Audio - Editoriaux - Entretiens - Santé - Sciences - Société - 26 septembre 2017

“Ces évolutions scientifiques doivent inciter la médecine à un peu plus d’humilité”

Interrogé au micro de Boulevard Voltaire, Jérôme Triomphe, l’avocat de Vincent Lambert, réagit à cette nouvelle découverte scientifique : à Lyon, une équipe de chercheurs est parvenue à redonner à un patient plongé dans un état végétatif depuis quinze ans des signes de conscience grâce à la stimulation d’un nerf.

L’occasion, pour l’avocat, de rappeler que cette excellente nouvelle ne doit pas cacher le problème fondamental du devenir de ces patients en état “cérébro-lésé”.

C’est évidemment une excellente nouvelle. Elle ne doit néanmoins pas cacher le problème de fond.
Quoi qu’il en soit des évolutions scientifiques dans ce domaine, ce n’est pas parce qu’il y a des absences de progression scientifique ou personnelle qu’il faut éliminer les 1700 patients en état cérébro-lésé comme Vincent Lambert.
Voilà pour la question fondamentale.

Je me réjouis évidemment de ces innovations scientifiques qui permettent des évolutions chez ces patients.
J’ai bien noté les réactions des spécialistes en la matière.
Je rappelle que cette innovation a consisté à stimuler le nerf vague du patient pour faire progresser la personne, et lui faire retrouver non pas une conscience, mais un certain niveau de conscience.
Le cerveau peut être stimulé et se régénérer. On sait, depuis un certain temps déjà, que les connexions se refont.
Le problème est que puisqu’on ne sait pas s’occuper de ces patients, on considère que l’on ne peut rien faire, que tout est terminé et qu’il faut arrêter de les alimenter. C’est ce qui s’est passé pour Vincent Lambert.

Ces évolutions nous confirment le contraire.
Ce n’est pas la première fois d’ailleurs qu’il y a des évolutions favorables.
Je rappelle qu’il y a déjà 41 % d’erreur lorsque l’on diagnostique un patient végétatif, c’est-à-dire en état d’éveil sans réponse.
Il faut donc que la médecine retrouve un peu d’humilité, en particulier face au cerveau sur lequel on ne sait pas grand-chose finalement.

Il faut peut-être préciser que cette avancée ne soigne pas les patients, mais leur donne plus de capacité à communiquer…

Absolument.
Cela permet de communiquer mieux avec eux, mais cette information scientifique va plus loin que cela.
À l’évidence, la stimulation du nerf vague tous les jours pendant un mois permet de faire évoluer favorablement le patient.
Le cerveau étant stimulé, des connexions se refont et les patients progressent.
On ne sait pas si dans cinq ou dix ans, on ne pourra pas faire marcher à nouveau des personnes paraplégiques ou tétraplégiques.
Ce sont les progrès de la science.

On a aujourd’hui une certaine médecine qui, par orgueil et toute-puissance médicale, constatant son impuissance à faire progresser un patient, prétend que nous sommes dans une situation d’obstination déraisonnable et qu’il faut arrêter de le nourrir et de l’hydrate pour provoquer sa mort, de la pire des manières d’ailleurs.
C’est une invitation pour la médecine de retrouver son caractère fondamental de prendre soin de la personne quand on ne peut pas la guérir.
C’est la distinction entre le to care et le to cure en anglais.
Et bien quand on ne peut pas guérir, on doit toujours soigner, et en l’occurrence ici de prendre soin de ces patients.

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