L’AfD à une réunion sur la remigration : beaucoup de bruit pour rien ?

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L’information du jour, en Allemagne, c’est une réunion qui a eu lieu en novembre à Potsdam, au cours de laquelle des membres de l’AfD et des identitaires autrichiens ont discuté « remigration ». Le Monde ne cache pas la gravité de la chose : « Des responsables du parti d’extrême droite AfD envisagent l’expulsion en masse d’Allemands d’origine étrangère. »

Les médias français et allemands ont été beaucoup moins inquiets lorsqu’il s’est agi de relayer les propos de Sahra Wagenknecht, pourtant drastiques, sur l’immigration. Mais elle est communiste, cela impose le respect ; alors que l’AfD, c’est « l’extrême droite ».

Une information mise en scène par Correctiv

L’information a été publiée par Correctiv, « une entreprise médiatique d'intérêt public qui renforce la démocratie ». Elle pratique le fact-checking et l’investigation. Une sorte de Mediapart. L’article, « Plan secret contre l’Allemagne », est mis en scène avec un art consommé. Une vraie pièce de théâtre, divisée en actes et scènes, avec didascalies.

La scène se passe à Potsdam, le 25 novembre 2023, dans un hôtel au bord du lac. Sont rassemblées là des personnalités de l’AfD, dont Roland Hartwig et Gerrit Huy, députée au Bundestag, Martin Sellner, identitaire autrichien (« un militant d'extrême droite »), des membres de l’aile droite de la CDU et une société hétéroclite comme dans un roman d’Agatha Christie : un descendant de Bismarck, un « criminel violent déjà condamné », un dentiste à la retraite venu en famille, un praticien « alternatif et ésotériste d'extrême droite ». Il n’y manque même pas, comme dans une bonne pièce de théâtre - à défaut d’un membre du RN ou de Reconquête -, « deux employés de l’hôtel ».

Une discussion assez banale

C’est donc la remigration qui a été au centre des discussions de cette réunion secrète, avec la nécessité de retourner à l’envoyeur les « citoyens non assimilés ». Tout le monde étant d’accord sur le principe, les discussions ont tourné sur la faisabilité juridique de la chose. L’AfD est favorable à la double nationalité, parce que cela permettrait justement de remigrer un certain nombre d’Allemands de papiers.

Toute réunion connaissant un ventre mou, les participants évoquent ensuite la possibilité d’un État en Afrique du Nord où l’on renverrait tout le monde remigrer. L’idée est curieuse, vu qu’il y a déjà des États en Afrique du Nord où pourraient remigrer naturellement une partie des gens qui posent problème en Europe. Pour Correctiv, cela rappelle le plan nazi de regroupement des Juifs à Madagascar sous forme d'une « île-ghetto » (idée empruntée au ministre Front populaire Marius Moutet, qui voulait les y mettre « à l’abri »).

Puis Martin Sellner rappelle l’importance de construire un « pouvoir métapolitique et prépolitique » afin de « changer le climat de l’opinion ». Le fils du dentiste, lui, aimerait fonder une agence qui rassemblerait des influenceurs de droite sur TikTok et YouTube. On cherche le sulfureux.

Mais qui finance Correctiv ?

Avant de se séparer, on discute longuement des donateurs potentiels pour financer les projets des uns et des autres. À ce propos, de quoi vit Correctiv ? De dons de particuliers, de subventions de collectivités locales et de fondations, au nombre desquelles… la fameuse Open Society de George Soros, qui met au pot chaque année ou presque. Voilà pour l’objectivité de l’article sur la fameuse « réunion ».

Celle-ci se termine. Fin de la pièce. « Ensuite, le soir, tout est calme. L'hôtel a l'air désert. Seule perceptible, la luminosité d'une télévision, provenant de la suite junior. » Vivement que Correctiv nous régale avec une autre pièce - une réunion secrète sur le Grand Remplacement, dans un château bavarois ? Ces « révélations » qui n’en sont pas n’indiquent qu’une chose : que l’AfD monte en puissance dans l'opinion et que l’establishment s’inquiète.

Samuel Martin
Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

5 commentaires

  1. L’idéal chez eux comme chez nous, aurait été de ne pas les laisser entrer, les faire remigrer, ne va pas être une mince affaire.

  2. On ne peut pas se débarrasser des OQTF , alors comment se débarrasser des autres ? la seule solution est d’arrêter de les attirer avec des aides diverses , d’arrêter de subventionner des associations qui les aident à venir .

  3. C’est la faisabilité politique qui compte car le politique peut (et c’est même sa fonction) changer le droit

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