En cette fête de Pentecôte, l’épisode biblique de la tour de Babel que l’homme prétendait élever jusqu’au Ciel nous rappelle que l’orgueil est vain et n’aboutit qu’à la confusion ; comme celle qui règne de nos jours en France, en état de perdition existentielle.

La nation millénaire française avait pour colonne vertébrale le christianisme, à la fois culte et culture ; car les deux vont de pair. Un ensemble horizontal d’idéologies mondiales, unies vers celle du progrès par la science, s’est substitué à une religion verticale universelle qui se vit à travers les traditions locales. Pour s’immiscer dans une société française désassemblée, atteinte de babélisme.

C’est le résultat d’un profond égarement, accéléré depuis les « années Mitterrand » qui ont travesti la notion de progrès en simple changement. Il a été achevé par une équipe disparate et discordante arrivée au pouvoir par défaut et opportunisme en 2017, sans projet positif faute de vision, sans programme constructif faute de compétence, sans succès effectif faute d’autorité. Tout en rejetant la faute du chaos sur ses prédécesseurs et un peuple jugé irresponsable, déclaré ingérable, à rééduquer et à contrôler. Pour parvenir à ses fins, le progressisme égalitariste a semé la discorde entre les communautés et en leur sein, arasé la société en prétendant l’égaliser. Il a atomisé et massifié la société jusqu’à en faire « d’un tout, un tas » ; « de chaque personne, personne », indivisible, simple « individu ».

Ainsi, la confusion des décisions publiques depuis le début de la crise instrumentalisée du Covid-19, par son inefficacité contre-productive dans le domaine sanitaire, se montre, sous son vrai jour, redoutablement efficace dans le domaine du contrôle social. En témoignent les mesures légales plus qu’autoritaires en application ou en gestation qui s’appuient sur la gestion collective des peurs individuelles.

« On ne sait bientôt plus où découvrir le terrain commun entre les doctrines en conflit. C’est décourageant et effrayant, car la conséquence est l’atomisme solitaire des individus et le babélisme des intelligences. Cette dissolution de l’autorité, des traditions, des croyances, des volontés collectives, tend à ramener au chaos spirituel et favorise singulièrement le despotisme brutal de la force et du nombre. » Ces propos intemporels du philosophe écrivain suisse Henri-Frédéric Amiel – à qui on doit le mot « inconscient » – dans son Journal intime, en 1866, sont d’une actualité troublante ; à la différence que le despotisme s’exprime aujourd’hui par la loi avec le concours de la communication d’influence, avatar moderne de la propagande.

Entre-temps, d’autres totalitarismes parvenus au pouvoir sous des allures légales et démocratiques ont montré leur brutalité – fascisme, nazisme, communisme. Dans le domaine de la guerre, les stratégies psychiques se sont généralisées pour supplanter ou préparer les stratégies physiques, comme le constatait déjà, en 1969, le philosophe Jean Guitton dans La Pensée et la Guerre.

De nos jours, ces stratégies d’influence qui prétendent incarner les masses en contrôlant leur psychisme sont utilisées aussi bien par les mouvements islamistes que par les régimes de suffrage universel, en particulier progressistes et autres déviances nihilistes. Révolutionnaires avant d’être guerrières, elles visent si possible la conversion des esprits (l’adhérence forcée aux idéologies plutôt que l’adhésion spontanée) ; si besoin, la crainte (la notation sociale qu’on nous prépare) ; en dernier recours, la force légale (avec la relégation sociale et professionnelle qui en découle). Il s’agit de faire céder l’opinion publique en la démoralisant par la subversion.

Si « l’art de faire la guerre est une technique qui […] vise à préserver une nation de cet échec radical que serait la perte de son indépendance », que penser des politiques mondialistes et européanistes qui s’opposent et se substituent à la souveraineté du peuple français ? C’est uniquement sur ce champ de bataille de la déconstruction nationale et de la soumission volontaire au dieu progrès que le Président Macron mérite le titre de « chef de guerre » auquel il semble tant tenir pour se tailler une étoffe sur mesure.

Il revient à chacun d’entre nous de voir comment y résister ; mieux : s’y opposer. Car c’est possible et les moyens ne manquent pas.

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