qu’aux immigrés ayant intégré le marché du travail et dont les revenus dépassent un seuil qui, pour le moment, n’a pas encore été défini. Comme l’a déclaré le gouvernement travailliste, cette mesure fait partie de l'Immigration and Asylum Bill, un projet de loi sur l’immigration et l’asile présenté au Parlement.

Un coût financier non négligeable

« Le coût de l’hébergement des demandeurs d’asile est trop élevé pour le contribuable britannique », a expliqué la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, dans un communiqué. « Les demandeurs d'asile seront désormais tenus de contribuer aux frais liés à leur prise en charge et à leur hébergement. Il est tout à fait juste que ceux qui en ont les moyens rendent la pareille à la générosité de ce pays. C'est ainsi que nous rétablissons l'équité, l'ordre et la maîtrise au sein de notre système d'asile », a-t-elle également déclaré au média Politics UK.

Selon le ministère de l’Intérieur, le coût de l’hébergement et des aides allouées aux demandeurs d’asile s'élevait à 23,25 livres par personne et par nuit dans les centres d’accueil et à 144 livres dans les hôtels. Les allocations versées, quant à elles, seraient de l’ordre de 9,95 à 49,18 livres par personne et par semaine. Soit un coût total de 4 milliards de livres, l’année dernière (environ 4,6 milliards d’euros). Le Parti travailliste au pouvoir indique avoir déjà réduit un tant soit peu ce coût, avec une réduction de près d’un milliard de livres depuis son arrivée au pouvoir, en juillet 2024. En effet, il a par exemple transféré des demandeurs d’asile logés dans des hôtels vers des hébergements sur d’anciens sites militaires. Joint par BV, le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, Nicolas Pouvreau-Monti, analyse la situation et insiste sur la « volonté d'envoyer un signal sur le plan migratoire. [...] Le gouvernement travailliste qui a été élu en 2024 sur une promesse globale de réduire l'immigration a fait du traitement de l'asile une forme de priorité. » Avant d’ajouter : « L'enjeu budgétaire et l'enjeu migratoire sont entremêlés, parce que la hausse du coût est liée à la hausse du nombre de demandeurs. Et la meilleure façon de faire baisser le coût, c'est de faire baisser le nombre de demandeurs. »

Un signal politique fort pour l’Europe

Pour arriver à ses fins, le gouvernement travailliste compte reprendre le même système que pour celui des prêts étudiants en vigueur dans le pays. De fait, les remboursements prendront la forme de déductions mensuelles directement prélevées sur les salaires. « La logique de cette mesure, c'est moins de faciliter ou de rendre plus difficile l'intégration des demandeurs d'asile que de faire baisser le nombre de demandeurs en devenant moins attractif que son voisin sur un certain nombre d'aspects juridiques et matériels de l'accueil », estime Nicolas Pouvreau-Monti. S’ajoute à cela un levier de contrainte très puissant. En effet, le fait de solder cette dette serait une condition obligatoire pour prétendre à un permis de séjour permanent ou à la naturalisation. Cette disposition permettrait ainsi un engagement plus profond des nouveaux arrivants envers la société britannique. « Le coût de l'hébergement des demandeurs d'asile est trop élevé pour le contribuable britannique », a poursuivi le ministre.

En outre, le projet de loi anticipe les éventuels départs du territoire britannique. Le texte stipule que tout individu quittant le Royaume-Uni sans avoir épongé sa dette vis-à-vis de l’État devra régler la totalité de ladite somme s’il souhaite revenir de façon légale sur le sol britannique à l’avenir.

Selon les données du Home Office publiées en mai, 94.000 personnes ont déposé une demande d’asile au Royaume-Uni, entre avril 2025 et mars 2026. C’est 12 % de moins que sur la même période l’année précédente. Une immigration qui ne cesse de chuter, outre-Manche. « Au fur et à mesure que nos voisins travaillent à devenir moins attractifs, nous le sommes de plus en plus par effet miroir », souligne Nicolas Pouvreau-Monti, à propos de la situation en France.

Vos commentaires

15 commentaires

  1. Qu’est-ce qui va se passer avec un tel système ? Des mafias vont prêter les 10 000 euros et les réfugiés devront « travailler » pour elles jusqu’au complet remboursement de leur dette. Et une fois qu’ils seront tenus par ces mafias, bien peu pourront en réchapper. Mais faisons semblant de ne rien voir …. Et nos amis Grands Bretons ne pourront rien faire car les droits d’accès auront été payés et les mafias étant implantées à l’étranger (dans les pays de départ, par exemple), la police et la justice ne pourront rien contre elles. Et rien, absolument rien, ne changera. NB : Si ce ne sont pas les réfugiés eux-mêmes qui remboursent il est tout à fait possible que ce soit les familles restées au pays qui doivent s’acquitter de la dette. Ce qui ne pourra que faire grossir le nombre des candidats à l’immigration et à l’obtention d’un statut de réfugié. Mais faisons semblant de ne rien voir et rien comprendre et donnons l’impression d’agir …. Telle est la méthode des dirigeants anglais (comme des dirigeants français, d’ailleurs : on prend ou propose des mesures en sachant pertinemment qu’elles ne résoudront rien mais on aura donné l’impression d’agir. Après, devant l’absence de résultats, il sera toujours possible de dire que pourtant « en responsabilité, on a pris des mesures » ….)

  2. « Ce prélèvement ne s’appliquera qu’aux immigrés ayant intégré le marché du travail et dont les revenus dépassent un seuil qui, pour le moment, n’a pas encore été défini ». Cela signifie donc que pratiquement personne ne remboursera ne serait-ce qu’un centime !

  3. On sait bien que ce n’est pas possible à appliquer, on pourrait envisager de mettre une taxe sur l’argent qu’ils envoient chez eux ou à l’étranger ce qui mettrait out les immigrés qui ont de l’argent à contribution quelle que soit la manière dont ils l’ont gagné. Ici quand on voit tous les avantages qui leur sont accordés c’est scandaleux et ils ne se cachent pas pour dire qu’ils profitent du système.

  4. Tout cela ne sera jamais appliqué, le seul effet concret sera de pousser les travailleurs migrant à travailler dans l’économie souterraine pour ne pas se faire ponctionner sur leurs salaires… La seule solution est de les empêcher d’entrer et de s’installer !

  5. Avec les bourges, comme les aristos d’ailleurs; tout se résume à une histoire de pognon. Ils oublient que quand leurs « réfugiés » s’installent, ils veulent aussi installer leurs lois.
    Un conseil pour les « natifs » : s’ils veulent « reconquérir » leurs pays, il leur faudra d’abord éjecter leurs bourgeois.

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