De la création de « zones sans contrôles d’identité » proposée par Claire Hédon, le Défenseur des droits, à l’invitation par d’ au « Beauvau de la sécurité », il est permis de se demander où va s’arrêter cette campagne de provocations tous azimuts à l’égard des forces de l’ordre.

Il est vrai que c’est le chef de l’État lui-même qui a ouvert le bal, avec ses propos diffamatoires à l’égard des policiers et des gendarmes – une première sous la Ve République -, dénonçant, sur le média en ligne Brut, début décembre 2020, le supposé racisme régnant au sein de ces deux institutions.

Dans un cas comme dans l’autre, les réactions des policiers, en particulier de leurs représentants syndicaux, ne se sont pas fait attendre. Et tout, ou à peu près, a été dit sur la brèche que l’idée défendue par Mme Hédon ouvrirait dans notre système sécuritaire. Bien plus : la mise en œuvre d’une telle mesure officialiserait l’existence de zones de non-droit, zones déjà largement répandues dans notre pays, et ne ferait que donner aux caïds de tous poils des droits de « haute justice » sur une grande partie de notre population.

Passée l’analyse de surface d’une telle proposition, et non sans s’être demandé comment une autorité de la République ait pu la formuler, il devient clair que cette démarche s’inscrit bel et bien dans une œuvre déstabilisatrice de nos institutions. Et le plus surprenant n’est-il pas que cette déclaration intervienne au moment même où nos forces de l’ordre, accusées des pires maux depuis plusieurs mois, sont mises sur le gril, place Beauvau ?

En se positionnant officiellement comme il l’a fait sur les et le racisme qui serait dans l’ADN de la police, le président de la République a ouvert une véritable chasse aux sorcières. En accusant sans la moindre preuve toute une corporation, à qui il doit pourtant de s’être maintenu au pouvoir en 2019, il a permis à tout ce que notre pays compte d’idéologues, d’extrémistes et de sectaires de lancer l’hallali sur des femmes et des hommes qui, désormais, sont désemparés.

Dès lors, est-il utile d’aller chercher plus loin ce manque de motivations qui anime maintenant de nombreux policiers et de nombreux gendarmes ? Faut-il voir ailleurs pourquoi il y a cette crise des recrutements parmi nos forces de l’ordre ? Comment, enfin, ne pas faire le lien avec le nombre (trop) important de suicides qui touche ces deux grandes maisons ?

Tout est fait pour que le fossé entre les Français et leur police se creuse chaque jour davantage. Et le pire, c’est que les fossoyeurs sont ceux-là mêmes qui devraient, normalement, servir de remparts aux femmes et aux hommes qui ont fait le choix, parfois au péril de leur vie, de nous protéger.

Bien sûr, il serait naïf de prétendre que tout a toujours bien fonctionné dans nos services de sécurité intérieure. Il serait, également, complètement déplacé de prétendre qu’il n’y a, parmi leurs membres, aucune « brebis galeuse ». Mais pour les fautes (sanctionnées, la plupart du temps) de quelques-uns, doit-on tous les clouer au pilori ? Doit-on tout détruire et mettre à bas des structures qui ont fait leurs preuves, quitte à sacrifier le peu qu’il reste de notre sécurité ? La réponse à cette question devient positive dès lors que c’est un prétexte que l’on recherche pour imposer ses choix. Le choix, tout d’abord, d’oublier les victimes au profit des criminels. Le choix, ensuite, de laisser s’installer un climat de peur, voire de terreur, pour mieux tenir ceux que l’on gouvernent. Le choix, enfin, d’un autre monde, celui qui permettra aux plus riches de se protéger et de vivre aux dépens de ceux qui ne sont pas « bien nés » ou qui « ne sont rien ». Voilà qui nous est promis par l’élite qui nous gouverne aujourd’hui. Alors, le temps n’est-il pas venu de se réveiller ? L’occasion en sera donnée dès cette année et l’année prochaine. Après, il sera trop tard !

14 février 2021

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