Il est difficile de savoir ce qu’il en est exactement, tant les gouvernements turc et français ne pratiquent pas la transparence sur cette question. Selon France Info, la Turquie aurait commencé à expulser vers leur pays d’origine des étrangers membres de l’. Onze Français seraient concernés : quatre femmes et leurs sept enfants. La France ne confirme pas : « Je n’ai pas connaissance, pour le moment, d’un retour précis de terroristes de la part de la Turquie », a déclaré , ministre des Armées, sur . Réponse de jésuite, qui dit tout et son contraire.

Ce n’est pourtant pas la première fois que la Turquie renvoie en France des djihadistes et leurs familles : « La plupart du temps secrètement, l’information ne sort pas ou beaucoup plus tard », a rappelé le quai d’Orsay à l’AFP. En 2014, , alors ministre de l’Intérieur, avait négocié un accord : les autorités françaises sont d’abord averties, puis les personnes expulsées sont escortées par des policiers français sur des lignes régulières. « C’est parce que nous ne voulons pas être confrontés à des retours “sauvages” de terroristes que ce protocole a été organisé et conclu », a déclaré Florence Parly.

Mais la situation devient de plus en plus critique. La Turquie est, depuis longtemps, soupçonnée d’une attitude ambiguë à l’égard des djihadistes. Elle aurait fermé les yeux sur leur passage en , au début du conflit. Après avoir elle-même subi des attentats, elle a rejoint la coalition internationale. Jusqu’à son offensive contre les Kurdes, abandonnés par les Américains, ce qui pourrait favoriser la résurgence de l’État islamique. Sans compter qu’Erdoğan éprouve un certain plaisir à exercer un chantage et n’oublie jamais ses propres intérêts. Selon une chaîne de télévision publique turque, Ankara entend expulser quelque 2.500 djihadistes, dont une majorité vers des pays de l’Union européenne.

Le peu d’empressement du gouvernement à récupérer les combattants islamistes originaires de la France s’explique par son embarras. S’il ne néglige pas les raisons de , il sait surtout que leur retour est impopulaire dans l’opinion publique. Officiellement, la doctrine reste fondée sur le « cas par cas ». Mais il est aussi confronté au débat sur l’opportunité du rapatriement des ressortissants français : les uns estiment qu’ils doivent être jugés en France, les autres qu’ils doivent l’être en ou en Syrie, même si les garanties judiciaires y sont moins favorables.

Une fois de plus, nos dirigeants se dérobent à leurs responsabilités, ils cherchent à passer entre les gouttes. En vain ! Ils n’éviteront pas d’être mouillés. S’ils ne peuvent protéger les Français, qu’ils démissionnent !

12 novembre 2019

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