Julien Bayou, secrétaire national d’EELV et tête de liste aux élections régionales d’Île-de-France, vient encore de faire des siennes. On ne devrait jamais laisser aux enfants le loisir de jouer avec les allumettes ; surtout près du feu médiatique. La preuve en est sa dernière campagne sur Internet, le 23 avril dernier.

Là, il tire la sonnette d’alarme, prévenant que les « chasseurs », les « fachos » et les « boomers », « eux, ont prévu d’aller voter ». Pour résumer, les « boomers » en question sont les Français globalement nés entre 1945 et 1965, coupables d’avoir dépensé sans compter tout en se prévoyant de confortables retraites aux dépens des générations ; ce qui, par ailleurs n’est pas tout à fait faux.

Exemple emblématique de « boomer » ? . Et c’est là que cette harangue coince un peu, surtout auprès de cette génération de croulants ayant enfanté le même Julien Bayou.

Damien Pernet, secrétaire général de l’Union des familles laïques : « On avait compris qu’EELV ferait campagne contre la . On comprend maintenant qu’ils la font aussi contre les retraités et les ruraux. Chez eux, seule l’écriture est inclusive. » Dans la même veine, l’écologiste Myriam Cau : « C’est très maladroit, Julien. Je suis boomer [ou boomeuse, si ce n’est boumère, NDLR], mais quand même, et mes parents le sont. Tu stigmatises ainsi l’électorat écolo qui se déplace pour aller voter en l’assimilant, suprême insulte, aux chasseurs. » Pauvres chasseurs qui, eux, ne demandaient rien à personne…

Devant la levée de boucliers, Julien Bayou envoie alors un nouveau tweet, très légèrement modifié : « Pour défendre leurs intérêts, les chasseurs, les boomers et tous les autres iront voter en juin prochain. Et pour défendre le climat, est-ce que vous, vous pourrez voter ? » C’est d’ailleurs là que ça coince encore. Car ce n’est pas qu’on leur interdise d’aller aux urnes, à ces pauvres choux, c’est qu’ils ne sont même pas sûrs d’avoir leur carte d’électeur. On sent les filles à la vanille et les gars au chocolat bien impliqués au niveau du combat citoyen : entre sauver la planète ou jouer à Candy Crush, le cœur balance. D’où le conseil de notre rebelle en herbe : « Pour pouvoir voter pour le climat, vérifiez votre inscription sur les listes électorales. » Si l’on avait l’esprit mal tourné, on en conclurait que ceux qui n’apporteraient pas leurs suffrages à EELV voteraient, de fait, contre le climat ; mais ce serait apporter une nuance dans le débat. Ce qui est de plus en plus risqué, par les temps qui courent.

En attendant, le gentil Juju admet que « le visuel boomers était maladroit et blessant. Nous l’avons immédiatement retiré. […] Toutes les générations ont vocation à être la génération climat. » « Génération climat » ? Est-ce à dire que l’avenir politique réservé aux nouvelles générations consistera à présenter la météo, à se féliciter de la pluie et à maudire le soleil. Ou l’inverse, qui sait…

On notera que ce n’est pas la première fois que Julien Bayou se risque à rétropédaler sur sa trottinette électrique. En novembre 2020, déjà, à l’occasion d’une manifestation contre la « loi de globale », il s’indigne à la fois contre « les violences policières » tout en condamnant « le lynchage d’un policier ». Audace qui lui vaut les récriminations de l’afro-féministe Amandine Gay, qui lui signifie que le terme de « lynchage » ne peut être utilisé que pour « des personnes noires ».

À propos d’insécurité, glissons ce possible argument de campagne à notre cher Julien, aujourd’hui manifestement à la peine : chaque année, les faits divers surviennent de plus en plus tôt, en été. Si ce n’est pas la preuve du , moi aussi, je veux bien être pendu. Quoique, pour l’instant, c’est surtout le climat intellectuel qui se dégrade.

26 avril 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 10 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

4.6 13 votes
Votre avis ?
133 Commentaire(s)
le plus populaire
le plus récent le plus ancien
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires

À lire aussi

Pass sanitaire : ça a du mal à passer, dans la majorité présidentielle !

Le pass sanitaire a du mal à passer, à l’Assemblée. D’où cette pièce de boulevard, avec le…