Editoriaux - People - Polémiques - Politique - 28 février 2020

Le flop du sketch d’Alévêque au meeting d’Anne Hidalgo

n’est pas seulement la fine gestionnaire de la ville de Paris, que les capitales du monde entier ne nous envient pas. En campagne pour sa propre réélection, elle sait aussi transformer un meeting censé vanter ses propres mérites en Bérézina intégrale.

La candidate ne pouvant arriver sur scène sans un préchauffage du public, l’idée fumante fut d’inviter le « paraît-il » comique pour assurer cette dure besogne. On allait bien rigoler. Une de ces ambiances !

Conformément au savoir-pas-faire de l’équipe en place à la mairie, après quelques blagues pitoyables, le but inverse était atteint. Thermomètre sur moins douze, public consterné : le métier de glaceur de salle venait d’être inventé.

Outre tétaniser les plus fervents, l’onde de choc vient frapper le monde politique de plein fouet. Les désapprobations fusent, les critiques pleuvent, Anne Hidalgo n’a pas fait les choses à moitié. La déconfiture est totale. Sur scène, Audrey Pulvar tente un sauvetage de dernière minute… Peut-être quelques pas de danse ? Trop tard. Le Titanic Hidalgo a touché le fond.

Pour parvenir à ce tour de force, l’amuseur n’a pas lésiné sur la lourdeur de ses moqueries à l’égard des candidatures concurrentes : « Agnès Buzyn la buse… C’est gentil, hein, j’aurais pu faire pire. » Non. C’est impossible. Allez, une autre, juste pour le plaisir : « Le problème des écolos, c’est quand à chaque fois qu’ils font péter un score à une élection […] ils se sentent plus pisser et, à la fin, ils se pissent dessus. » Quel talent ! Le vrai chic parisien. Descendre les écolos à l’aide d’une réflexion bas de gamme dans une réunion électorale d’Anne Hidalgo… Il fallait y penser. Comique et stratège !

Le fantaisiste peut, d’un instant à l’autre, ironiser sur l’invasion des trottinettes, les Vélib’, les bouchons dans Paris, les chantiers incessants… À cause de ce satané maire ! Ah ah ah… Audrey Pulvar a chaud. « Vous ne voulez vraiment pas que je danse ? »

Plutôt que reconnaître le misérabilisme de son humour, le sabordeur de meeting se drape dans une posture de libre penseur : « Anne Hidalgo ne s’est servie de rien, personne ne savait ce que j’allais dire ce soir et personne ne me dira jamais ce que j’ai à dire ou pas. » Le Che Guevara du rire est né. La révolution par la blague bidon.

Dans un registre tout aussi raffiné, une certaine « Marie s’infiltre » s’était imposée dans un meeting de Cédric Villani pour déclamer un poème dans lequel il était question des « gros lolos » d’Anne Hidalgo. Le matheux était resté sans voix. Prémonition électorale ou consternation momentanée ?

À quel rigolo Agnès Buzyn va-t-elle faire appel ? Le barre est haute. Raffarin en salopette à rayures ? Édouard Philippe avec un nez rouge et une perruque orange ? Castaner dans son état normal ? La riposte des macroniens sera terrible.

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