La majorité aux abois fait de Steve Bannon un épouvantail. Le CSA s’y met aussi !

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel est théoriquement un organisme indépendant, qui rend compte de son action aux pouvoirs publics mais n’est pas soumis à l’autorité du gouvernement. Certaines de ses décisions ne peuvent cependant qu’alimenter les doutes sur son impartialité. Comme celle de décompter le temps de parole de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, sur celui du Rassemblement national.

On aimerait croire à l’indépendance du CSA, dont le président est nommé par le président de la République et les six autres membres par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Mais c’est, malheureusement, avec les mêmes réserves qu’on croit à l’indépendance de la Justice, pourtant garantie par la Constitution. L’expérience prouve que les consciences qui devraient être les plus solides ne résistent pas toujours aux pressions politiques ni à l’attraction de la pensée unique. L’affaire du « mur des cons » a montré que le jugement de certains magistrats n’était pas insensible à leurs préjugés idéologiques.

Ainsi, le CSA considère comme une évidence que Steve Bannon est un soutien actif du Rassemblement national, malgré les dénégations de Marine Le Pen, qui répète qu’il n’a aucun rôle dans la campagne. N’a-t-il pas déclaré, à propos des élections européennes, que « de toutes les élections […], c’est de loin, ici, en France, la plus importante » ? Le CSA estime que toutes « les interventions émanant de personnes exprimant un soutien explicite à une liste de candidats » doivent être comptabilisées. Et comme Steve Bannon a expliqué qu’il souhaitait voir le RN l’emporter, il fait forcément partie de son équipe électorale. Raisonnement bien léger !

Tout se passe comme si le CSA se portait au secours des partisans de la liste Renaissance qui, en l’occurrence, porte bien mal son nom. Alors que le scrutin approche, la majorité est fébrile : tous les moyens sont bons pour tenter de discréditer la liste conduite par Jordan Bardella. La semaine dernière, plusieurs députés et sénateurs demandaient une commission d’enquête sur les liens entre Marine Le Pen et Steve Bannon. Pascal Canfin accuse la présidente du RN d’être le « cheval de Troie » de Trump et de Poutine et d’organiser « la nouvelle Internationale de l’extrême droite ». Nathalie Loiseau, ne sachant plus à quelle branche s’accrocher, tweete que « ce que veut Mme Le Pen, c’est se vassaliser devant monsieur Poutine et devant M. Trump ».

Quand on entend la tête de liste LREM expliquer que le RN a intégré « la méthode Bannon, c’est-à-dire la désinformation, le mensonge, assenés jusqu’à ce que ça passe », on se demande si l’insuccès de sa campagne ne lui a pas ôté toute lucidité : n’attribue-t-elle pas à son adversaire principal ses propres défauts ? Il est peu probable que beaucoup d’électeurs se laissent abuser par des manœuvres si grossières. Ils pourraient, bien au contraire, être incités à sanctionner encore davantage le gouvernement et les politiciens qui ont tendance à les prendre pour des imbéciles.

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