Des juges manquant de jugeote, ça s’est déjà vu. Des salauds en robe, ça devient malheureusement de plus en plus fréquent et ils n’ont rien à voir avec les travestis. Un exemple ? Ce Syndicat de la Magistrature qui se rodait depuis 2006, année durant laquelle il publia un fascicule intitulé Vos papiers ! Que faire face à la police ? Sur la couverture : un policier grimaçant à tête de porc… Même le Joey Starr des grandes années, quand il niquait tout et même maman, n’aurait pas osé.

Aujourd’hui, une fois la gauche – enfin si l’on peut encore appeler cela la gauche – revenue au pouvoir, le Syndicat vient d’en remettre une seconde couche, histoire d’achever les finitions de ce qu’il n’avait pas encore eu le temps de mettre à bas. Ainsi, dans leurs confortables locaux parisiens, bien à l’abri de la délinquance des « quartiers », existe-t-il un mur. Ce n’est pas celui de Berlin ou de Gaza ; juste celui des « cons ». Soit une sorte de défouloir, un peu comme les gamins de naguère, qui graffitaient dans les cagoinces du collège, des trucs du genre « madame Cahazuc, elle puduc… » Ce n’était certes pas très fin, mais il s’agissait de cancres alors que nous avons là affaire à des gens chargés de statuer sur l’innocence ou la culpabilité de nos concitoyens. Bref, d’hommes et de femmes détenant entre leurs mains le pouvoir de mettre tel ou tel à l’ombre pour les trente ans à venir ou, au contraire, de les renvoyer à l’air libre.

Leurs « cons », donc. Exposés à la vindicte, photos à l’appui. « Cons » de comme il se doit, comme si leurs homologues de gauche étaient une espèce en voie de disparition. Il y a là quasiment tout l’ancien sarkozyste, on s’en doute ; mais Manuel Valls aussi. Chez les journalistes, Éric Zemmour et Robert Ménard, et Alain Soral. Et Dieudonné et Jacques Attali pour les humoristes.

Bon, fatalement, ça coince un peu. Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement, trouve cela très « maladroit », la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a pour sa part évoqué une « démarche inappropriée », tandis que parle d’une « action malheureuse ».

De son côté, le Syndicat se retranche derrière l’aspect privé de la chose. Mais, « privé » pour « privé », n’étaient-elles pas non plus « privées », ces communications « privées » interceptées sur les téléphones « privés » de monsieur Cahuzac ou de madame Bettencourt, ayant fini par faire figure d’irréfutables preuves pour ces magistrats dont nous sommes aujourd’hui en droit de se demander où commence et finit, chez eux, le champ du public et du « privé ».

Tout cela est bien inquiétant, mais là où ça déborde dans l’ignoble, c’est lorsqu’on apprend que sur le « mur des cons » figure le général Philippe Schmitt, père d’Anne-Lorraine Schmitt, assassinée en 2007 dans un RER francilien par un criminel récidiviste. Depuis, le général Philippe Schmitt n’a eu de cesse de lutter contre le laxisme judiciaire au sein d’associations telles que l’Institut pour la justice. Le « con » en question pourrait bientôt porter plainte…

Pour sa défense, le Syndicat excipe du fait que le mot « con » ait pu être singulièrement galvaudé ces décennies dernières, ce qui n’est pas faux. Georges Brassens en fit d’ailleurs moult fois l’usage et a chanté les « cons » à nombre d’occasions, mais avec un poil plus de talent ; ce qui, en l’occurrence, ne participe en rien de l’exploit olympique.

À propos de notre bon vieux Georges Brassens, que nos petits juges, faux rouges et bourgeois véritables, veuillent bien se replonger dans les paroles du Gorille – chanson par ailleurs récemment reprise par Joey Starr –, dans lesquelles ils verront le sort réservé aux gens de loi, si iniques qu’ils en deviennent finalement sans foi ni loi. Mot de la fin et fin de plaidoirie.

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26 avril 2013

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