Défenseur des droits : François-Noël Buffet jugé illégitime… parce que « réactionnaire »
Pour une partie de la gauche politique, syndicale et médiatique, la réponse semble désormais aller de soi. Depuis que l'Élysée a proposé le sénateur LR François-Noël Buffet pour succéder à Claire Hédon comme Défenseur des droits, les qualificatifs pleuvent : « réactionnaire », « anti-LGBT », « anti-IVG », « anti-immigration ». Avant même son audition devant le Parlement, le procès est instruit. Son tort ? Être un homme de droite.
Le paradoxe est saisissant. Une autorité administrative indépendante, chargée de défendre les droits de tous les citoyens, ne pourrait donc être présidée que par une personnalité partageant les combats sociétaux de la gauche. C'est bien cette idée qui transparaît derrière la levée de boucliers suscitée par le choix d'Emmanuel Macron.
Des convictions transformées en acte d'accusation
Les critiques portent moins sur les compétences de François-Noël Buffet que sur ses convictions. Sénateur depuis plus de vingt ans, ancien président de la commission des lois puis ministre, son parcours institutionnel est rarement contesté. Ce sont ses votes passés qui lui valent aujourd'hui un procès en illégitimité.
🇫🇷 Une soixantaine d'associations et syndicats ont dénoncé, jeudi, la proposition d'Emmanuel Macron de nommer le sénateur LR François-Noël Buffet comme Défenseur des droits, considérant ce choix comme "incompatible avec les valeurs de l'institution". pic.twitter.com/8XW7YrMhhP
— Agence France-Presse (@afpfr) July 9, 2026
L'Humanité le présente ainsi comme un responsable « anti-LGBT, anti-IVG, anti-immigration ». Mediapart le qualifie, de son côté, de « réactionnaire », estimant que sa nomination constituerait un mauvais signal. La présidente de la Ligue des droits de l'homme, Nathalie Tehio, va jusqu'à affirmer, dans Le Monde, que cette désignation « affaiblit considérablement notre État de droit ». Le débat ne porte donc plus sur la capacité d'un juriste à appliquer le droit avec impartialité, mais sur la conformité de ses opinions avec celles du camp progressiste.
Le précédent Jacques Toubon
Pourtant, l'Histoire récente invite à davantage de prudence. En 2014, la nomination de Jacques Toubon avait, elle aussi, suscité des réserves. Ancien ministre de Jacques Chirac et figure du RPR, il était présenté par certains comme trop marqué, politiquement, pour exercer une fonction indépendante. Au fil de son mandat, ses prises de position sur les contrôles d'identité, les violences policières ou les conditions de détention lui ont pourtant valu les éloges d'une grande partie de la gauche et du monde associatif. Autrement dit, un homme de droite a fini par être jugé sur ses décisions plutôt que sur son étiquette politique. En ira-t-il de même avec François-Noël Buffet ?
Cette polémique dépasse finalement le seul cas Buffet. Elle révèle une conception singulière de l'indépendance des institutions. Lorsque Claire Hédon, issue d'ATD Quart Monde, est nommée en 2020, son engagement associatif n'est pas considéré comme un obstacle à son impartialité. Ses prises de position sur les violences policières, les étrangers ou les libertés publiques n'entament pas davantage sa légitimité. Pourquoi ce qui est perçu comme un engagement respectable à gauche deviendrait-il une disqualification lorsqu'il s'agit d'une personnalité conservatrice ?
La question mérite d'être posée. Dans une démocratie pluraliste, l'indépendance d'une autorité se mesure-t-elle aux convictions personnelles de son titulaire ou à sa capacité à exercer sa mission dans le respect du droit ? À entendre les réactions suscitées par la nomination de François-Noël Buffet à gauche, certains semblent considérer que seules les personnalités partageant les combats progressistes seraient naturellement aptes à défendre les droits de tous. C'est peut-être là le véritable débat.
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27 commentaires
Buffet…un LR. Ce n’est pas la même chose que la macronie ? Pas de problème avec ce monsieur… pour la macronie et les socialos. Il est de leur camp.
N’oubliez jamais c’est toujours la gauche qui déclare les guerres et c’est encore la gauche qui a un score par millions de morts partout sur la planète.
PFFFFFFFFFFFFF. Bon, maintenant, yen a marre !!! On raye tous ceux qui ont plombé notre France et plus de chichis : radicalité et reconstruction à tous les niveaux !!!!!!!!!!!!!!
Chaque institution (arcom, conseil constitutionnel, conseil d’état..) devraient avoir des représentants proportionnellement aux aspirations politique du peuple. Comment la gauche qui fait aussi peu de votant peut elle avoir la main mise sur des institutions aussi stratégiques? C’est réellement une dictature centro-islamo-gauchiste et on n’en peut plus!
Tout à fait !
Et oui, on retombe toujours sur le même constat: la gauche s’époumone dès qu’elle aperçoit une figure de droite, sans essayer de comprendre davantage qu’une personnalité politique, même avec des convictions d’un parti dit « de droite », peut aborder ces questions de médiation sans à priori.
Quant à la légitimité d’une telle instance, ça peut poser le problème de ces institutions et agences en surnombre dans notre pays: en effet, cette organisation avec cet homme, nommé par le président, comporte aussi:
4 adjoints
1 délégué général à la médiation
250 agents au siège de Paris
Ca parait pas mal exagéré entaille de personnel certainement bien rémunérés pour des questions qui pourraient certainement être résolues par d’autres voies existantes.
Pléthore d’institutions qui coûtent très cher à la France , c’est surtout ça que je retiens, sans oublier que la gauche est toujours en folie dès qu’une ombre dite de droite, et, pire, d’extrême droite, apparait dans le « paysage » politique !
« Autrement dit, un homme de droite a fini par être jugé sur ses décisions plutôt que sur son étiquette politique. En ira-t-il de même avec François-Noël Buffet ? »
SI je comprends bien, tout ira bien en adoptant des décisions de gauche…
Mais cela fait quarante cinq ans que c’est comme cela pour nos pseudo responsables politiques de droite !
Si mes souvenirs sont exacts l’humanité ne manquait jamais de défendre Staline à son époque.