L’éditeur Pierre-Guillaume de Roux vient de mourir. Réaction, au micro de Boulevard Voltaire, de François Bousquet.

 

Nous avons appris le décès de Pierre Guillaume de Roux, l’éditeur très connu des Éditions du même nom. C’est un peu un des derniers hussards qui s’en va…

On peut dire cela, d’autant qu’il a travaillé à la Table Ronde même si c’est la génération suivante. J’espère qu’il y aura d’autres hussards. Il a été plus que tout autre. C’était le fils de son père. C’était un aventurier fantastique. Son père est mort à 40 ans lorsque Pierre Guillaume avait 14 ans. Il a été frappé par la mort de son père puisque pour lui son demi-dieu était mort. Il s’est promis d’être aussi grand que lui. Il l’a été avec classe en fondant ses éditions Pierre Guillaume de Roux. Il a créé ses éditions et il a été confronté à l’affaire dite Richard Millet. Lorsque Richard Millet a publié Langue Fantôme cela a été un déchaînement de protestations dans le monde littéraire. Sa grandeur c’est qu’il a tenu et qu’il a défendu son auteur jusqu’au bout. Il est devenu le grand éditeur de la dissidence.

Sa vertu principale est le courage.

Oui, je pense. Il avait une exigence littéraire. Il voulait maintenir la littérature française telle qu’elle a été au 20e siècle et telle qu’elle a été portée par la connexion blanche. Il connaissait tout le monde. Il avait travaillé à la Table Ronde, chez Gallimard, au Rocher. Il renonce à son carnet d’adresse, à toutes les portes qui lui étaient ouvertes en tant que Pierre-Guillaume de Roux. Il s’est solidarisé de son auteur, Richard Millet. Millet a été lâché par Gallimard et non par Pierre-Guillaume de Roux. Évidement, chemin faisant, il a tout perdu et inversement, il a tout gagné.

Il était devenu le refuge de ceux qui voulaient continuer à produire de la bonne littérature sans passer par le politiquement correct…

Si vous regardez tous les gens que vous interviewez à Boulevard Voltaire, vous verrez qu’ un paquet a été édité par Pierre Guillaume de Roux. Ces auteurs sont dissidents, ils sont en dehors des médias centraux et en dehors des maisons principales, ils portent une parole de talent, une parole courageuse.

Lorsque vous avez monté les Éditions de la Nouvelle Librairie, vous êtes vous inspirez du travail de Pierre-Guillaume de Roux ?

Oui, encore que nous c’est davantage politique que littéraire même si nous faisons de la littérature. Chez Pierre Guillaume, la littérature était vraiment la primauté. Tout lui été subordonné. Il était porté par une vision de la beauté, mais pour autant, il nous a aidés. On n’aurait pas pu faire la Nouvelle Librairie sans l’aide de deux à trois éditeurs dont Pierre-Guillaume.
Nous avons présenté un large florilège de ses livres. Il y a une méthode infaillible pour voir la qualité d’un catalogue. C’est lorsque le libraire pointe les titres. Lorsque j’ai pointé des titres il y a deux à trois ans, je me suis dis que je le savais. En dix ans, tout cela va rester toujours porté par cette exigence. Des bouquins ont une durée de vie qui excèdent trois mois. C’est inhabituel dans l’édition d’aujourd’hui. Je me dis quel travail en dix ans !

Finalement, Pierre-Guillaume de Roux était complètement inconnu du grand public. C’est incroyable lorsqu’on voit tous les auteurs qu’il a su faire prospérer.

On peut dire que c’est le problème des fils de. C’est le fils d’une famille d’une longue dynastie. Comment se faire un prénom dans une famille qui a un nom aussi célèbre ?

Il y a évidemment la figure du père, centrale. C’est très difficile de se faire un prénom. Sa maison est associée à son nom. Elle portait son patronyme avec courage et avec faste. Il a même eu droit à un long papier dans Le Monde au même titre que Pierre Sautarel ou Philippe de Villiers, comme à des grands acteurs de l’extrême droite selon Le Monde, pour nous de la dissidence.

14 février 2021

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